La VAE bénévole : un défi à relever ensemble ! (1ère partie)

la validation des acquis de l’éxpérience bénévole

compte rendu de la journée de travail du 24.11.2006 à Lyon

in La tribune fonda n° 184 - avril 2007

Plan du dossier (1ère partie)
- Enjeux et questions préalables autour de la VAE
- Déclinaison de la VAE en RRhône-alpes
- Présentation de la démarche de compagnonnage initiée par la Fonda
- Témoignages de bénévoles candidats à la Vae

ENJEUX ET QUESTIONS PRÉALABLES AUTOUR DE LA VAE DU BÉNÉVOLAT

Les travaux d’un comité d’étude

par Jean Bastide, membre du bureau de la Fonda, président du comité

En septembre 2003, la Fonda a pris l’initiative de mettre en place un comité d’étude sur la validation des acquis du bénévolat. En effet, la grande nouveauté de la loi de 2002 était de reconnaître, pour la première fois, l’expérience bénévole comme une composante d’un parcours, au même titre que l’expérience professionnelle : elle pouvait désormais être prise en compte pour tout ou partie d’une formation débouchant sur un diplôme. Pour la tradition française, très ancrée sur le diplôme, c’était une nouveauté qui a été saluée, à l’époque, par le mouvement associatif. Celui-ci n’a pas, semble-t-il, manifesté beaucoup d’empressement pour accompagner sa mise en œuvre ; il faudra en évaluer les raisons.

Après avoir travaillé pendant deux ans, le comité d’étude, à l’occasion de la publication d’un premier rapport par La tribune fonda, a organisé une journée de travail nationale à laquelle la contribution très concrète de Fonda Rhône-Alpes a été unanimement reconnue comme exceptionnelle. à cette participation, s’est également ajoutée celle de la Fonda Sud-Ouest et de la Cres Aquitaine.

L’expérience de Rhône-Alpes, conduite en partenariat avec les pouvoirs publics, avec de nombreuses associations et des syndicalistes, nous est apparue exemplaire, à plusieurs égards : de la théorie, on passait à la pratique, sur la base du suivi et de l’accompagnement d’une vingtaine de candidats à la Vae. Cette expérience, unique à nos yeux, confirme les principaux constats de l’étude : le véritable parcours du combattant devant lequel se trouve le candidat bénévole nécessite bien un « compagnonnage », pour ne pas confondre ce soutien avec l’accompagnement officiel. Assuré par une association qui connaît bien ce qui se joue dans le bénévolat sous des formes souvent très différentes, il y a là un type de soutien qui multiplie les chances de parvenir – tout particulièrement pour les faibles niveaux de qualification – à un parcours tourné vers la réussite.

C’est cette expérience qui est aujourd’hui présentée et mise en débat. La Fonda souhaite qu’elle puisse bénéficier des soutiens nécessaires à sa poursuite et qu’elle inspire de nombreux acteurs pour que se développent des initiatives du même genre. Alors la Vae de l’expérience bénévole deviendra véritablement une réalité !

Une expérimentation avec le soutien de partenaires

par Bernard Faure, président de la Fonda Rhône-Alpes

La Fonda Rhône-Alpes, présente depuis plusieurs années auprès des associations ou de collectifs de citoyens, a repéré parmi les questions que se posent les bénévoles sur leurs rôles et leurs responsabilités la question de la difficile reconnaissance de leurs compétences, des compétences exercées dans le temps, au fil de leurs engagements.
Le centre de ressources de la Fonda Rhône-Alpes, dans le cadre de l’appui qu’il apporte à des associations pour consolider leurs projets mais aussi pour se faire entendre dans l’espace public, a permis de repérer des hommes et des femmes engagés dans l’action qui avaient la volonté de faire valoir leurs acquis bénévoles en matière de qualification et éventuellement de les consolider.

Nos contacts avec les bénévoles des associations nous ont permis d’identifier des demandes de formation et d’accompagnement, mais aussi de validation des acquis, afin de mieux exercer des responsabilités associatives, y compris lorsqu’il s’agit d’accéder à des fonctions de président, de trésorier ou de secrétaire. Les compétences sont liées à l’engagement. à l’heure où nombre de personnes – et pas seulement dans les quartiers – perdent leurs repères professionnels et sociaux, les associations proposent souvent un cheminement qui permet de retrouver une identité de citoyen et même d’acquérir des compétences professionnelles. Elles démontrent concrètement que l’ascenseur social existe encore, du moins en ce domaine !

