La Vae bénévole : un défi à relever ensemble ! (annexe)

La Vae bénévole : un défi à relever ensemble ! (annexe)

Observations et remarques capitalisables sur l’ensemble de l’expérience menée par la Fonda Rhône-Alpes (septembre 2005 à juin 2006) extrait du rapport de mission de Muriel Kayser

D’une manière générale, du côté des candidats, sur les trois groupes de l’Isère, de la Loire et du Rhône (soit vingt-trois candidats), nous constatons globalement des difficultés et des facilités.

Les difficultés

Un découragement chronique, marqué par un absentéisme perlé aux réunions, lequel semble lié à la lenteur de la démarche pour une perspective lointaine : le but d’obtenir son diplôme demande de se projeter une année plus loin pour ceux qui débutent leur parcours ; entre-temps, chaque étape est longue (entre le premier rendez-vous avec le conseiller d’orientation et la définition du diplôme, pour certains, trois mois ont passé ; pour la recevabilité, il faut attendre encore deux ou trois mois entre le moment où le dossier de recevabilité est déposé et la réponse).

Les temps d’attente entre les moments-clés où « il se passe quelque chose qui fait avancer » paraissent trop longs. à côté de ce temps long, la précarité des situations quotidiennes donne envie de tout arrêter. Les « si je trouve un travail, j’arrête tout ! », « je ne sais pas si je pourrai continuer jusqu’à la fin de l’année », « j’ai trop de souci pour bien le faire ! », « je n’ai pas le temps ! », « j’ai dû garder mes enfants »… rythment les retours en réunion des absentéistes… qui reviennent toujours malgré tout !

Un besoin de réponses précises et rapides à leurs questions  que nous n’avons pas toujours et pour lesquelles il faut négocier un délai. Les questions : « Le conseiller d’orientation que j’ai vu me propose un diplôme qui ne me va pas, est-ce que je peux en voir un autre ailleurs ? Lequel ? » « Est-ce qu’il vaut mieux aller à tel point relais conseil ou à tel autre ? » « Le conseiller d’orientation m’a donné des fiches à remplir sur mon expérience, comment puis-je les remplir ? » « Est-ce qu’il vaut mieux faire le diplôme de la Chambre des métiers ou un Beatep ? » « Est-ce que je devrai payer tous les coûts à la Fac ? » « J’ai un travail posté, comment vais-je faire pour rencontrer le conseiller en journée ? » « Le dossier de recevabilité sur le Dedpad n’est pas disponible alors que le diplôme est ouvert à la Vae depuis janvier, qu’est-ce que je fais ? » « Est-ce que j’ai assez d’expérience pour faire ce diplôme ? » « Comment rédiger ? » « Comment me préparer pour le jury ? » « Je ne comprends pas ce qu’ils attendent de moi pour la validation, maintenant que j’ai la recevabilité. » « On m’a orienté vers ce diplôme, mais est-ce que je suis au niveau ? » « Qu’est-ce qu’il faut faire pour que le pass Vae paie ma Vae ? » « Est-ce que je peux préparer deux diplômes et utiliser deux pass Vae cette année ? » « Est-ce qu’on est obligé de rédiger son expérience pour qu’elle soit validée ? »… 

Un besoin pressant d’aide à l’expression  : les candidats s’excusent souvent de ne pas savoir exprimer ce qu’ils veulent dire, mais lorsqu’ils ont commencé à se lancer, ils trouvent très bien l’énergie et le vocabulaire voulus. Nous travaillons en permanence à la fois sur leur confiance en eux et sur leur savoir s’exprimer à l’oral, comme à l’écrit.

Un besoin de précision sur leur position dans leur démarche et sur la distinction entre les différents intervenants et leurs rôles  : les candidats pensaient pour la plupart que la démarche de validation était simple, un peu une sorte de « donnant-donnant, les preuves de mon expérience contre le diplôme ». Ils se rendent compte que la démarche est complexe et nous les aidons à donner du sens à cette complexité, tout en traduisant la procédure administrative : il faut leur expliquer que la démarche est une construction patiente dans laquelle ils doivent s’engager complètement. Choisir un diplôme ne se fait pas à la légère et le conseiller d’orientation est là pour l’aider ; puis la recevabilité vérifie la correspondance entre l’expérience, le projet professionnel et le diplôme, grâce au travail du certificateur ; l’accompagnement enfin initie le candidat à une méthode d’analyse de l’expérience avant le jury.

