Prospective

Dossier « Écologie et société : nos communs » de la Tribune Fonda

Tribune Fonda N°250 - Écologie et société : nos communs - Juin 2021
La Fonda
Et Anna Maheu, Bastien Engelbach
Les questions environnementales se sont imposées, avec un sentiment d’urgence croissant. Dans le même temps, la nécessité de les associer aux enjeux sociaux s’est affirmé, tant sur le plan institutionnel, avec l’adoption de l’Agenda 2030, que sur le plan des mobilisations citoyennes. L’écologie elle est plus que jamais l’affaire de toutes et tous. Ce 250ème numéro interroge donc l'écologie et la société comme des communs en mirroir : le défi d’une société écologique soulève des interrogations relatives à notre capacité à mettre en commun des connaissances, des ressources et des moyens d’action pour aborder cette question dans toute sa complexité, et sans concessions.
Dossier « Écologie et société : nos communs » de la Tribune Fonda
Tribune Fonda 250

Introduction du dossier

Les questions environnementales se sont imposées, avec un sentiment d’urgence croissant. Dans le même temps, la nécessité de les associer aux enjeux sociaux s’est affirmée, tant sur le plan institutionnel, avec l’adoption de l’Agenda 2030, que sur le plan des mobilisations citoyennes.

L’écologie est plus que jamais l’affaire de toutes et tous.

Le défi d’une société écologique interroge notre capacité à mettre en commun des connaissances, des ressources et des moyens d’action pour aborder cette question dans toute sa complexité, et sans concession. Les associations, partout où elles agissent, ont un rôle clef à jouer que le présent dossier s’efforce d’éclairer.

Sommaire

Formation, Recherche et Environnement dans la  Tshopo (FORETS) à Kisangani, République  démocratique du Congo, en 2018 © Axel Fassio/CIFOR
Formation, Recherche et Environnement dans la  Tshopo (FORETS) à Kisangani, République  démocratique du Congo, en 2018 © Axel Fassio/CIFOR

Condensé

« Permettre un développement inclusif et transformer les vies » par Fatima Denton

Les terres africaines sont de plus en plus soumises à des dégradations et épuisements à grande échelle. Les effets du dérèglement climatique exacerbent déjà les problèmes d’insécurité alimentaire de la région, la seule à disposer d’un comité des chefs d’État sur le changement climatique. L’Afrique peine pourtant à parvenir à une position commune sur les questions environnementales. 

A lire pour aller plus loin : Consortium pour l’infrastructure pour l’Afrique, Atlas des ressources énergétiques de l’Afrique, 2017.

[Initiative] Sentinelles de la nature

[Initiative] Réseau étudiant pour une société écologique et solidaire (RESES)

Science participative, l’union fait la connaissance par Louise Vaisman et Bastien Engelbach

Les dispositifs de science participative sont précieux pour rassembler de l’information, mais également pour sensibiliser  la société civile aux enjeux environnementaux. Sur des sujets aussi variés que la biodiversité, les études astronomiques ou géologiques, les suivis de radioactivité et la santé publique, ces dispositifs s’adressent à un public profane ou expert. Ces démarches de sciences participatives ont une dimension pédagogique forte. En aidant les citoyens à mieux comprendre le monde qui les entoure, il peut s’agir d’un premier pas vers un engagement plus fort.

Quand associations et entreprises coopèrent pour l’environnement par Hannah Olivetti

Aux relations marquées par l’affrontement, des entreprises et des associations préfèrent la coopération quant aux questions environnementales. Ces coopérations sont protéiformes pour des raisons stratégiques : la création d’instances communes, mais aussi le mécénat d’entreprise. Certaines associations n’hésitent pas à proposer directement leurs expertises aux entreprises afin de diversifier et de pérenniser leurs ressources, au risque d’une instrumentalisation.

A lire pour aller plus loin :  Charlotte Debray, « 1 + 1 = 3 », Tribune Fonda n°217 « Association et entreprise : quelles alliances pour transformer le monde ? », mars 2013.

Jacques Poirot, « Les associations entre les entreprises et ONG : la création d’un espace de coopération contribuant à assurer efficacité et pérennité aux actions socialement responsables des entreprises », RIMEC, janvier 2017.