Les motivations qui incitent à entrer dans une démarche de Vae sont différentes. Les passages du bénévolat au professionnalisme existent et dans les deux sens. Chaque association est aujourd’hui devant la nécessité de conduire son activité avec professionnalisme. Pour les « vieux bénévoles » qui envisagent une reconversion professionnelle, le parcours est long et il ne s’agit pas de les leurrer : il y a de réelles difficultés à conduire et à réussir une démarche de Vae de son bénévolat. Un appui individuel et collectif s’avère alors fort utile, voire nécessaire.

Consciente de la nécessité d’engager une réflexion et une expérimentation autour de la validation de l’expérience bénévole, la Fonda Rhône-Alpes a engagé un dialogue avec le Conseil régional et avec la Direction régionale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, afin d’examiner à quelles conditions pouvait être initié un projet d’expérimentation de la mise en œuvre de la validation des acquis de l’expérience (Vae) avec des bénévoles associatifs. Un accord et un financement ont ainsi été obtenus pour conduire une expérimentation aux enjeux évidents. Avec l’appui des réseaux associatifs que connaissait la Fonda, des bénévoles volontaires ont été repérés sur les départements de l’Isère, de la Loire et du Rhône.

Au cours de cette journée, le déroulement de cette expérimentation sera présenté avec l’apport de quatre des bénévoles qui y sont engagés, mais aussi celui d’acteurs de ce dispositif de validation. Ces interventions seront complétées par les réflexions d’élus du Conseil régional, de responsables de la Direction régionale du travail, sans oublier celles de dirigeants associatifs et de responsables syndicaux qui enrichiront les échanges. Les uns et les autres, qu’ils soient, à cette occasion, à nouveau remerciés pour leur présence et l’appui qu’ils ont apporté et continueront d’apporter à cette expérimentation.

La Vae du bénévolat : les questions d’un défi

par Henri Faure, vice-président de la Fonda Rhône-Alpes, administrateur référent du projet

La validation des acquis de l’expérience des bénévoles associatifs permet de revisiter, de manière concrète et vivante, le champ des processus de reconnaissance et de professionnalisation. L’expérimentation – conduite par la Fonda Rhône-Alpes, en coopération avec ses partenaires régionaux et avec les autres Fonda – a pris la mesure du défi à relever et mis en évidence quelques questions majeures.

Les questions que soulève ce défi demeurent nombreuses et doivent continuer à guider l’action. Parmi elles, nous en retenons quatre.

– Comment faire en sorte que le professionnalisme inexploré des productions associatives innovantes soit reconnu, au même titre que le professionnalisme normé des productions économiques traditionnelles ?

– Comment faire en sorte que la reconnaissance légale de l’activité associative des bénévoles pour l’accès à la Vae soit admise, dans les faits, au même titre que l’activité professionnelle des salariés ?

– Comment mettre en œuvre, dans cette perspective, un « compagnonnage » qui valorise la dimension collective de l’intelligence et de l’action, pour faire en sorte qu’un engagement individuel, dans un parcours difficile, se transforme en parcours de réussite ?

– Comment répertorier les compétences acquises dans les associations, clarifiées et « formalisées » par chacun des bénévoles engagé dans une Vae, pour que soit écrite une carte de ces compétences et pour que soient interrogés ou créés les métiers les plus aptes à les employer à leur juste valeur ?

Au cours de cette journée de travail, nous aurons l’occasion de revenir sur le choc culturel que représente la validation des acquis de l’expérience – et notamment de l’expérience bénévole – pour l’ensemble des partenaires et principalement pour certains organismes valideurs. En effet, ils sont rares ceux qui, à l’image du ministère de Jeunesse et Sports, s’engagent résolument dans la mise en œuvre de ce nouveau dispositif d’accès à la qualification.

