LA TRIBUNE FONDA N°213
mars 2012
Éclairages pour l'avenir des associations (4)

La Tribune Fonda n°213 revient sur la première université de prospective « Faire ensemble 2020 » organisée par la Fonda les 22 et 23 novembre 2011.

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Le monde associatif au cœur de mutations

Édito écrit par
Yannick Blanc
Vice-président de la Fonda


Fin 2010, la Fonda a proposé à un large regroupement d'acteurs de partici­per à « Faire ensemble 2020 », un exercice de prospective visant à éclairer et construire l'avenir des associations. Nourris par des contributions nom­breuses et variées, nous avons élaboré et mis en débat quatre scénarios pour l'avenir des associations à l'horizon 2020 lors de notre première université d'automne en novembre 2011. Décrivant des avenirs possi­bles mais non inéluctables, ces scénarios ont permis aux trois cents participants de travailler collectivement des options stratégiques pour « rendre faisables les souhaitables ».

L'université a permis une réelle clarification des enjeux, des risques et des oppor­tunités auxquels est confronté le monde associatif. Ce numéro de la Tribune Fonda est presque intégralement dédié à leur restitution. En synthèse, on peut résumer ainsi les enjeux : la vie associative se trouve à l'intersection de trois grandes mutations. 

Les besoins sociaux, éducatifs et culturels de la société changent dans la même mesure que changent la population, la démographie, la famille, les parcours de vie. Les individus subissent certaines de ces mutations, notamment dans le monde économique, mais ils en sont aussi les acteurs : ils modifient leurs comporte­ments, ils reconsidèrent leurs aspirations et leurs attentes. Ces transformations impactent profondément les motivations et les conditions de l'engagement. La réflexion que nous animons sur les transformations du monde associatif est donc en réalité une réflexion sur les attentes et les besoins de la société.

La démocratie n'est plus une idée neuve, mais elle reste un idéal vivant, à la fois changeant et menacé. Alors que les institutions publiques peinent à se renouve­ler, des formes et processus démocratiques germent dans le monde associatif à travers le plaidoyer, la désobéissance, le contournement des inerties institution nelles, la recherche d'alternatives. Mais toutes ces innovations n'arrivent pas à maturité et elles ne fécondent pas la totalité du monde associatif. Il faut appliquer le même questionnement au rôle des associations dans le renouvellement de la démocratie qu'au renouvellement  de la démocratie associative elle-même.

La prise du pouvoir par le capital financier sur l'ensemble de la société, révé­lée et remise en cause par la crise produit des effets de désinstitutionalisation, de destruction du lien social non seulement dans le champ du « social » au sens traditionnel, mais aussi dans l'ensemble du secteur public et dans les entreprises elles-mêmes. La restauration de ces institutions issues de l'époque du fordisme et de l'État-providence n'est plus possible. C'est dans ce contexte que la capa­cité d'innovation de l'économie sociale et solidaire est appelée à jouer un rôle de premier plan, à condition que celle-ci surmonte ses faiblesses structurelles : fragilité des modèles économiques, médiocrité des emplois, etc.

Reconnue pour la qualité du travail accompli jusqu'ici,  la Fonda est chaleu­reusement encouragée à prolonger la démarche dans trois directions :

  • éclairer et accompagner les mutations propres au secteur associatif, notam­ment par un travail sur les enjeux de gouvernance, de qualité de l'emploi, de relations inter-associatives,  et d'accompagnement  des organisations  ;
     
  • analyser les enjeux des autres acteurs de la société civile pour y favoriser l'inscription du mouvement associatif, en particulier en termes de coopération avec le monde de l'entreprise, de résonance dans le milieu universitaire, ou de prise en compte de leur action par les médias ;
     
  • aider à la reconnaissance et la participation des associations dans le champ politique : à court terme, en nourrissant et relayant les propositions du Mouve­ment associatif dans le cadre de la campagne présidentielle ; à moyen terme, en cherchant à renforcer la capacité des associations et des citoyens à participer à la définition, la mise en œuvre ou l'évaluation de politiques publiques les concernant.


Groupes de travail, appuis méthodologiques, nouveau cycle de rencontres­-débats, publications, études, expérimentations... Comme en 2011, la Fonda s'engage donc animer la suite de Faire ensemble 2020.

Soucieux de nourrir nos travaux des apports issus de la diversité associative, nous vous invitons à y prendre part.