Engagement

Figures de l'engagement associatif : trois bénévoles à la Croix-Rouge française

Tribune Fonda N°239 - Les dynamiques de l'engagement - Septembre 2018
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Monique Combes-Joret
Monique Combes-Joret
Quels sont les modèles de l’engagement bénévole ? Quels sont les ressorts du maintien de leur investissement ? Éléments de réponse, à la lumière de trois exemples de bénévoles de la Croix-Rouge française.

Entre 2009 et 2013, dans le cadre d’un contrat de recherche, la Croix-Rouge française (CRF) nous a ouvert ses portes. Nous avons interviewé plus d'une centaine de bénévoles et salariés, acteurs de terrain, au siège ou en régions.

À partir de l’analyse de leurs discours et de trois profils contrastés de bénévoles (un jeune diplômé secouriste, un élu national médecin en retraite et une ex-bénévole aide-soignante dans un service de soins infirmiers à domicile), nous mettons  ici en lumière différentes figures du bénévolat

 Après un rappel des caractéristiques de l’engagement à la Croix-Rouge, la présentation des portraits permet de comprendre comment des personnes, par leur histoire et système d’attachement, décident de s’engager. L’importance du cadre organisationnel dans le maintien de cet engagement dans le temps est à souligner.


Données clés de l'engagement à la Croix-Rouge


En décembre 2016, la Croix-Rouge française comptait 59 000 bénévoles, répartis en quatre catégories représentant autant de formes d’engagement : les bénévoles qui regroupent toutes les personnes qui donnent du temps à la CRF, les adhérent.e.s (plus de 40 000) qui décident de participer à la vie de l’association, les élu.e.s (plus de 10 000), adhérent.e.s élu.e.s aux différents conseils par les autres adhérent.e.s et les nommé.e.s (environ 5 000) désigné.e.s par un.e président.e pour être responsable d’activité.

À la Croix-Rouge française, comme dans d’autres associations caritatives, le bénévolat n’est pas l’apanage des seniors, la tranche d’âge la plus représentée à la CRF étant celle des 30-60 ans. Les femmes sont plus engagées que les hommes à la CRF (60 % de femmes et 40 % d’hommes) là aussi comme dans les autres organisations.

Des enquêtes internes ont montré la variété des motivations à l’engagement associatif :

  1. le souhait d’être utile à la société et d’agir pour les autres,
  2. l'épanouissement personnel,
  3. l’appartenance à une équipe,
  4. l’acquisition de compétences,
  5. la cause défendue (lutter contre toutes les souffrances, venir en aide aux plus démunis).


Trois figures de l'engagement à la Croix-Rouge française


Nous avons retenu trois témoignages de bénévoles, dont nous avons changé les prénoms, parmi toutes celles et ceux rencontrés au cours des trois années d’enquête terrain, pour illustrer les différents répertoires et modes d’engagement très contrastés. Le tableau 1 présente de manière synthétique les caractéristiques de chacun de ces trois bénévoles.

Pour découvrir des extraits d'entretiens avec les trois bénévoles voir l'annexe 2 à la fin de l'article.
 

  • Julien, jeune diplômé. « Avant tout secouriste bénévole »

Julien incarne une des figures emblématiques de la Croix-Rouge française : le (ou la) secouriste. Bardé de l’uniforme CRF, repérable sur toutes les scènes d’intervention que ce soit en France (postes de secours, interventions d’urgence sur des accidents) ou à l’international (catastrophes naturelles ou humanitaires) : un gilet rouge avec une grande croix rouge sur fond blanc.
 

  • Lucien, médecin et administrateur national. « Une tradition familiale… qui perdure depuis 1918 »

Lucien représente, quant à lui, une autre figure emblématique de l'association, « l’élu-médecin », à la CRF depuis plus de cinquante ans, ayant occupé diverses fonctions d’élu au niveau local, puis régional, puis national. Il incarne le mo- dèle « militant », de tradition familiale et un engagement indéfectible dans la longue durée.
 