Nous verrons aussi toute l’importance d’un « compagnonnage » du type de celui que propose la Fonda Rhône-Alpes. Il s’agit de réguler le conflit de représentations entre individuel et collectif. L’engagement individuel dans la Vae renvoie, comme l’indique la Fonda Sud-Ouest dans son livret du bénévole, à la valorisation du contexte associatif où les compétences ont été acquises. La grande difficulté du parcours de validation tient aux freins : à chaque étape, le candidat est confronté à la tension entre collectif et mérite personnel.

La réussite de la Vae du bénévolat est suspendue à la compétence et à la formation des jurys, mais est également en cause l’offre d’accompagnement des candidats et une reconnaissance du fait associatif. Le but est de passer d’un relatif conflit à une conversation. Le processus à engager est celui de permettre d’engager une conversation plus ouverte et approfondie avec le valideur, même si l’on n’a pas pu écrire un mémoire ou une thèse. Le compagnonnage repose aussi sur un renforcement réciproque, en prenant l’exemple d’une classe unique de village où se croisent l’entraide individuelle et collective.

DÉCLINAISON DE LA VAE EN RHÔNE-ALPES

La politique de la région en faveur de la vie associative et de la Vae

par Thierry Braillard, vice-président du Conseil régional en charge de la vie associative

En tant que vice-président du Conseil régional en charge de la vie associative, il m’appartient de témoigner de l’attitude du Conseil régional à l’égard de la vie associative, attitude faite de loyauté et de fidélité. La Région vient d’ailleurs de fêter l’anniversaire de sa politique en matière de vie associative, politique qu’elle avait définie, il y a deux ans, le 18 novembre 2004. C’est dans ce cadre qu’il faut situer le soutien apporté à la mise en place de la validation des acquis de l’expérience.

La politique du Conseil régional porte sur quatre points :

– le soutien aux grands réseaux associatifs. Le Conseil régional a passé des contrats d’objectifs avec vingt-sept structures ; elles se sentent ainsi reconnues par la collectivité ;

– le soutien aux projets associatifs, avec des appels à projets annuels sur des thèmes choisis par la Commission régionale de la vie associative (Coreva) qui comprend des représentants associatifs. Cette année, les thèmes choisis sont le vivre ensemble, la fraternité et la citoyenneté. Une somme de 400 000 euros a été affectée à ces appels à projets ;

– le soutien aux bénévoles, grâce à la formation : la Région a financé les « points d’appui à la vie associative » pour des formations comme celle des trésoriers afin qu’à leur place, ils anticipent et préviennent les risques. Parmi d’autres projets, elle a également aidé l’Université de la vie associative de Saint-Etienne pour un module de trente heures ;

– enfin, le développement de la validation des acquis de l’expérience des bénévoles : avec la création du « pass Vae », elle prend en charge le coût de l’accompagnement du candidat par l’organisme valideur : une somme de 600 euros est ainsi allouée par accompagnement, libérant le candidat d’une contrainte financière importante.
Pour le Conseil régional, le lien social repose sur les valeurs républicaines et l’aide aux bénévoles en fait partie, notamment lorsque l’exercice des responsabilités peut déboucher sur la recherche d’une reconnaissance et d’une validation d’acquis au travers de l’engagement.

Un droit qui appelle un effort particulier en direction des bénévoles

par Elodie Sotty, représentant la Direction régionale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (Drtefp)

La validation des acquis de l’expérience est un droit ouvert à tous les actifs par la loi de modernisation sociale du 17.01.2002, qu’ils soient salariés, travailleurs indépendants ou bénévoles. En rendant lisibles les compétences professionnelles, la Vae constitue un outil de sécurisation des parcours professionnels, l’enjeu étant la reconnaissance de l’expérience de chaque individu dans sa richesse. Elle offre une deuxième chance aux personnes sans diplôme ni qualification, et elle permet à ses bénéficiaires de progresser vers un niveau de qualification plus élevé.

En Rhône-Alpes, la Direction régionale constate une montée en puissance du nombre de Vae mises en œuvre, puisque près de 7 000 dossiers ont été déposés en 2005. Mais certains freins existent encore, que nous devons nous employer à identifier et à lever.

