Publié par Jean-Pierre Jaslin le 1er avril 2015

Fiche de lecture / Inégalités de richesse

Rapport Oxfam / Insatiable richesse : toujours plus pour ceux qui ont déjà tout

"Les richesses dans le monde se concentrent de plus en plus aux mains d’une petite élite fortunée." 1 % les plus riches possède 48 % des richesses et parmi les 99 % autres, 20 % d’entre eux capitalisent la plus grosse partie des richesses restante. Il reste 5,5 % pour 80 % de la population (5,6 milliards). Les richesses tentent à se concentrer, ainsi 80 milliardaires (ils étaient 382 en 2010) ont doublé leur fortune de 2009 à 2014. Ils possèdent autant que 50 % de la population.

"Ces richissimes individus ont bâti et fait fructifier leur fortune grâce aux activités et aux intérêts perçus dans quelques secteurs économiques importants, notamment la finance, l’industrie pharmaceutique et les soins de santé. Les entreprises opérant dans ces secteurs dépensent chaque année des millions de dollars en lobbying afin d’établir un environnement règlementaire qui protège et renforce leurs intérêts."

"Aux États-Unis et en Europe, les activités de lobbying les plus prolifiques se concentrent sur les questions fiscales et budgétaires, autrement dit sur les ressources publiques qui devraient bénéficier au plus grand nombre, et non servir les intérêts de puissants groupes de pression."

La situation d’inégalité est de plus en plus connue (OCDE, FMI…). Thomas Piketty montre que l’on se retrouve dans la situation de 1920, alors qu’après la crise de 1929 les inégalités avaient baissé pour finalement augmenter à partir de 1980. Depuis cette date, le management supérieur s’est aligné sur les actionnaires, donnant à la finance un poids prépondérant qu’elle n’avait pas auparavant.

La situation remet au cœur de la discussion plusieurs questions : les risques, dont la crise actuelle montrent que la finance ne les assure pas ; à qui appartient l’entreprise ? ; la volonté des responsables politiques des États-nations d’utiliser leurs pouvoirs dans le sens de l’intérêt général.

Les comparaisons internationales sont toujours à prendre avec précautions, car les réalités sont assez différentes. Cependant, la méthode utilisée par Oxfam est identique et la base du Crédit Suisse est une des plus crédible. Elle montre donc bien l’évolution présentée.

Questions soulevées pour les associations
Inégalités, développement économique, représentativité des acteurs intermédiaires et des régulations sociales, rôle et légitimité des États…

Bibliographie
Oxfam, "Insatiable richesse : toujours plus pour ceux qui ont déjà tout"
Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle, Seuil, 2013

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