Les facilités

 
La dynamique de groupe est un élément facilitateur  : en effet, les candidats trouvent des points de comparaison avec les autres, non pour se mesurer mais pour réaliser à la fois une identité de difficultés personnelles et la dose d’effort nécessaire dans la démarche.

Les points communs qui les rapprochent sont de plusieurs sortes :

- ils appartiennent tous au monde associatif et la Fonda Rhône-Alpes connaissant bien la vie associative parle le même langage qu’eux. Le bénévolat les rapproche aussi beaucoup en tant qu’expérience partagée ;
- ils sont tous en recherche d’un mieux-être professionnel et personnel : sur les 21, 10 sont demandeurs d’emploi et 11 sont actuellement salariés, mais insatisfaits de leur condition (domaine qui ne correspond pas à leur goût ou à leur niveau de qualification ou contrat précaire). Une sorte de « communauté d’intérêt » s’est créée entre eux, qui les aide à continuer ensemble ;
- leurs différences, loin de les séparer, créent au contraire un jeu de complémentarités.

L’existence d’un lieu de travail associatif (Maison des associations de Grenoble, MJC de Saint-Etienne, siège de Fonda Rhône-Alpes) facilite aussi l’identification, à la différence des lieux institutionnels de la démarche. La proximité sociale et le lieu tiers sont des facilitateurs : certains candidats disent pouvoir travailler grâce à ce lieu, parce qu’à la maison, il y a trop de sollicitations qui empêchent la concentration. Trois personnes profitent de la réunion pour bloquer une demi-journée, voire plus, et le travail personnel.

Le lien que nous pouvons faire avec un conseiller d’orientation ou un certificateur  : certains bénévoles se sentent rassurés, dès lors que nous échangeons avec leur conseiller d’orientation ou leur certificateur. Ils vérifient ainsi qu’ils ont bien compris ce qui leur a été dit. Par exemple, nous avons établi un lien avec la responsable des Vae de l’université Monnet à Saint-Etienne, ce qui a permis le passage du dossier en commission d’exonération (750 euros exonérés pour 180 euros incompressibles de frais d’inscription !) et de comprendre ce qui était demandé, après la recevabilité, pour le réexpliquer à la candidate. La plupart des candidats ayant expliqué aux points relais conseil qu’ils venaient sur indication de la Fonda ont été bien accueillis et ont pu, pour certains, bénéficier d’une écoute peut-être plus attentive.

La prise en charge financière de l’accompagnement avec un certificateur qui n’a pas de conventions avec le Conseil régional : tous les candidats (à l’exception d’un seul, qui utilise le plan de formation de son employeur) doivent faire appel au « pass vae » au titre de leur bénévolat ou à l’avance de trésorerie du Conseil régional pour les certificateurs n’ayant pas de convention. Ceux qui s’adressent à des universités en particulier sont très inquiets du montant des frais administratifs et pédagogiques.

La compréhension et l’appropriation des consignes  : les candidats se montrent souvent démunis face aux attentes de la démarche. Par exemple, qu’est-ce qui différencie la présentation de son expérience faite en phase de recevabilité avec la présentation de la même expérience en phase de validation ? Une candidate a refusé, pendant un moment, de se « plier » au récit analytique d’expériences qu’elle avait déjà largement détaillées dans le dossier de recevabilité, et ce n’est qu’après un long travail d’explication sur le type de démonstration qu’elle devait faire de ses compétences rapportées aux compétences du référentiel de diplôme qu’elle a accepté de le faire. L’appropriation des consignes a pu se faire, dès lors qu’on a fait des exercices concrets de rédaction. Les commentaires ont donné une « sorte de sécurité », en guidant le candidat dans son message : à qui s’adresse-t-il ? Pour dire quoi ? Comment ?...

Les récits d’expériences faits à l’oral en groupe  : raconter une séquence de son expérience qui est valorisante redonne du tonus à chacun et au groupe. Nous avons fait, par exemple, un « brain storming » sur ce que chacun avait créé ou inventé dans son association, sur ce qui l’avait épanoui, dans le but de prendre conscience du contexte particulier de l’association qui favorise la créativité, et de leur grande capacité d’adaptation, d’improvisation et d’ingéniosité. Au-delà de ce message, chacun a compris que ces savoir-faire-là n’étaient pas anecdotiques mais constituaient une vraie richesse.

Les constats relatifs aux étapes de la démarche

L’orientation dans le choix du diplôme, le travail avec les points relais conseil
Il faut d’abord saluer le dévouement de certains conseillers d’orientation que nous avions rencontrés avec le pôle Rhône-Alpes de l’orientation (Prao) et qui ont fait preuve d’un bon sens dans l’écoute pour aider des candidats à exprimer leur expérience et leurs projets en vue de trouver un diplôme pertinent.