C’est pour cette raison que la Direction régionale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle s’engage dans des actions expérimentales à destination de certaines catégories de publics, moins représentées dans les entrées en Vae, en raison principalement d’un déficit d’information lié notamment à une situation d’isolement. C’est dans cet esprit qu’elle a apporté son soutien à la Fonda Rhône-Alpes dans son action de compagnonnage en faveur de la validation des acquis de l’expérience des bénévoles, afin de leur offrir un appui individualisé, tout au long de leur démarche.

Force est de constater que les bénévoles suivent des parcours, certes riches en expériences et diversifiés, mais cette richesse se révèle être parfois une source de difficultés, au moment de choisir la certification visée, puis, dans une seconde étape, lorsqu’il s’agit de constituer le dossier de candidature à la Vae. En effet, il n’existe ni fiche de poste ni référentiel métier pour les activités bénévoles et les personnes concernées rencontrent des difficultés pour définir les compétences mobilisées dans l’exercice de leurs fonctions.

L’action de compagnonnage proposée par la Fonda a souligné toute l’utilité du travail collectif pour offrir à chacun la possibilité d’identifier les compétences acquises dans les activités exercées à titre bénévole. La constitution de groupes de travail a permis l’identification de compétences partagées par les candidats bénévoles et de la plus value que représente l’engagement associatif. Le travail collectif a également apporté une aide à l’analyse des expériences de chacun et à la formalisation des compétences professionnelles acquises dans les contextes individuels. Enfin, les échanges avec des personnes se trouvant dans des situations comparables ont permis à chacun de prendre confiance en soi et de poursuivre la démarche engagée.

Cette action a également montré toute la difficulté à faire coïncider les expériences des individus et les référentiels de certification. Ce dernier point nous rappelle que la certification par la Vae n’est pas l’unique réponse aux attentes et aux besoins des individus ; il existe d’autres voies, comme celle de la formation notamment, formation qui peut également être la suite logique et complémentaire d’une validation des acquis partielle.

Il reste donc des pistes à explorer, avec l’aide de tous les acteurs, afin de permettre au plus grand nombre de valoriser leur investissement bénévole et d’aboutir ainsi à une amélioration de leur qualification, à un retour à l’emploi ou à une reconversion professionnelle.

Sécuriser les parcours professionnels, mais avec quel accompagnement ?

par Gérard Clément, représentant de l’Union régionale de Force ouvrière (FO)

Dès que les militants syndicaux ont appris que la validation des acquis de l’expérience allait être mise en œuvre, ils se sont réjouis, car l’ascenseur social était enfin relancé ! Je dois d’abord donner quelques définitions. Comme je le dis souvent, on mesure le professionnalisme du maçon, en deux temps : au pied du mur, on voit s’il sait faire du ciment ; mais c’est en haut du mur qu’on évalue sa compétence. Le samedi quand il fait du bénévolat dans un club sportif, c’est aussi d’autres savoir-faire dont il fait la preuve. Comment traduire tout cela en qualification professionnelle ? étant dans l’irrationnel et dans le non-mesurable, il faut inventer une méthode, car personne ne sait mesurer de tels parcours de professionnalisation. Or, c’est important tant pour les bénévoles des associations que pour les syndicalistes.

Il faut également tenir compte des évolutions des milieux associatifs et syndicaux face au vieillissement de leurs membres et à une pénurie de ressources humaines. La validation des acquis a donc un double intérêt pour les organisations et pour l’émergence d’un droit nouveau. Il s’agit aussi de répondre aux exigences nouvelles qui sont posées par la société actuelle. Il y est beaucoup question de « sécuriser les parcours professionnels ». Pour y arriver, il existe deux solutions : l’une classique consiste à conquérir du droit par la loi et la négociation sociale, l’autre à engager une expérimentation qui permette de poser des constats.
Nous avons mené un projet avec cinq organisations syndicales en Rhône-Alpes : chacune a proposé trois militants, volontaires pour tenter une validation de leurs acquis. Nous avions trois profils de militants : deux ont obtenu un master par la Vae, alors même que l’un d’entre eux n’avait au départ qu’un certificat d’études primaires. Il est donc passé à bac +5 ; il y allait d’une reconnaissance personnelle : « à 56 ans, je suis capable d’y arriver ! » Mais nous avons eu aussi le cas d’un petit jeune qui ne savait pas ce qu’il voulait faire. C’est pourquoi il faut construire un tronc commun d’accès au droit. Nous sommes en train de monter un nouveau projet commun aux associations et aux syndicats.