  • « Entre hasard et nécessité » : Lucette, aide-soignante et assistante de soin gérontologique

Lucette incarne une figure moins connue de la Croix-Rouge, car elle intervient comme salariée dans une branche plus récente (la branche Santé-autonomie) et dans une structure encore plus jeune (création du service de soins infirmiers à domicile en 1980). Elle a été bénévole dans l’action sociale au sein d’une halte- répit Alzheimer, (celles-ci ayant été créées en 2009) pendant un an. Elle représente les salarié.e.s peu qualifié.e.s dans un champ d’activité où les conditions de travail se durcissent face à la diminution de la prise en charge par l’État ou les collectivités locales, mais aussi face à la concurrence d’entreprises privées à but lucratif.

Le portrait de Lucette dévoile une trajectoire personnelle plus heurtée, celle d’un engagement ouvert à des personnes en situation plus précaire. Ce portrait a été analysé par Simonet-Cusset (2010), qui évoque le versant sombre de la « carrière » du bénévole, tiraillé entre cumul d’emplois et sacrifice. L'auteure montre notamment que pour les chômeurs et les travailleurs précaires le fait de travailler (voire d’être bénévole) dans l’économie sociale et solidaire est un choix clairement contraint par la dégradation de la situation du marché du travail.

Tableau 1 combes
Tableau n°1



Trois modèles d'engagement bénévole


Les trois figures de l’engagement bénévole à la CRF que nous avons retenues illustrent trois modèles d’engagement bénévole et leur donnent corps.

Julien, jeune diplômé, secouriste, s’inscrit parfaitement dans le nouveau modèle « valoriel » décrit par Sue et Peter (2011, 2014). Il témoigne d’un engagement fondé sur une valorisation personnelle où les notions de plaisir et d’acquisition de compétences prédominent.

Lucien, jeune retraité, médecin issu d’une famille de médecins engagée à la CRF depuis 1918, bénévole élu à différentes instances locales puis nationales, correspond trait pour  trait au modèle « militant historique » analysé notamment par Ion (1997).

Enfin, Lucette, 57 ans, aide-soignante et bénévole pendant un temps, nous semble appartenir à un troisième modèle dépeint pas Simonet-Cusset, que l’on pourrait qualifier de modèle de « retrait » par analogie à l’identité professionnelle de retrait décrite par Sainsaulieu (1977) marquée par la faiblesse des liens relationnels et le manque de reconnaissance des partenaires. Le tableau 2 reprend les principaux traits des trois modèles d’engagement que nous avons rencontrés.
 

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Tableau n°2

 

Les bénévoles qui restent fidèles — à l’image de Lucien mais aussi de nombreux autres bénévoles rencontrés — sont empreints du désir d’être utiles, d’aider les autres, et « le perçoivent comme allant de soi » (Havard-Duclos et Nicourt, 2005). L’histoire familiale pour certains comme Lucien, la trajectoire professionnelle personnelle pour d’autres comme Julien, donnent sens à leur engagement.

Le maintien de cet engagement dans le temps semble aussi lié à l’existence d’une organisation, d’une équipe structurée, capables de leur fournir un cadre propice au développement de ressources identitaires, à l’intégration dans des collectifs structurants et festifs. Le témoignage de Julien révèle qu’il a trouvé, au sein de l’équipe des secouristes, ce collectif structurant et festif qui lui permet de s’y sentir bien.

L’engagement bénévole de Lucette au sein de la halte-répit Alzheimer a été de courte durée (un peu plus d’une année). Au-delà de sa charge de travail (charge physique et mentale), on peut penser que la CRF n’a pas su lui fournir un cadre aussi propice que celui des secouristes : faible visibilité de cette activité (en 2014, 23 haltes-répit disséminées sur le territoire regroupent 280 bénévoles), peu ou pas de reconnaissance par l’organisation et le grand public, absence de collectifs accueillants et structurants. Le parcours de Lucette confirme l’importance des contextes de travail bénévole et salarié en plus de la contingence des choix individuels dans le processus d’engagement.

Enfin, il ressort de ces trois idéaux-types l’importance du cadre organisationnel dans l’engagement des bénévoles et sa durée : non seulement le contenu du travail au travers des missions confiées, mais aussi l’organisation concrète du travail incluant les modes de management des équipes, les occasions d’apprentissage et de formation et la conciliation des différents temps de la vie (privée, professionnelle). Si bien, qu’à l’image des entreprises publiques ou des entreprises privées à but lucratif, les associations ont à penser leur organisation du travail, non seulement pour leurs salarié.e.s mais aussi pour leurs bénévoles, en phase avec leurs valeurs et leur projet.