En effet, la principale difficulté de cette première étape, pour des bénévoles d’association, tient à l’expression incomplète de leur expé-rience. L’expérience est foisonnante, éclatée parfois, faite de petites séquences vite oubliées, vécues « en vrac » et non quantifiables en durée : toutes informations que certains candidats n’arrivent pas à expliquer ne sachant pas ce qui est important (ou pas) pour leur validation. Il appartient au conseiller d’orientation d’aider la personne à détailler son expérience en repérant les lignes de force qui peuvent tendre vers un diplôme.

Or, les points relais conseil n’ont pas les moyens d’une orientation approfondie des candidats à la Vae (six heures/personne). Ceux qui l’ont faite ont pris sur autre chose. Certains d’entre eux sont actuellement débordés de demandes et donnent des délais de rendez-vous longs (un mois parfois).

Une autre difficulté tient à la difficulté de trouver un diplôme qui corresponde à l’expérience, lorsqu’elle est très disparate ou qu’elle annonce un métier en émergence :
- un candidat a changé d’objectif en passant d’une Vae à une recherche directe d’emploi, grâce à un bilan de compétences sur sa spécialité : la communication sur des événements sportifs et la recherche de sponsoring ;
- tel autre a accompagné le montage de « projets d’aide au retour » pour des camarades africains et les a défendus à Genève, sans que cette expérience trouve un diplôme correspondant (pourtant, quels savoir-faire !) ; le brevet d’état d’animateur technicien de l’éducation populaire (Beatep) constitue souvent le meilleur compromis ;
- trois jeunes gens, administrateurs et animateurs d’une association de danse et musique urbaines, depuis de nombreuses années, ne trouvent pas de diplôme correspondant, malgré la mise en œuvre récente d’un dispositif du ministère de la Culture ;
- un président d’association d’entraide avec des personnes larynctomisées est « visiteur de malades », fonction sans titre et cherche un diplôme de substitution pour développer les relations de l’association avec les pouvoirs publics et les cliniques privées ;
- une candidate promeut le développement d’événements artistiques nationaux et internationaux autour des arts du cirque, mais a du mal à trouver un diplôme correspondant. Dans le milieu, beaucoup de monde travaille sans diplôme ;
- deux autres présidentes d’associations montent des projets d’animation et les négocient avec leur environnement, sans être des animatrices relevant du Beatep, ni des directrices relevant du diplôme d’état de directeur de projets d’animation et de développement (Dedpad), alors comment les orienter ?

La dernière difficulté relève de la longueur actuelle de l’orientation entre le premier rendez-vous et l’établissement de la fiche-navette pour le certificateur qui détermine avec le candidat le choix du diplôme à tenter dans le cadre de la Vae (de l’ordre de 2 à 3 mois).

La recevabilité, première étape avec le certificateur

Cette étape, à laquelle sont actuellement confrontés onze des candidats, révèle de nouvelles difficultés du parcours des bénévoles :

- réunir les preuves de l’expérience bénévole : pour certains candidats, il est très éprouvant de retrouver d’anciens administrateurs, soit qu’ils soient très âgés à présent, soit que l’association ait été dissoute depuis, soit qu’il y ait eu un conflit entraînant la séparation… Nous devons sans cesse relancer ces candidats pour qu’ils dépassent leur hésitation et réclament (poliment bien sûr !) leur attestation de bénévolat ;

- quantifier le volume horaire du bénévolat : les candidats n’ont pas noté les heures faites à titre bénévole, aussi sont-ils sur une estimation approximative. D’autre part, ils ne savent pas comment calculer leur total horaire pour atteindre le seuil fixé par le certificateur. Il y a donc beaucoup « d’à peu près », au lieu de la précision demandée ;

- accepter les délais d’obtention du dossier : certains candidats sont freinés au moment de retirer le dossier de recevabilité pour certains diplômes comme le Dedpad qui n’est pas encore « disponible ». Il faut attendre l’organisation administrative de la Vae en Rhône-Alpes pour ce diplôme récemment homologué.