Rappelons que l’accord signé en Rhône-Alpes entre les représentants de l’état, des partenaires sociaux et le Conseil régional prévoit un parcours professionnel avec différentes phases. Ayant identifié les étapes de l’obtention d’un diplôme professionnel, nous avons parlé d’un nouveau métier d’« accompagnement ». Or, actuellement, l’accompagnement qui est fait par les organismes valideurs est plutôt tourné vers le « remplissage » du dossier. Or, pour moi, accompagner, cela veut dire suivre et soutenir. Il faut limiter le taux d’échec des Vae, dans la mesure où ne pas obtenir de validation, pour certains candidats, est pire que de n’avoir rien engagé ! Il y a donc un nouveau métier d’accompagnement à inventer pour les associations et les syndicats.

Un parcours de réussite pour les publics les plus en difficulté

par M. Mendiela, représentant l’Union régionale interprofessionnelle (Uri)-Cfdt, vice-président de la Commission Vae du Ccrfpe au Conseil régional

L’objectif des protocoles d’accord entre l’état, la région et les partenaires sociaux concernant aussi bien la Vae que le programme régional d’accueil et d’orientation était bien de mettre d’abord l’accent sur les publics les plus en difficulté, c’est-à-dire les plus éloignés de la qualification, pour en faire des publics prioritaires.

Au regard de cet objectif, le choix de passer par un dossier à présenter au jury de validation – choix effectué par les organismes valideurs les plus sollicités – ne peut que pénaliser ces publics. Un accompagnement digne de ce nom est donc bien nécessaire, qui ne soit pas que formel, ainsi qu’un accueil, une information et une orientation de départ qui soit la plus complète et la plus neutre possible.

En conséquence, nous défendons l’idée d’un « pass Vae » qui n’est délivré que par les « points relais conseil », de façon à s’assurer que les publics prioritaires, bénéficiaires de cette aide financière de la région, aient accès à cette information exhaustive. Mais reste posée la difficulté à faire la part de ce qui relève de l’accueil/information/orientation et de ce qui concerne l’accompagnement lui-même, dont les organismes valideurs ont la charge. Comment éviter la confusion entre les deux aspects, d’autant plus que la Vae induit un choc culturel ? En effet, beaucoup – aussi bien valideurs que postulants – ont de la difficulté à envisager que l’on puisse accéder à un diplôme ou à un titre, sans passer par le sas de la formation.

Ce ne sont plus des connaissances que l’on est appelé à valider, mais des compétences, au regard d’un référentiel de métier et non plus d’une référentiel de formation. Peu importe la manière dont ces compétences ont été acquises ! C’est une des raisons qui font que nous continuons à avoir de la difficulté à concevoir que l’on puisse ne rien retenir d’une expérience professionnelle souvent longue et que l’on aboutisse parfois à des « échecs » complets. L’argument de l’erreur d’orientation nous paraît fort peu convaincant en la matière, dans la mesure où les organismes valideurs sont appelés à étudier, au préalable, la recevabilité de la demande et à s’assurer qu’il y a bien cohérence entre l’expérience acquise et le diplôme ou le titre visé, avant d’accepter le dossier de candidature.

Il reste que la démarche de compagnonnage proposée par la Fonda reste très proche de l’expérimentation que mènent les organisations syndicales et qui vise à faire valider les compétences acquises dans l’exercice d’une responsabilité syndicale. Dans les deux cas, nous sommes en présence de compétences transversales et transférables dans d’autres domaines que celui où elles ont été acquises. Pour les bénévoles des associations comme pour les syndicalistes, les compétences acquises dans l’exercice des responsabilités constituent un enrichissement non seulement personnel mais éventuellement aussi à visée professionnelle. Dès lors, nous sommes bien loin de l’image du bénévole, gentil amateur que l’on oppose facilement au professionnel qui lui serait seul compétent !