 



Bibliographie

— 
Combes-Joret, M. et Lethielleux, L. « Le sens du travail à la Croix-Rouge française : entre engagement pour la cause et engagement dans le travail », RECMA, n°323, pp.64- 79, 2012.
— Combes-Joret, M. et Lethielleux, L. « La soutenabilité du modèle économique dual de la Croix-Rouge française en question », RIMHE, n°11, mars/avril, pp.52-72, 2014.
— Havard Duclos, B. et Nicourd S. « Le bénévolat n’est pas le résultat d’une volonté individuelle », Pensée plurielle, Vol 1, n°9, pp. 61-73, 2005.
— Ion, J. La fin des militants ?, Les éditions de l’Atelier, Paris, 1997.
— Peter, J.M. et Sue, R. « Les représentations de l’engagement bénévole. Entre motivations et résistances », Rapport de recherche, Université Paris Descartes, 2014.
— Simonet-Cusset, M. Le travail bénévole : engagement citoyen ou travail gratuit ?, La Dispute, Paris, 2010.
— Sainsaulieu, R. L’identité au travail, Presses de Sciences Po, Paris, 1977 (rééd. 2000).
— Sue, R. et Peter, J.M. « L’intérêt d’être bénévole », Rapport de recherche, Université Paris Descartes, 2011.

 



Annexe 1 - Cadre et méthodologie de la recherche

Cette contribution s’inscrit dans le cadre d’un contrat de recherche de trois ans (2010-2013) signé avec la Croix-Rouge française, portant sur l’évolution de la gouvernance associative. L’objectif était de décrire et de comprendre les changements  en cours et les tensions qu’ils pouvaient générer. Cette recherche a permis de mettre en avant l’évolution du sens du travail pour les salarié.e.s et les bénévoles de la Croix-Rouge française (Combes-Joret et Lethielleux,2012) ainsi que la nature de son modèle économique dual (Combes-Joret et Lethielleux, 2014). Nous pointons ici plus particulière- ment les différentes formes d’engagement au sein de cette grande organisation et analyserons les systèmes d’attachement, de valeurs, de discours et de pratiques des bénévoles.

La finalité de cette recherche résolument tournée vers la compréhension et l’intelligibilité des situations complexes (parcours d’engagement multiformes et évolutifs dans le temps) nous a conduit à privilégier des outils et démarches qualitatifs (entretiens approfondis, monographies, entretiens biographiques, enquête sociale, observations participantes et non participantes) pour le recueil et l’analyse des données.

À l’issue des trois années du contrat nous avons pu interviewer au total 104 membres de la CRF dans quatre régions différentes, sur les neuf régions que compte la CRF: des bénévoles élu.e.s et des bénévoles de terrain (sans mandat électif), des salarié.e.s dirigeant.e.s comme opérationnels des différentes cinq filières métiers (urgence et secourisme, action sociale, santé et aide à l’autonomie, formation, relations internationales).

Pour rendre compte des parcours d’engagement dans leur complexité, nous avons opté pour un procédé idéal-typique, conçu comme une reconstruction singularisante du réel. Nous avons choisi de décrire trois figures « type » de l’engagement à la CRF, représentant l’ancien et le nouveau modèle décrit par Bastide (2015) : le militant et  le bénévole, ainsi qu’une troisième figure,
incarnant les mutations observées par Hély (2008) ; Simonet-Cusset (2010) et Peter  et Sue (2014), celle d’un engagement ouvert à des personnes en situation de précarité (Lucette).

Nous pensons comme Raveau (2008 : 35) que l’idéal-type est pertinent à deux niveaux : « en tant qu’abstraction, il nous donne à voir un système de logique, un modèle intéressant en lui-même ; en tant qu’instrument de mesure, il éclaire d’un jour nouveau la réalité ».
 


