La tribune fonda n° 231 : Université Faire ensemble 2020, la prospective au service de l’action
Publié par L’équipe Fonda le 23 novembre 2016

La tribune fonda n° 231 : Université Faire ensemble 2020, la prospective au service de l’action

"Il est grand temps de rallumer les étoiles." Guillaume Apollinaire

Au sommaire

- Tables rondes,
Compte-rendu par Charlotte Debray

  • Communs et ESS : quelles convergences ?
  • Comment faire ensemble dans les territoires ?

- Marathons
Synthèse par Bastien Engelbach

  • Espace co-partagé au service du povoir d’agir
  • Un socle pour les communautés d’action
  • Une plate-forme d’information et de coopération
  • Associations, natur et société
  • Pour des écosystèmes favorables à l’engagement
  • Du diagnostic partiagé aux projets co-portés !
  • Organiser des transitions professionnelles dans le 93
  • Renforcer l’agilité de l’ESS

- Lectures

  • Community organizing par Jacques-André Pill
  • L’âge de la multitude par Marie-Christine Combes

- Nouvelles du futur

  • Tendances lourdes et signaux faibles par Alexeï Tabet
  • Des nouvelles d’un atelier par Eva Almassy
    * Les temps changent
    * L’association sans nom
    * Le flambeau
    * Une belle rencontre
    * Sans titre

Editorial
par Yannick Blanc, président de la Fonda

Une politique de l’intelligence collective

C’est en 2010 que la Fonda a lancé le projet Faire Ensemble 2020. Nous avions, selon les règles classiques de la démarche prospective, choisi un horizon temporel que nous avions fixé à dix ans, pas trop éloigné pour rester à l’échelle d’une démarche stratégique associative, pas trop proche puisque le but de l’exercice était de sortir du périmètre borné de la gestion quotidienne et des appels à projet. L’université Faire Ensemble de novembre 2011 fut, pour nous comme pour les participants, un moment d’initiation à la démarche prospective, un exercice de respiration pour ouvrir le champ des réflexions des responsables associatifs. En 2013, nous avons pu alimenter cette réflexion grâce aux travaux d’une vingtaine de prospectivistes qui avaient contribué aux quatre séminaires que nous avions organisés au cours de l’année, nous avons dessiné notre tableau des 60 tendances clés pour le monde associatif et nous en avons tiré le jeu de cartes qui reste notre outil favori d’initiation à la démarche prospective.

Les années passent et notre démarche est toujours calée sur 2020. Est-ce encore de la prospective ? Des quatre scénarios que nous avions imaginés à l’origine, aucun ne s’est bien sûr réalisé, mais les tendances qu’ils permettaient d’illustrer se sont développées avec force : la marchandisation de la société, le retrait de l’État, l’influence du modèle entrepreneurial et l’émergence d’une société créative. D’autres mouvements ont aussi profondément remodelé les conditions de l’action associative, que nous avons depuis appelés les quatre transitions. Tandis que les réseaux associatifs adoptaient progressivement l’attitude prospective, certaines mutations se sont accélérées de manière spectaculaire : je pense notamment à la transition numérique et aux nouvelles formes d’économie, d’engagement, de relations sociales qu’elle suscite, pour le meilleur et pour le pire. L’exigence de l’action se fait d’autant plus pressante que les institutions traditionnelles de l’action collectives que sont les partis politiques et les syndicats sont aspirés dans une spirale de fragmentation et de déclin qui paraît irréversible. L’attitude prospective est d’autant plus nécessaire dans les associations que le politique n’est plus capable de projection dans l’avenir. Si elle doit rester attentive aux tendances longues, comme le vieillissement démographique, et aux ruptures profondes, comme celle de la place du travail dans la société, elle doit aussi être en prise avec l’action immédiate, elle doit répondre sans délai au besoin d’agir que ressentent tous ceux qui ne se résignent ni au talon de fer néo-libéral, ni à la dégénérescence populiste.

C’est dans cet état d’esprit que nous avons organisé les universités de prospective de Lyon, en novembre 2015 et de Paris, en avril 2016, dont ce numéro de la Tribune est le compte-rendu. Nous avons pris notre devise, faire ensemble, au pied de la lettre et nous avons identifié, à partir de notre analyse des tendances prospectives, des enjeux de transformation ou d’innovation sociale susceptibles de donner lieu à des projets d’action collective. Puis, empruntant à nos amis de Pro Bono Lab la méthode du marathon, nous avons invité nos participants à imaginer un projet en deux séance de travail intense. Le but fixé à nos marathons n’était pas seulement d’écrire un projet sur le papier mais aussi de susciter la création d’une communauté d’action pour mener ce projet à bien.

Ces travaux doivent avant tout susciter l’action collective et l’innovation. On voit poindre des dynamiques naissantes : qu’il s’agisse d’accompagner les usages du numérique dans les territoires de montagne, de défendre l’idée d’une évaluation partagée pour la mettre au service d’une vision associative, d’accompagner les trajectoires professionnelles en Seine-Saint-Denis ou de défendre la notion de démocratie contributive, ces projets, inspirés par nos travaux de prospective, permettront aux associations d’activer et d’orienter les transformations sociales.

Dans la période de doute et d’angoisse que traverse notre pays, face à la défiance profonde que provoque le déclin du langage et du comportement politique, nous croyons à l’intelligence collective. Cette foi n’est ni naïve, ni mystique ; les entrepreneurs, les associations ou les citoyens assemblés n’accèdent pas à cette intelligence par miracle, il y faut des connaissances, de la méthode et de la patience, il y faut un labeur obstiné, celui que mène sans relâche l’équipe de la Fonda depuis 2010. A l’heure où tant de personnages estiment indispensable d’être candidat, parier sur l’intelligence collective est notre programme politique.

Vous pouvez commander un ou plusieurs exemplaires de ce numéro directement en ligne
ou par en adressant un bon de commande à notre service gestion.

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