C’est pourquoi la Vae acquise dans des activités bénévoles, qu’elles soient syndicales ou associatives, nous paraît un enjeu fort pour faire évoluer les mentalités, y compris du côté des organismes valideurs, afin que tout un chacun reconnaisse la valeur des compétences obtenues par cette voie nouvelle. En effet, les valideurs témoignent parfois d’une difficulté à transformer les références de la formation en acquis professionnels de l’expérience. Pour avoir été membre d’un jury universitaire, aux côtés d’autres professionnels, j’ai constaté qu’ils avaient du mal à reconnaître des acquis, alors même que l’expérience professionnelle des candidats allait de trois années minimum à huit années ; ils continuaient de chercher à valider des connaissances ! Plus que les référentiels des diplômes, il s’agit d’utiliser les référentiels des métiers.

Certes, on peut entendre que le dispositif de la Vae est en train de se mettre en place et que cela prendra plusieurs années. Mais, en quelque sorte, on pourrait dire que le train de la Vae est lancé, sans que soit apportée la garantie d’un fonctionnement performant. En Rhône-Alpes, il faut arriver à faire travailler ensemble 17 réseaux et les 273 points relais qui en font partie.

Beaucoup d’acteurs du dispositif ont du mal à comprendre ce qu’est la Vae. Pour preuve, le fait qu’on puisse parler d’« échec » au terme d’une démarche de validation des acquis de l’expérience : ainsi, après quinze années d’expérience, comment peut-on en arriver à ce qu’il n’y ait aucune compétence validée ? La personne candidate à la Vae en conclut qu’elle n’a aucune compétence. Au risque de caricaturer la situation, cela revient à dire que : « soit on a la totalité du saucisson, soit on en a des tronçons ». C’est découper les diplômes, en se rappelant que la Vae n’est pas un examen à préparer par une formation préliminaire.

En tout état de cause, les représentations du savoir et de la compétence doivent encore évoluer, afin de sortir d’approches réglementaires beaucoup trop rigides. Les compétences professionnelles qui peuvent être acquises dans le bénévolat associatif ou dans le syndicalisme se rejoignent. Nous trouvons dans l’activité bénévole des compétences transférables dans les entreprises et vice-versa. Une vie n’est pas faite de morceaux d’humanité !

PRÉSENTATION DE LA DÉMARCHE DE « COMPAGNONNAGE » INITIÉE PAR LA FONDA

par Muriel Kayser, chargée de mission à la Fonda Rhône-Alpes

Présentation de la démarche

La validation des acquis de l’expérience renvoie à la loi de modernisation sociale de janvier 2002, qui ouvre, au-delà de la validation des acquis professionnels, une reconnaissance des acquis bénévoles et non-salariés. Il est désormais possible d’obtenir un diplôme national, en présentant une expérience professionnelle et/ou une expérience bénévole et/ou une expérience non-salariée. Les diplômes accessibles par la Vae sont au nombre d’environ 15 000, du niveau V au niveau I. Ils sont délivrés par les différents ministères et leurs services en région : ainsi, l’éducation nationale offre près de 11 000 diplômes, le ministère du Travail près de 300, le ministère de la Jeunesse et des Sports en propose dans les domaines de l’animation, de l’éducation populaire et des sports, le ministère des Affaires sociales a la responsabilité d’un certain nombre de diplômes du travail social dont le diplôme d’état d’auxiliaire de vie sociale, qualification très recherchée pour une professionnalisation dans le secteur de l’aide à la personne ; le ministère de l’Agriculture et des Forêts a lui-même ses diplômes et titres, etc.

La démarche du candidat, quant à elle, commence par un « point relais conseil » où des entretiens gratuits d’information, de conseil et d’orientation lui permettent de choisir le diplôme approprié à l’expérience acquise et au projet professionnel. Puis elle se poursuit auprès de l’organisme valideur du diplôme retenu, pour une première étape d’examen de la recevabilité de la demande : le candidat doit apporter la preuve administrative de la qualité de son expérience au regard du diplôme recherché (attestations d’employeurs, attestations d’administrateurs d’associations, décomptes des heures effectuées représentant trois années d’expériences cumulées). L’organisme valideur donne la réponse de recevabilité dans les deux mois qui suivent le dépôt de ce premier dossier.