Annexe 2 - Extraits des entretiens menés avec Julien, Lucien et Lucette


1/ Julien :

Julien : Bénévole c’est vraiment un choix

« Quand on vient à la Croix-Rouge, on sait qu’on va travailler en partie pour aider les gens, que ce soit les infirmières à domicile, les secouristes, le SAMU social qui  fait ses maraudes le soir. Je pense que quelque part, on se dit tous qu’on va aider d’une manière ou d’une autre les gens. Pas tous au même niveau parce que ce n’est pas pareil lorsqu’on est salarié que lorsqu’on est bénévole. Bénévole, c’est vraiment un choix. C’est parce qu’on a envie de le faire.

Quelqu’un qui est salarié à la Croix Rouge, derrière un bureau, il ne s’en rend pas forcément compte peut-être parce qu’il a postulé pour un emploi avec avant tout en tête l’idée d’avoir un emploi et pas forcément avec l’idée de se dire qu’il va travailler pour la bonne cause. Mais je pense que quand on est à la Croix rouge on est au final quand même unis par le désir que l’on va aider des gens. C’est pour ça que je suis là aussi. »

Julien : Une identité forte « secouriste » et une affaire de couple

« Avant tout je suis secouriste bénévole, comme beaucoup de personnes ici et pendant les six derniers mois, j’ai effectué un contrat de service civique pour la Direction départementale de l’urgence et du secourisme mais j’étais chargé de communication. Oui, enfin je suis d’abord entré dans la Croix Rouge en tant que secouriste pendant mes études et quand j’ai terminé mes études, j’ai démarré mon service civique ici».

« Oui. Malgré le service civique à côté, je continuais les activités en tant que secouriste sur les postes. Et depuis peu, j’ai la double délégation. Je peux donc faire des activités de secourisme et dans la Marne et dans l’Aube. Vu que ma fiancée est là-bas, j’y vais assez régulièrement. Elle est aussi secouriste à la Croix-Rouge alors plutôt que de descendre le week-end, ça nous permet de faire des postes ensemble. Si par chance demain, l’emploi à Troyes se déroule bien, je continuerais aussi avec la Croix-Rouge mais à Troyes. »

Julien : Des liens très forts entre secouristes, un collectif festif

« Entre les bénévoles, c’est un lien très fort. Après, c’est sûr qu’on ne peut pas être ami avec tout le monde non plus. Je pense que ça doit dépendre des lieux où l’on se trouve, des personnes avec lesquelles on travaille. Mais de manière générale, on peut voir des liens très forts entre secouristes. Je n’irais pas dire qu’entre salariés c’est plus faible mais ce sont des relations de travail tandis que le bénévolat, c’est que de temps en temps on se retrouve et on est content de se retrouver.

On est très professionnels mais il n’y a pas de lien administratif qui nous lie tous et qui fait que l’on doit faire attention à ne pas se tromper. J’ai pu le constater dans les autres activités de la Croix rouge. C’est sûr qu’entre secouristes il y a des liens qui se sont créés, que ce soit les formations, les postes ou les urgences. Mais j’ai vu aussi le lien très fort entre les bénévoles au niveau du SAMU social et pourtant ce n’est pas la même chose du tout. On voit qu’ils sont contents de se retrouver.

Quand on les voit ici le soir se préparer pour partir en maraudes, ils sont quand même contents. Il y a quand même une bonne ambiance qui règne à ce niveau-là. Il se traduit par la joie d’être tous ensemble quand on arrive et qu’on se prépare pour partir sur un poste. Par exemple, si c’est le stade de Reims, on arrive ici une heure avant le début du match pour préparer les camions. Même si ça parait être une corvée de devoir charger les caisses et le matériel, ça se fait toujours dans une ambiance assez joyeuse avec des blagues. On est quand même contents d’être là.

