Valorisation des acquis de l’expérience : focus sur deux expériences
Publié par L’équipe Fonda le 25 juillet 2012

Valorisation des acquis de l’expérience : focus sur deux expériences

En complément de l’analyse sur la VAE produite par le groupe de travail Fonda, cet article présente deux initiatives : une expérience de "compagnonnage" en Rhône-Alpes (annexe 1) et une expérimentation de la Cress Aquitaine avec la participation de la Fonda Sud-Ouest (annexe 2).

Annexe 1

Expérience de « compagnonnage » en Rhône-Alpes

Éléments d’analyse et proposition

Caractéristiques des candidats

La Fonda Rhône-Alpes a mené, pendant trois ans, une expérience de « compagnonnage » avec des bénévoles d’associations, candidats à une Vae. Voici leurs caractéristiques :
– proportion variable d’expérience bénévole et d’expérience salariée ou en libéral ;
– hommes et femmes, à part égale ;
– 25 à 57 ans (moyenne de 43 ans) ;
– peu ou pas diplômés, avec cependant quelques diplômés d’université ;
– origine de milieu populaire ;
– parents étrangers, pour certains ;
– en commun, une expérience bénévole associative dynamique, riche et diversifiée ;
– beaucoup sont (ou ont été) administrateurs d’association, parfois membres de bureau.

Cette expérience de « compagnonnage » a également intégré des militants syndicaux. Elle a été un révélateur des difficultés et des limites du dispositif actuel de Vae. Elle a permis d’avancer les deux propositions suivantes :
– faire évoluer le dispositif actuel de validation des acquis ;
– proposer une évolution plus radicale du dispositif.

Faire évoluer le dispositif actuel

Les difficultés rencontrées
La grande majorité des candidats soutenus dans leur démarche de Vae du bénévolat rencontrent des difficultés dans le cadre du parcours actuel : longueur, multiplicité des interlocuteurs, temps de latence, mauvaise compréhension du langage administratif et des attentes des organismes valideurs, coût croissant qui contraint de se présenter au diplôme le moins onéreux dans l’éventail accessible, difficultés à analyser son expérience, freins à l’écrit (la validation de l’expérience passe par la rédaction d’un ensemble de textes sélectionnant dans l’expérience vécue, des séquences qui démontrent l’acquisition des compétences attendues pour le diplôme), manques dans la maîtrise d’une langue vivante étrangère ou d’une culture générale, difficultés à compléter une validation partielle...

De l’utilité d’un compagnonnage
Faire réussir davantage de candidats à la Vae bénévole suppose de soutenir la personne dans la durée de son parcours de validation et de façon complémentaire à l’accompagnement proposé par l’organisme valideur. « L’aventure individuelle du candidat libre » est très éprouvante et problématique quant à l’obtention du diplôme. En l’état actuel du dispositif de Vae, il est donc utile d’adopter une démarche de soutien aux candidats qui souhaitent valider une expérience bénévole associative : cette démarche doit être individuelle et collective, participative et ascendante, rythmée et continue.

Le « compagnonnage » aide la personne à comprendre « les règles du jeu » (restituer par écrit l’analyse des compétences acquises au fil de l’expérience, afin d’apporter la preuve qu’elles coïncident avec le référentiel du diplôme) ; il l’entraîne aux savoir-faire que cela implique :
– savoir expliquer à d’autres ce qu’il fait ou a fait : en effet, s’il est excellent dans « le faire », il ne sait souvent pas « l’objectiver » et en parler (ex. : ce rugbyman qui a l’intuition du jeu et de la stratégie de l’équipe, qui sait transmettre la discipline aux novices, mais qui ne sait pas dire ce qu’il fait). Seul, l’exercice s’avère insurmontable pour beaucoup ; il y faut l’aide d’un tiers (individuel ou collectif) qui sollicite et soutient l’expression ;

– comprendre les termes du référentiel de compétences du diplôme et savoir choisir les situations pertinentes qui démontrent l’acquisition des compétences attendues ;

