Innovation sociale

Faire du covoiturage une pratique quotidienne : Ecov à Nantes

Tribune Fonda N°249 - Égalité femmes-hommes : une exigence démocratique - Mars 2021
Carrefour des Innovations Sociales
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Et Ecov, Anna Maheu
À l'heure du trajet Londres-Paris réalisé en 3h24 de train, la distance semble peu importante. Nous avons l'impression de pouvoir aller n’importe où sur le globe en quelques heures. Pourtant, cette mobilité extrême apporte son lot d'inégalités, de nuisances et de pollution. Partout en France, des alternatives apparaissent comme développer le covoiturage des trajets du quotidien avec Ecov.
Faire du covoiturage une pratique quotidienne : Ecov à Nantes
Ligne de covoiturage par Ecov en 2019 © CAPI / F.Crispin

Le transport routier contribue à hauteur de 80 % à la pollution de l’air aujourd’hui en France, elle-même responsable de 48 000 morts par an1. Si se passer de voiture dans les territoires bien desservis par les transports en commun est possible, dans les grandes villes notamment, les quatre-roues restent utilisés pour 80 % à 85 % des déplacements dans les territoires périurbains et ruraux2.

Ecov a été créée en 2014 pour lutter contre la dépendance à la voiture individuelle dans les territoires périurbains et ruraux et répondre aux limites du covoiturage, souvent réservé aux longs trajets et non à ceux qui sont quotidiens entre le domicile et le lieu de travail. Le taux de remplissage moyen pour ces derniers est de 1,3 personne3, laissant toujours au moins un siège vide.

Clément Choulot

Pour cela, Ecov développe des lignes de covoiturage sur des axes fréquentés par des autosolistes. La première étape consiste en une étude des mobilités sur le territoire, dont l’analyse des flux de circulation et les comportements des usagers. Si la circulation justifie une ligne de covoiturage, des arrêts de covoiturage sont matérialisés par du mobilier urbain, exactement comme pour une ligne de bus.

En amont de chaque arrêt, des panneaux lumineux indiquent aux conducteurs la présence d’un passager en attente. Ainsi, un usager souhaitant se déplacer va pouvoir se rendre à un arrêt et renseigner sa destination, avec un simple SMS. Il ne lui reste plus ensuite qu’à attendre qu’un conducteur, qui aura vu sa demande sur le panneau ou sur son application mobile, le récupère.

Les passagers et les conducteurs partagent les frais du trajet et ce sont les collectivités locales, garantes de l’accessibilité financière du service, qui fixent le prix du service. La mise en place du service est progressive : au départ, les collectivités peuvent assurer des garanties de départ s’il n’y a pas assez de conducteurs, avant que la montée en charge permette de se passer de ce service.

Au-delà de l’amélioration de la qualité de l’air, faire de la voiture un transport collectif permet un meilleur accès à la mobilité pour tous, une baisse de la part du transport dans le budget des ménages ou encore la création de lien social.

CAPI F. Crispin

 

  • 1. ADEME, «La pollution de l’air en dix questions », septembre 2020.
  • 2. ADEME, « Étude nationale sur le covoiturage de courte distance », septembre 2015.
  • 3. idem
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