La validation, seconde étape avec le certificateur

Les quelques candidats qui sont arrivés à cette étape rencontrent certaines difficultés :

- le coût des frais administratifs dans les universités qui ne sont pas pris en charge par le « pass Vae », ni par l’avance du Conseil régional ;

- les attentes pour la rédaction de l’expérience à faire figurer dans le dossier de validation ne sont pas comprises : un candidat a eu un accompagnement un peu court en temps, en raison de la mise en place du dispositif, ce qui ne lui a pas permis de s’approprier assez vite les attentes en matière de rédaction du dossier de validation ;

- la référence au diplôme et la forme écrite de la validation : le filtrage de l’expérience par l’analyse des compétences puisées dans le référentiel de diplôme et la rédaction du dossier sont des épreuves quasi-insurmontables pour certains candidats qui demandent : « pourquoi faut-il passer par l’écrit et par cet exercice très scolaire d’une rédaction ? » ou « pourquoi et comment faut-il sans cesse revenir sur une expérience passée ? ». Est-ce qu’il ne faudrait pas envisager d’autres formes de validation, comme les mises en situation du ministère du Travail ou des médias audio-visuels ? Certains voudraient aussi valoriser leurs projets et l’utilité du diplôme pour leur avenir.

Cette étape révèle aussi de vraies richesses :

- certains récits d’expérience peuvent faire évoluer les référentiels de compétences actuels, parce qu’ils sortent du cadre normatif du diplôme ;

- le contexte du bénévolat associatif est favorable à la créativité et à une nouvelle qualité d’engagement dans l’activité professionnelle. Il y a à faire un travail de repérage systématique de compétences particulières liées au bénévolat associatif.

Ajustements nécessaires du compagnonnage de la Fonda Rhône-Alpes

Compte tenu de tous ces constats, nous avons dû réajuster notre compagnonnage. L’expérience avait été conçue avec trois groupes de personnes (Grenoble, Lyon, Saint-Etienne) à mener au même rythme vers les diplômes.

En réalité, nous avons adapté :

- le suivi individuel qui doit être plus approfondi pour bien comprendre les difficultés des personnes et répondre aussitôt à leur besoin, faute de quoi le risque d’abandon est avéré ;

- le travail en groupe qui est bien maintenu avec une fréquence de deux réunions par mois et par site, mais qui doit être mené différemment : en effet, sur le plan pédagogique, il devient difficile de faire travailler sur le même contenu des personnes qui tâtonnent dans l’orientation tandis que d’autres rédigent leur dossier de validation. La solution trouvée est de faire comme dans « les classes uniques » de villages : les « anciens » apprennent aux « nouveaux » à découvrir le détail de la démarche de validation. Comme eux-mêmes ont dû déployer de gros efforts pour décoder cet univers (vocabulaire, réglementation, différenciation des étapes et des intervenants, dispositifs de financement…), ils traduisent tout cela avec leurs mots et dans un langage simple. Ils peuvent aussi mieux comprendre les éléments qui rebutent les « nouveaux » et comment les dépasser. Par un jeu d’identification, ces derniers apprennent vite. Il est important aussi d’aménager, lors des réunions, des temps de travail personnalisés, un peu à la façon des ateliers pédagogiques personnalisés (App), pour comprendre les difficultés de rédaction de chacun ;

- la méthode qui repose sur une pédagogie participative. Les compétences professionnelles sont en principe acquises par l’expérience et il reste - c’est le plus difficile ! - à partir des vécus des candidats pour les aider à exprimer leurs compétences, grâce à une description fine.

Le rôle du « compagnon » touche différents domaines

Soutenir la motivation et l’endurance dans l’effort du candidat dans sa démarche ; décoder l’univers administratif de la démarche ; faire le lien éventuellement avec un conseiller d’orientation ou un certificateur ; assurer la prise en charge du coût de l’accompagnement par le Conseil régional pour les bénévoles dont le certificateur n’a pas de convention pour le « pass Vae » ; valoriser l’expérience de terrain comme une richesse pour avoir confiance en soi (malgré toutes les autres désillusions rencontrées par ailleurs) ; faire comprendre et permettre au candidat de s’approprier l’exercice attendu dans le cadre de la Vae, à savoir revenir sur son expérience passée et l’analyser : décrire des séquences significatives des compétences acquises, faire correspondre ces compétences avec celles du référentiel de diplôme ; s’exercer à la gymnastique intellectuelle d’analyser une expérience qui a été vécue « en vrac », en apprenant à discerner les ressources pertinentes utilisées dans les situations et les compétences acquises. Cela facilite la prise de conscience de sa propre valeur ; exercer l’expression orale et écrite du candidat sur ses compétences, à travers des récits d’expérience présentés en groupe ou au travers d’un « brain storming » ; analyser et valoriser le contexte associatif et le bénévolat comme des données de situation essentielles pour la mise en œuvre de l’activité maîtrisée ; s’informer sur les évolutions des pratiques et dispositifs institutionnels.