– apprendre à parler de soi, à la première personne du singulier, alors que deux freins se présentent : se désolidariser de l’action collective pour un gain personnel et faire la part entre les savoir-agir individuels et les savoir-agir de groupe (ex. : le récit de la réussite d’un festival de théâtre de rue se décline en termes de nous alors que la validation sollicite le je) ;

– traduire à l’écrit ce qui a été encouragé à l’oral. Développer des qualités rédactionnelles : parler de soi, ne pas se perdre dans les détails, tout en étant précis, dire peu mais juste ce qui est attendu, construire des phrases correctes former aussi quelquefois le candidat à la maîtrise du traitement de texte ;

– apprendre à lire et à comprendre l’organisation des livrets, savoir les remplir, caler les textes aux bons endroits...

Le « compagnonnage » conjugue pédagogiquement temps individuels et temps collectifs :
– les temps collectifs : le groupe renvoie à la culture associative habituelle et partagée par les candidats. Des phénomènes d’identification et de distinction entre les candidats alimentent une dynamique de groupe, porteuse d’émulation et d’entraide. Les récits d’expérience des uns stimulent les autres. Le groupe permet aussi d’échanger sur les difficultés du parcours et il devient un groupe de projet (soutenir l’effort de chacun et tendre ensemble vers la réussite du plus grand nombre). Les techniques pédagogiques participatives de formation d’adultes offrent de bons supports : brainstorming, débat, jeu de rôles…

– les temps individuels : ils permettent de repérer et comprendre les difficultés de chacun, de travailler à les dépasser. Ils offrent une réponse souple et adaptée aux besoins de chacun et rappellent le travail pratiqué dans les ateliers pédagogiques personnalisés (App).

Le « compagnonnage » offre la continuité d’un soutien tout au long du parcours, à un rythme adapté : échanges individuels deux fois par mois, réunions deux soirs par mois. Il peut être plus intensif dans les semaines qui précèdent le dépôt de dossier auprès du jury. Il est poursuivi après une validation partielle, afin d’inciter le candidat à compléter son diplôme dans les cinq ans. Il cherche à « regonfler le moral » des candidats pour tenir le parcours dans la durée.

Le « compagnonnage » opte au début pour une démarche ascendante, c’est-à-dire qu’il évite dans un premier temps de « plaquer » le référentiel de diplôme comme un guide d’expression de l’expérience concrète. Il se refuse à chercher directement la conformité de l’expérience avec la norme (démarche descendante), car cela inhibe le récit au lieu de le stimuler. Au contraire, est suscitée l’envie du candidat de parler de tel ou tel aspect de son vécu bénévole et/ou professionnel. L’animateur valorise et fait prendre conscience aux candidats du processus d’apprentissage par l’expérience. Il apprend aux personnes à discerner dans leurs récits les ressources qui entrent dans la compétence (savoirs opérationnels, savoirs relationnels et sociaux, ressources cognitives, émotionnelles, physiques...)2 et il montre comment le narrateur combine ces ressources de façon innovante dans chaque situation pour agir de façon adaptée, pour agir avec compétence. Cette méthode d’animation permet de repérer des compétences ou des « capabilités » propres à la vie associative et qui ne sont pas dans le référentiel, mais qui enrichissent la façon d’exercer un métier (ex. : un fonctionnaire de la poste, affecté au service des colis dont l’équipe composée d’intérimaires et de permanents, n’avait pas de représentant du personnel ; il a su transférer avec succès son sens de l’arbitrage au rugby dans des interventions de médiation avec la direction pour la réforme du travail posté).

D’autres réformes peuvent être envisagées :
– raccourcir le parcours et l’alléger ;
– simplifier les livrets et le vocabulaire ;
– « rattraper » les candidats qui échouent complètement, lors de la première soutenance devant le jury : en effet, c’est d’un non-sens et d’une grande violence pour le candidat qui arrive en fin de parcours de s’entendre dire que « son expérience n’est pas valable », au prétexte qu’elle ne satisfait pas aux contours d’un diplôme. (Ex. : au cours de l’été 2006, la « politique de la ville » comme celle de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative ont encouragé des habitants des quartiers prioritaires à tenter une Vae au titre de leurs activités sportives bénévoles : un grand nombre de ceux qui se sont manifestés, pensant trouver là une sortie de leur précarité, ont échoué et buté sur le dispositif, avec des conséquences personnelles importantes). On ne peut laisser repartir les candidats sans leur offrir de solution pour un accès à la qualification et à l’emploi !