[Initiative] La Chaire HOPE 

[Initiative] La Collect‧tech

État des lieux de la finance verte aujourd'hui en France par Frédéric Tiberghien

Depuis sa création aux États-Unis dans les années 2000, la finance verte se développe jusqu’à atteindre 200 milliards d’euros en 2020. Cette classe d’actifs finançant la transition énergétique et par extension écologique est relayée par la Banque européenne d’investissement ou la Banque mondiale. L’élaboration d’une « taxonomie » verte n’est pourtant pas sans difficulté. Grâce à l’ancienneté du reporting imposé, à un écosystème foisonnant et à son rôle dans l’accord de Paris, la place financière de Paris est la deuxième du monde dans ce domaine. Déjà présents dans ce mouvement, les acteurs de l’ESS peuvent aider à convaincre les citoyens de se saisir de leur épargne comme levier de changement.

A lire pour aller plus loin :  « Finance solidaire et innovante 2017 », Socialter Hors-série n° 2, novembre 2017.

Les Fondations s'allient pour le Climat par Marie-Stéphane Maradeix

À peine 5 % des fonds de la philanthropie sont fléchés sur des sujets liés à l’environnement.  La coalition française des fondations pour le climat est un engagement collectif de 82 organisations à prendre en compte les enjeux du dérèglement climatique dans leurs opérations, leurs programmes, leurs investissements, et leurs reportings. L’initiative s’intègre dans une dynamique européenne.

Rendre l'inaction climatique illégale : l'Affaire du Siècle par Charlotte Debray

Pour faire advenir justice climatique et justice sociale, l’association de juristes Notre Affaire à Tous pratique un « droit prospectif ». Avec Oxfam, la Fondation pour la nature et l’homme et Greenpeace, ils lancent en 2018 l’Affaire du Siècle, une mobilisation citoyenne autant qu’une procédure judiciaire unique. En février 2021, le tribunal administratif de Paris a reconnu l’existence d’un préjudice écologique lié au changement climatique. Il a condamné l’État français à verser la somme d’un euro symbolique demandée par chaque association pour le préjudice moral.

A lire pour aller plus loin :  Priscillia Ludosky et Marie Toussaint, Pour en finir avec les violences environnementales, Florent Massot éditions, 2020.

[Initiative] Toulouse en transition

Des luttes sociales autant qu'écologiques par Anna Maheu

Les questions écologiques et sociales sont intimement liées ; nous sommes face à une crise socio-environnementale complexe. L’écologie est une nécessité pour tous, mais surtout pour les plus démunis : ils sont plus exposés aux polluants qui détruisent l’environnement comme la santé, comme le chlordécone en Guadeloupe et en Martinique. De 1935 à nos jours, des collectifs se créent sur des sujets tant écologiques que sociaux : empêcher l’expropriation de terres agricoles dans le Larzac ou à Notre-Dame-des-Landes, proposer des alternatives biologiques et végétariennes, ou encore développer des jardins ouvriers à Aubervilliers ou à Dijon.

À lire pour aller plus loin :  Fabrice Flipo, « Vers de nouvelles écologies populaires ? », Revue écologie et politique, Le Bord de l’eau, avril 2021.

Un nouveau modèle d'alimentation durable : le défi Carma par Robert Spizzichino

Antithèse du gigantesque complexe commerces-loisirs EuropaCity, l’association Carma porte un projet de développement territorial pour le Triangle de Gonesse, axé sur l’agroécologie. Ces 680 hectares deviendraient alors l’un des maillons de la résilience alimentaire de l’Île-de-France. La « sphère Carma », qui rassemble des chercheurs, des agriculteurs, des structures associatives et des réseaux de l’ESS, ne limite pas son ambition au Triangle de Gonesse : elle espère impulser une démarche territoriale exemplaire dans l’ensemble du Pays de France.

Plus radicaux les écolos ? par Anna Maheu

Alors que l’écologie devient consensuelle, certains militants assument de plus en plus une position radicale. Ils recherchent la racine de la catastrophe écologique et des crises qui la recoupent. Ils privilégient également des modes d’action renforcés, comme l’occupation ou le sabotage. Cette rupture avec le système idéologique dominant se cristallise dans le refus d’une prétendue transition écologique. Cette méfiance envers les entreprises et les gouvernements est issue d’une désillusion collective, par-delà les classes d’âges.

À écouter pour aller plus loin :  Delphine Batho, Christophe Bonneuil et Lucas d’Extinction Rébellion, « Écologie : l’heure de la radicalité ? », Les Débats de la REcyclerie, novembre 2019. 

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