Sur toutes ces fonctions du compagnonnage, nous avons appris à adapter notre façon de faire pour répondre aux aléas et aux besoins des candidats.

ET APRÈS L’EXPÉRIMENTATION ?

La transférabilité

Il est important à présent de se demander qu’est-ce qui est transférable ou appropriable par d’autres intervenants du dispositif de Vae dans les enseignements tirés de cette expérience menée par la Fonda Rhône-Alpes avec des bénévoles d’associations.

Il nous semble que plusieurs éléments sont transférables.
Concernant des candidats en difficulté d’emploi du fait de leur « bas niveau de qualification » ou de leur manque de confiance en eux, il semble utile de :

- travailler, très en amont, sur l’image de soi et le sentiment de sa compétence, même si l’expérience est diffuse et hétéroclite ;
- proposer systématiquement une orientation approfondie à ces candidats ;
- proposer aux candidats qui le désirent de prendre appui sur un référent, car le dispositif de droit commun laisse les personnes très isolées, avec le risque de les décourager, en particulier lorsqu’il s’agit de personnes en situation précaire. Celui-ci pourra expliciter le langage administratif, écouter les questions et y répondre, soutenir la motivation… ;
- proposer un accompagnement individuel et collectif plus soutenu, notamment pour aider à l’explicitation de son expérience à l’oral, puis dans sa traduction écrite, en fonction des attentes du jury. Sans faire de « bachotage », un accompagnement personnalisé du genre de celui des ateliers pédagogiques personnalisés, en alternance avec des exercices collectifs, pourrait aider les candidats « fâchés » avec l’écrit.

Concernant des candidats bénévoles d’association, sans traitement particulier ni discrimination d’aucune sorte par rapport aux autres candidats :

- le dispositif pourrait prévoir une clause de valorisation du contexte : il n’est pas indifférent en effet que l’activité pour laquelle la personne est compétente ait été exercée en entreprise, dans une administration classique, en libéral ou en association. L’organisation associative, de par ses caractéristiques (dont la non-lucrativité et la recherche de l’utilité sociale sont des données essentielles), permet d’interpréter son métier de toute autre manière. Une plus-value qui serait apportée par la description du contexte serait utile dans une époque qui veut valoriser l’économie sociale et solidaire (cf. étude Insee en Rhône-Alpes sur l’emploi dans le secteur de l’économie sociale et solidaire) ;

- le dispositif (jury notamment) pourrait aussi apprécier les compétences propres à l’engagement bénévole (relationnel, polyvalence, adaptabilité, altruisme…) et dont la société aura de plus en plus besoin ; elles constituent autant de plus-values pour l’exercice du métier. Les employeurs ne s’y trompent pas qui examinent, en fin de curriculum vitae, les rubriques « hobbies et engagements personnels ».

Pour tous les candidats :
- raccourcir les délais d’attente à chaque étape : décision de recevabilité, calendrier des accompagnements et des jurys.

Les pistes de développement pour une Vae de bénévoles de faible niveau de qualification

Outre des transferts d’expérience qui amélioreraient utilement la réussite des bénévoles peu qualifiés, dans une démarche de validation des acquis, il est des pistes de transformation et de développement du dispositif qui sont à explorer.

Voici celles que nous avons d’ores et déjà repérées et qui peuvent donner lieu à de nouveaux projets :

- très en amont de la démarche de Vae, travailler avec certains bénévoles en situation précaire et ayant une expérience immédiatement « illisible » (femmes reprenant le travail après une période d’interruption, étrangers ne bénéficiant pas d’équivalence de diplôme ou en situation d’apprentissage du français, détenus, etc.) afin de les aider à détailler leurs compétences, à améliorer l’image de soi, à retrouver le sentiment qu’ils ont des compétences et à reprendre confiance en eux ;

- établir des « cartes de compétences » à partir de l’expérience des candidats, selon une démarche ascendante (de l’expérience vers le référentiel) et non descendante (du référentiel vers l’expérience). Ceci serait particulièrement utile pour les bénévoles qui connaissent des situations précaires, mais aussi pour des personnes « hors normes » (militants syndicaux, bénévoles de petites associations, personnes exerçant un bénévolat hors structure…) ;

- inventer de nouvelles modalités de valorisation de ces « cartes de compétences » pour articuler les démarches de ces candidats à une démarche de Vae classique ;

- créer de nouveaux référentiels de métiers à partir de l’émergence de nouvelles qualifications ;

- réfléchir à de nouvelles notions : passer de la référence « poste de travail » à la référence « activité » et en mesurer les conséquences en termes d’employabilité.

Documents joints à cet article
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