Proposer une évolution plus radicale du dispositif

L’expérience de compagnonnage incite à envisager une évolution plus radicale du dispositif même de validation des acquis. Au lieu d’adapter les candidats à un dispositif très administratif et très formel de « Vae à la française », il s’agirait d’envisager de réformer le dispositif lui-même.

Concevoir autrement l’acquisition des titres professionnels : au lieu d’une conception du diplôme comme « une entité une et indivisible » faite de blocs de compétences à valider dans les cinq ans, faute de quoi les acquis partiels sont perdus, imaginer des titres avec des modules parmi lesquels le candidat composerait et combinerait lui-même des modules obligatoires et optionnels : de la sorte, il y aurait plus de créativité dans la production des diplômes, sans perdre en qualité, et cela permettrait de révéler et reconnaître les nombreuses fonctions « transversales » réellement exercées et qui ne peuvent être validées dans le dispositif actuel, faute de couvrir la totalité d’un diplôme ;

Ouvrir la possibilité de garder « à vie » le bénéfice de validations partielles, comme des étapes d’un parcours qualifiant et diplômant, intégrant la Vae comme un pallier, dépassé par la suite : ce serait très utile aux publics associatifs peu diplômés et dont l’expérience professionnelle et bénévole ne cadre pas avec les titres existants. Au lieu d’un échec à la Vae, il y aurait une part d’acquis validé ;

Accueillir d’autres supports que l’écrit pour témoigner de l’expérience : vidéos, enregistrements audio, diaporamas sonores... relevant davantage de la culture orale et plus conformes à la logique du « faire » et du savoir agir ;

Capitaliser les avantages et les limites de modalités propres au ministère du Travail qui place le candidat en situation professionnelle en lui demandant de montrer ses compétences en actes.

Contact : Cibc Rhône-Alpes

Annexe 2

Validation des acquis de l’expérience bénévole
Expérimentation de la Cress Aquitaine
avec la participation de la Fonda Sud-Ouest

Premiers constats

Le dispositif de Vae d’expérience bénévole est encore très balbutiant et occupe une place marginale au sein des politiques publiques territorialisées (ex. : financement du Conseil régional), mais aussi au niveau des associations. Les responsables se sont faiblement appropriés la Vae bénévole, considérée par ailleurs comme une démarche individuelle. Cette approche « individuelle » de la Vae a deux effets :
– sentiment de solitude et risque d’isolement dans le parcours, pour les candidats et pour les petites structures associatives ;
– faible implication des associations et des têtes de réseau dans le dispositif de Vae et le système d’acteurs qui le porte au niveau local.

La communication autour du dispositif est encore déficiente, complexe, touffue et mouvante, la majorité des acteurs éprouvant des difficultés à saisir la réalité du dispositif dans sa globalité. La communication pour la Vae des bénévoles devrait donc renvoyer à l’activité bénévole, et non au statut de bénévole (absence de reconnaissance juridique). Le peu d’implication des associations dans la diffusion de l’information sur le dispositif Vae pose question, alors qu’elle est indispensable pour une mise en œuvre.

Le coût financier d’un parcours reste un frein majeur pour les personnes qui souhaitent s’engager, et en particulier pour celles qui souhaitent valoriser des activités bénévoles, et ce malgré les possibles aides des pouvoirs publics ou des Opca (selon la situation de la personne, salarié ou demandeur d’emploi).

Le repérage et la valorisation des activités bénévoles nécessaires à la constitution des dossiers 1 et de 2 s’avèrent difficiles : ils constituent une épreuve qui met souvent en difficulté les candidats mais aussi parfois les professionnels :
– différents régimes de justification de la preuve de l’activité (question des attestations), selon les certificateurs ;
– difficultés de passage à l’écrit, renforcé lorsqu’il s’agit de passer du « dire au faire » en matière de compétences sociales ;
– représentations et connotations qui pèsent sur le bénévolat et/ou sur certains secteurs d’activités comme l’animation ou le social ;
– articulation trop lâche entre activité professionnelle et non professionnelle (ex. : bénévolat associatif ou syndical).

