Pouvoir d’agir, un outil de gouvernance démocratique
Publié par L’équipe Fonda le 24 août 2016

Pouvoir d’agir, un outil de gouvernance démocratique

par Jean-Pierre Worms, sociologue et Guillaume Coti, directeur de centre social. Paru dans La tribune fonda n° 224 - décembre 2014

Qu’apporte le concept de pouvoir d’agir à la réflexion sur la gouvernance ?

D’une façon générale, le concept de pouvoir d’agir met l’accent sur la nécessité d’une rupture avec les idées reçues concernant la relation entre les institutions et les acteurs sociaux. Traditionnellement, on attend de la puissance publique qu’elle mette en place des institutions et des règles de droit pour positionner les acteurs sociaux les uns par rapport aux autres et prescrire le rôle et les comportements attendus de chacun pour construire un bien commun partageable dans l’espace public qui leur est offert. De la bonne observance de ces injonctions, c’est- à-dire de la soumission de chaque acteur au statut institutionnel qui lui est attribué et aux règles qui lui sont prescrites, dépendra, pense-t-on, la prévisibilité, la cohérence et l’efficacité de l’action collective.

Le raisonnement en termes de pouvoir d’agir rompt avec ce déterminisme des formes. Il mise, au contraire, sur l’apport de créativité sociale, culturelle, civique et économique que représente la capacité de chaque acteur social de contribuer librement à la création de biens communs de toute nature à partir de ce qui le constitue comme un être singulier, lesté d’une expérience et d’une appartenance sociales particulières. Le rôle de la puissance publique n’est plus, dès lors, de prescrire les comportements de chacun mais d’organiser l’espace public et d’édicter des règles du jeu aptes à faciliter la rencontre entre les acteurs sociaux pour qu’ils négocient les conditions d’un « vivre ensemble » pacifique, en même temps que les modalités de production d’un bien commun partageable et d’un projet de société qui les rassemblent. Bien entendu, aucune de ces deux démarches, top-down des institutions vers la société et bottom-up de la société vers les institutions, ne peut prévaloir seule. C’est même leur combinaison qui constitue un des principaux enjeux de la gouvernance. Le projet porté par le collectif Pouvoir d’agir vise justement à rééquilibrer cette « combinaison » au bénéfice de ce qui monte de la société.

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