Engagement

Vers une société de l’engagement ? Futurs possibles à horizon 2040

La Fonda
Valeur cardinale pour les Français, l’engagement ne se limite plus au bénévolat. Il est revendiqué dans les publicités d’entreprises engagées, affiché dans les offres d’emploi, voire un marqueur identitaire. N’y a-t-il là qu’un effet de mode ou est-ce au contraire le signe d’une transformation profonde des rapports entre les individus et les collectifs ? À quoi ressemblerait une société où les engagements ne seraient régis que par nos aspirations ? Ou une société où l’on ne s’engagerait qu’avec et pour ceux qui nous ressemblent ? Ou encore, une société où l’engagement serait obligatoire et encadré par l’État ? Ou enfin, celle où la société civile prendrait le relais suite au désengagement de l’État ? Aboutissement d’une étude prospective exploratoire menée par la Fonda, cet ouvrage a croisé les regards et les expertises de plus d’une centaine de bénévoles issus d’une cinquantaine d’organisations agissant dans l’intérêt général.
Vers une société de l’engagement ? Futurs possibles à horizon 2040
« Vers une société de l’engagement ? Futurs possibles à horizon 2040 » © Anna Maheu / La Fonda

Avant-propos par Agathe Leblais

Prendre du recul pour mieux choisir 

Fin 2022, nous, membres de la Fonda, décidons de lancer un exercice de prospective sur l’avenir de la société de l’engagement. Au-delà de nourrir nos propres réflexions stratégiques, notre intention est de nourrir celles des acteurs et actrices de la vie associative, de les soutenir dans une tentative de prise de recul. 

De l’importance de la nuance 

Nous retenons alors une méthode, celle du Faire ensemble, pour vous embarquer à nos côtés dans cette réflexion. Depuis plus de deux ans, c’est ensemble que nous avons arpenté le sujet de l’engagement et ses implications, ensemble que nous y avons apporté toute la nuance nécessaire. C’est une constante au sein de la Fonda, et elle n’est pas simple à manier. Surtout dans un monde où l’opinion prend le pas sur l’information, et où la subjectivité semble remplacer les faits. 

Raisonner et résonner ensemble 

Dans ce contexte, s’autoriser la possibilité d’affiner nos observations et d’affuter le regard que nous portons sur la société dans laquelle œuvrent près de 1,37 million d’associations1  nous semble essentiel. Incontournable. La tâche est éminemment complexe. Comment avancer, collectivement, pour préserver notre démocratie et la vie associative qui la vitalise ? Comment se (re)mettre en ordre de marche, sans discréditer ce qui a été fait, et tout en transformant ce qui n’a pas fonctionné ? Nous faisons le pari qu’il est vivifiant de nous retrouver pour raisonner et pour résonner, pour ainsi nous croiser, nous rencontrer, nous regarder aussi. Dans une course contre la montre, de nombreux et de nombreuses citoyennes sont confrontés à des incompréhensions politiques. Face aux enjeux systémiques qui nous obligent, du dérèglement climatique à la révolution de l’intelligence artificielle, la Fonda affirme son credo : pas de vitalité démocratique sans vitalité associative. Et pour cela, oui, il nous faut prendre le temps. 

Créer des imaginaires pour susciter l’action 

Pour penser et soigner la place du monde associatif, il nous a semblé pertinent de créer des imaginaires volontairement contrastés, de mettre en mots et en images les futurs possibles, et ainsi de dessiner pas à pas notre futur souhaitable. Créer ces imaginaires nous permet de déclencher des émotions et des prises de position qui nous guident vers ce qui compte vraiment. Et parce qu’il y a peu de meilleurs moteurs que l’humour et l’autodérision, nous nous autorisons, tout au long du chemin, à rire de nous avec douceur et bienveillance. Continuons à viser la justesse, celle qui fait vibrer nos collectifs d’acteurs et d’actrices de l’intérêt général.

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  • 1En 2020, Vivivane Tchernonog et Lionel Prouteau estiment à 1,37 million le nombre d’associations actives en France.
Étude