Argumentaire en direction des associations :
– le bénévolat est la première richesse des associations, hors celles-ci rencontrent des difficultés de recrutement ou de renouvellement des bénévoles. Il apparaît donc que les associations ont tout intérêt à valoriser leurs activités et actions, ce qui contribue à valoriser les bénévoles qui interviennent dans la mise en œuvre. L’activité associative est un espace et un temps pour une formation par l’action ; c’est un lieu d’initiative et de prise de responsabilité dont l’apprentissage se fait au travers d’un parcours moins académique que celui qui permet d’acquérir d’autres savoirs : la plupart des savoirs sont acquis par l’expérimentation et le compagnonnage au sein d’une équipe associative où on travaille plutôt en groupe et dans l’oral qu’individuellement et avec l’écrit ; à travers le groupe se fait l’apprentissage de l’échange, de la concertation et de la prise de décision ;

– le travail bénévole met en évidence un ensemble de qualités et de compétences, personnelles, sociales, méthodologiques ou techniques. Les qualités humaines développées sont également une richesse pour la production et le maintien du lien social. Leur valorisation est d’autant plus nécessaire que la diversité des structures associatives, des domaines d’activité, des publics ciblés, des actions menées, des compétences et qualités, des outils créés ne permet pas une appréciation globale et uniforme du secteur ;

– les associations sont plongées dans l’action immédiate et permanente ; elles ne posent pas les questions du comment elles font, comment elles décident de faire et comment elles se mettent en ordre de marche3. Elles prennent rarement le temps d’examiner comment se renouvellent ou se développent leurs ressources bénévoles, autour de quelles fonctions et responsabilités elles se perfectionnent.

Fonction du « livret de bénévolat »

Le Livret de bénévolat s’adresse, en premier lieu, à la structure accueillante afin que celle-ci s’approprie le dispositif et comprenne qu’il s’agit de partir du collectif (engagement bénévole dans un projet associatif) pour arriver à de l’individuel (validation des acquis de l’expérience d’un bénévole).

L’expérimentation du Livret a permis de constater que pour valoriser les expériences et les acquis des bénévoles, leur implication dans le projet et la conduite des actions, pour repérer la contribution de chacun, l’association est devant une double nécessité de :
– bien appréhender le contexte de l’association accueillante et son environnement : sa taille, son degré de professionnalisation, la reconnaissance par les tiers, la diversité de ses ressources humaines, sachant que le bénévolat est fondé sur la gratuité et l’engagement volontaire, dans un partage parfois délicat entre bénévoles et salariés, lorsqu’il y en a ;
– analyser et évaluer son projet associatif, sa politique de ressources humaines, son mode d’organisation, ses activités, ses actions, son ou ses publics, ses partenaires, ses moyens et son impact ; elle peut ainsi améliorer sa présentation, mieux faire valoir ce qu’elle est et ce qu’elle fait et donc valoriser ses ressources humaines, notamment bénévoles.

Outil de mémoire et de transmission, le Livret du bénévolat contribue aussi à permettre la délivrance des attestions de bénévolat et à accompagner les bénévoles qui le souhaitent dans leur démarche de validation des acquis de leur expérience bénévole :
– faire reconnaître le travail et l’expérience : faciliter la rédaction et la formulation des tâches, compétences, aptitudes et qualités exprimées, réalisées et acquises au travers du bénévolat ;
– rassembler les preuves nécessaires à la démarche de validation des acquis d’expérience bénévole et en faciliter la lisibilité.

La constitution et la rédaction du Livret du bénévolat permettent de mettre des mots sur les actions, de formuler clairement des spécificités, des qualifications, des compétences, des outils, une expertise : c’est un travail collaboratif qui associe tous les acteurs de l’association et qui sort le bénévole de son isolement et l’accompagne véritablement dans le travail de rédaction et de préparation de sa Vae. Il apparaît également que la formation doit être prise en compte car les bénévoles se forment, en lien avec les responsabilités qui leur échoient (par exemple : formation en informatique, comptabilité, communication, classement…).