Ensuite, lorsqu’on est sur le poste en petite équipe, même si l’on ne connait pas la personne avec laquelle on travaille, si elle est nouvelle par exemple, à la fin du poste on a appris à la connaitre et puis on devient presque ami sur Facebook le soir même. C’est quand même des liens assez forts qui font qu’on est tous contents d’être là. »


2/ Lucien

Lucien : Le modèle militant historique et la tradition familiale : médecin de père en fils, à la CRF depuis plus de 50 ans

« Alors je suis rentré à la Croix Rouge, de mémoire il me semble, c’était en 1978, oui, ou euh… à l’époque c’était des comités. Donc c’est vraiment maintenant complètement révolu. Donc des comités indépendants, et j’étais au conseil d’administration à **. En euh, 1978. Et après j’ai occupé des fonctions donc, avec l’évolution du temps, j’ai été président de **, euh jusqu’en 2001, et puis euh, j’ai occupé ensuite des fonctions départementales et régionales. Voilà. Et j’ai au passage été membre de la commission nationale de surveillance pendant 4 ans. (…)

Oui, secouriste, oui. J’étais médecin déjà. Et j’ai apporté si vous voulez une connaissance de la pratique euh médicale auprès des secouristes, puisque là aussi, bon y’avait le secourisme de l’époque bien évidemment. Mais on a fait là aussi évoluer énormément le secourisme à travers la réglementation beaucoup plus stricte des procédures opératoires de services beaucoup plus conformes, euh, la mise en place notamment du défibrillateur automatique.

Mon recrutement, alors là c’est un petit peu une tradition si vous voulez locale, euh, ma famille a été très implantée, depuis, nous sommes médecins euh, dans la même localité depuis maintenant euh, depuis 1918, donc vous voyez on est quand même un peu connu et c’était pas… Moi j’avais un oncle qui donnait des cours de secourisme euh, et puis voilà. On rentrait comme ça. »

 

3/ Lucette

Lucette : Bénévole à la Halte répit Alzheimer , j’ai dû arrêter

« Je suis aide-soignante depuis novembre 2011, je suis aussi ASG : assistante de soin gérontologique, cela veut dire que je fais partie de l’équipe Alzheimer à domicile. J’ai occupé une fonction de bénévole il y a 3 ans en halte répit Alzheimer. Oui j’ai arrêté depuis. Je suis assistante de soin gérontologique, cela veut dire que j’ai suivi une formation 140 heures pour travailler auprès de personnes Alzheimer à domicile. C’est dans le cadre de mon travail, c’est rémunéré. La halte répit Alzheimer c’est uniquement des bénévoles. J’ai fait ça pendant un peu plus d’une année, j’ai dû arrêter, c’était compliqué avec mon statut de salarié, je n’avais plus vraiment de jour de repos. J’ai travaillé les weekends, c’était un investissement, ça m’a plu, ça m’a permis aussi d’affiner un peu les prises de contacts avec les personnes atteintes de maladie d’Alzheimer, mais cumuler les 2, je trouvais que c’était beaucoup. C’est un travail à temps plein. »

Lucette : Travailler à la CRF  entre hasard et nécessité

- Qu’est-ce qui vous a amené à travailler à la CRF ?
« Non, je ne sais pas. Pour moi, non ce n’était pas le symbole Croix-Rouge, c’était avant tout de travailler auprès de personnes âgées dépendantes qui ont des besoins. Ce n’était pas forcément Croix-Rouge car avant j’ai travaillé dans d’autres centres de soin. Ce n’est pas forcément ce symbole là mais par contre, moi je ressens auprès de mes collègues un investissement social, on sent que ce sont des gens qui sont démunis, qui sont seuls. »

Lucette : Travailler avec des personnes attentes de la maladie d’Alzheimer : un vrai projet

-Vous y êtes resté depuis 1992, donc 21 ans. Qu’est-ce qui fait que vous y êtes resté à la Croix-Rouge ?
« J’ai essayé de changer de voie professionnelle en passant un diplôme d’animatrice pour travailler auprès des personnes âgées. Je n’ai pas trouvé de travail dans cette branche là donc je suis restée. Et ensuite, le projet ça été justement de travailler avec des personnes atteintes de maladie d’Alzheimer, c’est un projet qui me tient à cœur depuis très très longtemps et qui s’est concrétisé là en 2011. Ça m’a donné envie pour le moment de rester, le fait de travailler à domicile avec des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ça m’apporte beaucoup et je suis très intéressée par ce travail là. C’est ce qui me fait rester là pour le moment. Ce n’est plus du tout mon côté soignant, c’est vraiment ce travail à mi-temps à domicile auprès de personnes Alzheimer qui me fait rester. J’ai espoir que ça puisse se développer, sinon je chercherai ailleurs. »

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