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Et maintenant ? Le mot du Président

Publié le Jeudi 1 janvier 2026 - 16:00
Quelles sont les perspectives de la Fonda pour 2026 ? Réponses de son président, Yannick Blanc.

Un monde associatif pris en étau 

Le monde associatif fait face à une situation profondément paradoxale. Il subit de plein fouet les conséquences de la crise des finances publiques, avec des baisses de financement brutales qui fragilisent les budgets associatifs, y compris celui de la Fonda, et vont provoquer de nombreux dépôts de bilan. Il est confronté à un climat de méfiance qui se traduit par des atteintes répétées aux libertés associatives. 

Pourtant, les deux tendances profondes qui marquent les transformations de l’action collective sont inséparables du fait associatif : 

  • l’extension du domaine de l’engagement, pour permettre la résilience de la société face aux crises ; 
  • l’appel au développement des coopérations multiacteurs dans les domaines où les formes classiques, administratives ou entrepreneuriales, de l’action collective ne parviennent pas à s’adapter à l’accroissement et à la transformation des besoins. 

L’éducation, la santé, la culture, le lien social et le domaine du vivant ne sont décidément pas des « externalités » de l’activité économique, mais des biens communs existentiels qui conditionnent l’existence même de la société. Leur production, leur préservation et leur régénération ne sont pas des prestations qu’un appel d’offres permettrait d’attribuer à tel ou tel acteur, mais dépendent de la diversité, de la créativité et de la vitalité des manifestations du faire ensemble. 

Accompagner de nouvelles formes d’action collective 

Les travaux menés ces dernières années par la Fonda sur les formes émergentes de coopération stratégique - les communautés d’action - et sur la société de l’engagement lui permettent de proposer à ses partenaires - associations, fondations et acteurs publics - d’élaborer une vision partagée de ces enjeux et de travailler aux nouvelles formes d’action collective qu’ils réclament. 

La question n’est plus d’attendre ou de revendiquer une quelconque reconnaissance du rôle des associations, mais de mettre celles-ci en situation de fertiliser et d’accélérer les réponses dont la société a besoin. 

Nous ne partons pas d’une page blanche : les cités éducatives, les projets alimentaires territoriaux, les communautés professionnelles territoriales de santé, les tiers lieux, les sociétés coopératives d’intérêt collectif, les entreprises à mission sont autant de formes d’hybridation de l’action collective cherchant à combiner politiques publiques, projets d’entreprise et initiatives citoyennes. Les associations y figurent le plus souvent, l’associativité en est le facteur commun. 

Rendre habitable le futur 

Pour mener à bien ce projet, la Fonda développera son activité de formation à la méthodologie du Faire ensemble et continuera d’explorer la diversité des démarches de coopération stratégique. Le but n’est évidemment pas de fantasmer sur une « grande stratégie » du monde associatif, mais de voir comment les stratégies sectorielles, territoriales ou au service de causes déterminées peuvent entrer en résonance pour avoir des effets à grande échelle. 

Nous poursuivrons aussi, comme nous l’avons fait sur l’engagement des proches aidants, l’analyse des formes particulières d’engagement, car la démarche prospective que nous avons animée sur la société de l’engagement nous a convaincus que si celui-ci était une valeur partagée et un facteur universel de la vitalité du lien social, c’était à condition d’en respecter toutes les singularités. 

Enfin, l’approche prospective restera le signe distinctif de notre think tank, tant parce qu’elle est une discipline intellectuelle au service de l’action que parce qu’elle est le meilleur antidote connu aux bulles cognitives, aux rigidités dogmatiques et aux postures conflictuelles. 

C’est parce qu’il est en panne de futur que le monde politique ne peut plus échapper aux gesticulations court-termistes ou aux mythologies réactionnaires. C’est donc aux acteurs de la société civile, non pas de réenchanter le futur, mais plus prosaïquement de le rendre habitable.