Si la candidature est recevable, une seconde étape s’ouvre avec une offre d’accompagnement faite par le valideur : pendant une quinzaine d’heures, des intervenants peuvent préparer les candidats à rédiger le dossier de validation proprement dit, c’est-à-dire les aider à formuler un récit d’expériences qui démontre que le candidat maîtrise bien les compétences attendues d’un titulaire du diplôme. Le candidat dispose de l’énoncé de ces compétences au travers du référentiel de compétences du métier et du diplôme. Cet accompagnement est facultatif ; fortement conseillé, il a un coût moyen de 600 e en Rhône-Alpes, montant qui peut s’élever à plus de 1 500 e dans certaines universités. En Rhône-Alpes, le Conseil régional offre la gratuité de l’accompagnement aux bénévoles qui ont droit au « pass Vae ».

Le candidat rédige donc ses expériences, élabore son dossier qu’il dépose auprès de l’organisme valideur et il s’inscrit pour passer devant un jury, composé de formateurs et de professionnels du métier. Ce jury délibère, après entretien ou mise en situation professionnelle (pour les diplômes du ministère du Travail), et il accorde totalité ou partie du diplôme. S’il n’accorde qu’une partie du diplôme, il fait des préconisations au candidat pour que celui-ci complète son parcours de professionnalisation en allant suivre des modules de formation ou acquérir d’autres expériences. Le candidat a cinq ans pour obtenir la totalité du diplôme, période au bout de laquelle s’il n’y est pas parvenu, il perd la totalité des acquis intermédiaires.

Les bénévoles engagés dans un compagnonnage

Ces femmes et ces hommes qui viennent nous rencontrer, depuis plus d’un an, sont tous bénévoles en association et ils portent plusieurs espérances :

– répondre à la nécessité par un emploi stable et n’avoir plus à courir après des contrats précaires sous-estimant leur qualité ;

– troquer une situation professionnelle actuelle pour une nouvelle, correspondant mieux à leurs aspirations ;

– se construire une nouvelle vie après un accident (quatre personnes se relèvent d’un accident de la vie) ;

– entériner ou confirmer un niveau de savoir-faire et de connaissances apprises « sur le tas » ;

– suivre une intuition intérieure qui les tire énergiquement vers ce qu’ils aiment faire, leur bénévolat ayant constitué un début de réalisation.

Ils n’ont plus vingt ans, puisqu’ils ont une moyenne d’âge de 44 ans, avec un écart de 28 à 55 ans. Ils veulent explorer le champ des possibles ouvert par la validation des acquis de l’expérience : l’accès à un diplôme national leur semble être une clé pour atteindre leur idéal personnel.

La Vae est un monde qui leur est inconnu. Ils en ont appris l’existence incidemment, par un collègue d’une fédération sportive, par un point d’appui à la vie associative, par d’autres bénévoles ou par la Fonda elle-même. Ils nous contactent, avant toute autre démarche, sauf pour trois d’entre eux qui avaient déjà approché l’organisme valideur lorsqu’ils se présentèrent à nous. S’adressant à la Fonda Rhône-Alpes, ils attendent une écoute compréhensive de leurs aspirations par quelqu’un qui partage, par avance, toute la richesse du bénévolat et de la vie associative. Mais ils attendent aussi des réponses techniques de la part de gens bien informés et connectés à l’univers institutionnel de la validation des acquis.

Sur la trentaine de personnes qui ont « traversé » l’expérience, 23 y sont restées suffisamment longtemps pour nous permettre de consolider quelques données quantitatives et qualitatives.

Sexe :11 hommes, 12 femmes

Age : 25-39 ans : 2 ; 30-39 ans : 6 ; 40-45 ans : 8 ; 46-55 ans : 7

Situation : demandeur d’emploi : 10 ; salarié en Cdi : 4 ;contrat précaire (Cdd, intérim) :9 

Diplômes acquis : aucun diplôme :11 ; Cap :4 (menuiserie, ajustage mécanique, froid et climatisation, hydraulique et peumatique) ; Bts : 1 (secrétariat de direction) ; certificat : 1 (assistant de direction) ; diplôme d’état :1 (laborantin, aéronautique, chef de rayon) ; diplôme algérien : 1 (kinésithérapie, non reconnu en France) ; licence : 4 (sciences éco, sciences éducation, agent de développement, arts plastiques)

Fonctions bénévoles : membre de bureau (président, trésorier, secrétaire) : 16 ; membre de conseil d’administration : 2 ; animateur d’activité : 5

Durée du bénévolat : quelques mois à 25 ans, selon les candidats.

