Pour une mutualité de travail
Publié par L’équipe Fonda le 20 juillet 2016

Pour une mutualité de travail

par Stéphane Veyer, directeur général de Coopaname. Paru dans La tribune fonda n° 222 - juin 2014

Où est donc passé le travail ? L’emploi et son jumeau, le chômage, l’ont étouffé, phagocyté. S’il n’y avait les scandales sanitaires touchant aux conditions de la production (amiante, suicides, stress, Tms, etc.), le travail disparaîtrait totalement de nos écrans mentaux. Seul l’emploi compte. Dans les discours des politiques, dans l’esprit des citoyens, dans l’agenda même des syndicats, il faut créer, conserver les emplois. Peu importe ce que l’on fait en définitive ; peu importe que l’on maintienne l’illusion d’une croissance perpétuelle, que l’on s’abîme à des fonctions dégradantes, que l’on participe à l’aliénation d’autrui : dans notre société obsédée par la statistique du chômage, le travail n’est digne d’intérêt que dans la mesure où il prend la forme d’un contrat !

Depuis des décennies, l’économie sociale et solidaire s’est fourvoyée dans cette confusion des genres. On aurait dû attendre d’elle qu’elle promeuve un autre rapport au travail, des idées de démocratie économique, de polyvalence, des pédagogies alternatives ; on aurait pu penser que la mutualité défendrait l’idée même de socialisation des revenus du travail, que le monde associatif revendique sa longue histoire de pratiques émancipatrices, que la coopération parle d’autogestion – bref, que l’Ess prenne le travail à bras le corps. Mais rien de tout cela ne s’est produit. Au contraire, par la voix des grandes fédérations qui la structure, l’économie sociale et solidaire a choisi de se soumettre aux injonctions des gouvernements successifs en matière d’emploi. Elle se vante d’en créer, se gargarise à l’idée de « peser » 10 % de ces derniers, tente de s’afficher plus vertueuse qu’elle n’est, propose de jouer les supplétifs d’un État social en plein délitement – voire, dans le cas du social business, fait du délitement de cet État social la condition même de sa prospérité ! L’Ess ne cesse de vouloir changer d’échelle sans jamais se demander si elle grimpe au bon mur.

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