Propositions au regard des constats

Le « cœur » du dispositif est déjà bien balisé par l’organisation du réseau des Points relais conseils et les cadres développés par chaque service valideur ne semblent pas appeler de remarques spécifiques, sauf à dire qu’il faut poursuivre et renforcer la professionnalisation des acteurs, l’appropriation des outils utilisés, la présentation des approches, des outils et des pratiques pour un enrichissement réciproque, voire l’amélioration de la cohérence générale du dispositif au stade de l’accompagnement.

Le point de vue général des certificateurs est que l’activité bénévole n’est pas reconnue comme une valeur économique par les personnes elles-mêmes ainsi que par les associations. Dans un dossier, l’activité bénévole reste le « petit plus » qui complète la description d’une compétence transverse notamment. Il s’agit donc bien de reconnaître l’activité bénévole comme une activité économique à part entière.

On constate un fort taux d’abandon à l’issu du rendez-vous avec le Cibc. Malgré un projet clair, les personnes réalisent le travail à fournir, notamment au niveau de l’écrit, le temps et la concentration nécessaires pour aller jusqu’au bout - sans garantie de succès - et de ce fait ils ne pensent plus avoir l’énergie suffisante pour affronter ce parcours. En conséquence, il s’avère important de :

– mieux régler la question très pragmatique des justificatifs. Ce problème d’obtention des justificatifs est récurrent et commun à de nombreuses associations qui sont demandeuses d’outils pour être en mesure de mettre en place une meilleure « traçabilité » de leurs activités et de leurs bénévoles, sur le long terme, même si les freins à leur utilisation sont prégnants : en effet, cela demande aux associations de revoir l’organisation interne et le suivi de leurs ressources humaines bénévoles. Elles craignent une « requalification » du bénévolat en activité salariée ou une « dénaturation » de l’engagement bénévole, tandis que le bénévole s’inquiète d’une contractualisation de son engagement, qui est, à l’origine, un acte militant et gratuit ;

– renforcer l’accompagnement dans l’élaboration des dossiers 1 et 2 : développer des outils d’auto formation pour l’écrit, réfléchir à des techniques d’aide à l’écriture et à la reformulation pour les candidats les plus éloignés de l’écrit et/ou confrontés au problème de la transcription de « savoirs informels » en « savoirs savants » et en compétences ;

– réfléchir à la mise en place de parrains ou de tuteurs pour certains candidats à la Vae : ils pourraient être d’anciens candidats ayant achevé et validé leurs parcours de Vae. Il faudrait mieux cerner les profils des candidats bénévoles ayant totalement ou partiellement réussi leur Vae.

La Vae bénévole n’allant pas de soi, il faut donc croiser un ensemble d’interventions pour en assurer la notoriété et la faisabilité :
► mobiliser les services et structures locales existantes autour des enjeux des associations et de leur bénévolat : implication plus importante de certains services d’État ou collectivités territoriales (Maia, Crib, Dla…) ; sensibilisation et information des conseillers des Points relais conseils sur le marché de l’emploi associatif, marché porteur (ou non), selon les secteurs : activités, métiers développés, services rendus ;

►faire des campagnes d’information en direction du grand public afin de rejoindre :
– toutes les personnes qui ont (eu) une expérience bénévole un peu conséquente, quelle que soit la taille de leur association et la nature de leur expérience,
– le monde économique et ses professionnels afin qu’ils prennent acte que de multiples capacités et compétences peuvent avoir été acquis au travers d’un engagement bénévole, qu’une réelle employabilité peut s’être construite dans des responsabilités associatives, que des passerelles peuvent exister (cf. mécénat de compétence) ;

► sensibiliser les élus locaux aux enjeux du développement associatif et de son bénévolat, dans toutes ses déclinaisons ;

► mieux informer et sensibiliser les acteurs associatifs et envisager des propositions de suivi rapproché des associations, surtout des plus petites et/ou des moins outillées : mise en place de référents conseils sur la Vae bénévole ;

► renforcer et harmoniser le suivi statistique du dispositif par la création et l’ajustement des outils statistiques, sans éluder la formulation de critères et de variables de comptage pertinents et objectivables ;

