Publié par Jean-Pierre Jaslin le 24 avril 2015

Présentation de l’ouvrage "Séparée. Vivre l’expérience de la rupture" de François de Singly

L’ouvrage "Séparée. Vivre l’expérience de la rupture" de François de Singly est paru aux éditions Hachette Pluriel en novembre 2014.

Le statut du mariage s’effondre avec l’augmentation des divorces, phénomène important qui progresse, surtout si l’on prend en compte les séparations de couple non institutionnalisés. Cette perception est si forte que l’on en oublie que les couples mariés ou pacsés restent de loin la situation majoritaire.

François de Singly, nous offre dans ce livre une approche approfondie des processus de rupture qui renouvelle la vision des divorces liés à la violence ou aux infidélités… Il nous fait entrer dans la dynamique de la « déconjugalité ». Les motifs anciens restent toujours d’actualité, sans pour autant expliquer un mouvement nouveau dont l’importance croît. On se sépare parfois sans avoir trop de reproches à faire au partenaire, mais parce que des évènements nous font percevoir que la situation vécue est inégalitaire et ne permettra pas la réalisation de « soi ».

L’analyse est centrée sur le point de vue des femmes qui supportent toujours la plus grande partie de la charge de fonctionnement du foyer et le soin des enfants. Elles sont assignées à la gestion du « nous  » (l’agapé) du couple. Par contre, le « je  » de la femme veut s’affirmer de plus en plus, aussi quand elle perçoit que le contrat n’est pas égalitaire et pour éviter de se faire enfermer sur le « nous  », elle s’échappe de ce qui lui parait être une situation qui menace son « Je  ».

L’analyse de François de Singly montre l’importance de l’amour et de la contribution des deux partenaires au « nous  », qui doit aussi permettre d’être reconnu (d’où le rejet de l’infidélité) et de se réaliser, y compris lorsque des événements le transforment et modifient ses exigences. En fait, on se sépare comme on s’est marié. Suivant l’importance donnée au « je  », au « nous  » ou au dosage entre le « je  » et le « nous  », la séparation se fera de manière plus au moins paisible et les relations ultérieures avec l’ex plus ou moins conflictuelles. Le divorce n’est pas un mouvement d’humeur anti-institutionnel, mais il exprime le « surgissement de la conditionnalité de l’amour » (l’Éros) qui s’ouvre sur un dialogue et un calcul intérieur qui n’est plus a posteriori. C’est une exigence forte, quitte à payer le prix, les familles monoparentales constituant une grande partie des familles pauvres. Nous retrouvons au niveau du couple, une demande de reconnaissance faite à tous les niveaux de la société.

C’est un nouvel âge de l’amour conjugal affecté par la logique contractuelle. Il est à inventer en évitant trois dangers : la relation qui se banalise et s’évalue comme une simple marchandise, la légitimité de la défense de son intérêt qui prime sur tout le reste et le primat de la réalisation de soi, du fait d’atteindre sa « vrai vie » ; conception mouvante, difficile à cerner et à évaluer. Le projet conjugal pour conserver son attrait exige une réciprocité (la philia), un espace qui « n’interdit ni de compter sur l’autre ni d’agir pour que le partenaire puisse compter sur soi ».

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Intérêt et questions soulevées par les associations

L’ouvrage de François de Singly souligne l’importance croissante de l’aspiration à la réalisation de soi dans ses rapports aux différentes formes du collectif, ici le couple et le foyer familial.

Ce nouvel âge ouvre un champ important pour beaucoup d’associations œuvrant dans le domaine de la famille, de l’éducation, de l’école…
Sont à prendre ainsi en compte cette quête importante, ces nouvelles aspirations de réalisation personnelle, les nouvelles formes d’échanges à développer pour y répondre, mais aussi les formes d’accompagnement à prévoir lors des moments critiques.

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