► envisager la mise en place d’une plateforme régionale d’appui aux bénévoles des associations : plateforme (en coordination étroite avec la Cris, les services valideurs, les têtes de réseau associatifs) qui permettrait d’optimiser le dispositif en favorisant sa lisibilité, en aménageant des transferts d’expériences, en développant des études spécifiques ; il s’agirait de structurer horizontalement un partenariat régional entre institutions et verticalement un partenariat avec les instances nationales d’appui au secteur associatif. Le repérage des savoirs associatifs gagnerait à être confié à des structures associatives labellisées au regard de leurs savoirs et compétences associatives spécifiques.
En résumé, l’enjeu actuel est d’optimiser l’accès au dispositif de Vae du bénévolat en :
► améliorant la communication ;
► augmentant les aides financières ;
► soutenant la préparation des dossiers ;
► essayant d’accroître la « traçabilité » des expériences bénévoles ;
► formant les jurys à la culture associative et aux spécificités du secteur ;
► intégrant des bénévoles d’associations dans les jurys.

Trois expériences de validation réussies

Entre 2005 et 2007, en Aquitaine, trois candidats ont réussi à valider un parcours « tout bénévole », au sens où leurs compétences ont été essentiellement acquises dans l’activité bénévole.

► Beatep, animation socioculturelle : l’accompagnement a été réalisé par la Ddjs de Dordogne, à raison de dix heures, financées par les crédits restants à la Drjs et le passage devant le jury a eu lieu le 4 décembre 2006 : le résultat est positif car la personne a validé tous les modules, en valorisant 100 % d’activités bénévoles. Son dossier sera utilisé comme support pédagogique pour les prochains « accompagnés ». Durée du parcours : sept mois.

► Dut, métiers du livre et de bibliothèque (Iut Bordeaux III) : la personne a remis son dossier à l’Iut. Elle n’a pas voulu se faire accompagner. Ensuite, l’Iut a pris deux mois pour la lecture du dossier et l’organisation du passage devant le jury. Durée du parcours : seize mois.

► Certificat d’animateur en technologies de l’information et de la communication : la personne a remis son dossier (livret 2) ; l’accompagnement a été réalisé par l’Afpa. En revanche, début octobre 2006, l’Afpa l’a informée d’un changement de l’intitulé du titre : le diplôme Atic (Animateur en technologies de l’information et de la communication) s’est transformé en Catic (Conseiller et assistant en technologies de l’information et de la communication), aucune modification du contenu des compétences à valider ne s’en suivant. Suivi par l’Afpa de Périgueux et passage devant le jury à l’Afpa de Lille.

Pour ces trois candidats, la valorisation d’activités bénévoles à 100 % a été possible. La justification des heures et des activités bénévoles n’a pas posé de problème : les documents l’attestant ont parfois été longs à obtenir, mais leur qualité n’a pas été remise en cause par les certificateurs. Ces parcours aboutis ne doivent pas masquer les parcours beaucoup plus longs qui passent par des validations partielles dont il s’agirait de garder la validation au-delà des cinq ans.

Au vu des premiers résultats, il s’avère que les candidats souhaitent s’appuyer sur des acquis de l’expérience bénévole pour retrouver un emploi et un emploi de meilleure qualité (éviter les contrats aidés). Les candidats sont plutôt des femmes. Le niveau des diplômes envisagés, après l’entretien avec le Prc, est rarement inférieur au niveau III, alors que la formation initiale des personnes est plutôt de niveau V.

Les diplômes aujourd’hui ouverts à la Vae ne correspondent pas forcément aux activités développées au sein des associations. Une validation partielle de diplôme peut générer de la frustration et il faut alors se poser la question du post Vae.
Différentes expériences ont été menées en ce sens : Secours catholique, Secours populaire, Ufcv, Association des Villes d’accueil, Espace bénévolat, Université européenne de la citoyenneté de Pau.

Contacts : Fonda Sud-Ouest, marquie.maite@voila.fr

Documents joints à cet article
Annexes 1 et 2 - PDF - 380.3 ko

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