Une trentaine de personnes est venue nous rencontrer avec un projet de Vae, dans les trois lieux associatifs retenus : Maison des associations de Grenoble, Maison de jeunes et de la culture (Mjc) de Beaulieu à Saint-Etienne et siège de la Fonda Rhône-Alpes à Lyon. 21 personnes ont engagé un parcours de Vae. Une seule, pour le moment, a obtenu, après passage devant le jury, un certificat d’aptitude professionnel petite enfance et sept autres sont encore assidues à la démarche.

Le « parcours » – trajet suivi pour aller d’un point à un autre, selon le dictionnaire – se transforme vite en une série d’épreuves ; personne n’en avait conscience au départ ! C’est là que nous intervenons pour faire de l’aventure solitaire d’un candidat « lâché dans la nature » et qui risque de se décourager, une expérience solidaire : le groupe devient vite un lieu d’échange et d’entraide pour réussir. Nous nous sommes désignés par le terme de « compagnons », offrant un « compagnonnage » à ces bénévoles d’associations : il prend la forme d’un suivi individuel au travers d’un contact tous les quinze jours et d’un travail en groupe deux fois par mois.

La spécificité du bénévolat associatif

Les candidats au compagnonnage que propose la Fonda ont la particularité de se présenter à la validation de compétences acquises dans ces organisations très particulières que sont les associations. Leur engagement bénévole ne justifie pas 100 % de l’expérience présentée à la validation, car une expérience salariée vient le compléter, dans tous les cas. La plupart a exercé des responsabilités d’administrateurs dans leur association (dont celles de président, trésorier ou secrétaire).

Ils caractérisent leur engagement par quatre grands traits :

– une ambiance particulière du monde associatif : plus décontractée et conviviale, basée sur l’entraide et l’ouverture aux autres ;

– une qualité de relation de soi avec l’association et les autres : chacun se donne complètement, affectivement et authentiquement… Chacun se laisse transformer dans l’échange avec les autres ; chacun est valorisé et reconnu pour ce qu’il fait ;

– une organisation particulière : un apprentissage du sens du collectif avec un retour régulier vers le groupe ; on parle d’égalité et d’humilité, de créativité et de polyvalence, d’adhésion au projet collectif ; on fait aussi avec les moyens du bord ;

– un lieu d’ouverture relationnelle : rencontrer des gens très différents et se construire un réseau de contacts.

Les candidats sont ainsi porteurs de valeurs particulières liées à cette « culture du don » qui traverse les associations : plutôt tournés vers l’extérieur et ouverts aux autres, animés de curiosité, poussés par le goût d’inventer et d’entreprendre dans des situations pleines d’incertitudes, ils se façonnent ainsi librement des compétences toutes particulières dans les champs de la médiation, du relationnel, du leadership, de « l’entreprendre collectif » et de la convivialité, toutes compétences d’avenir demandées par les entreprises et la société.

De ce fait, passer à travers le prisme de la Vae, constitue pour eux un exercice périlleux : comment accepter de canaliser cette effervescence créative, relationnelle et spontanée dans l’univers d’un langage administratif qui demande la preuve quantifiée de fonctions standardisées, puis le récit analytique des compétences expérientielles triées au regard d’un référentiel de diplôme ?

Quelles sont les difficultés et les facilités rencontrées au cours de la démarche ? Quels sont les facteurs d’échec ou de succès des bénévoles d’association lorsqu’ils s’engagent dans la validation des acquis de l’expérience ? Donnons-leur la parole, afin qu’ils nous expliquent comment ils vivent cette démarche. Un récapitulatif des constats et enseignements tirés de l’expérience figure en annexe.

TÉMOIGNAGES DE BÉNÉVOLES CANDIDATS À UNE VAE

Gilles Degoutte, bénévole

J’ai 48 ans. J’ai été animateur de ski de fond, puis bénévole dans des petites associations de quartier. J’ai une expérience professionnelle dans les domaines de la solidarité, de l’entraide et de l’insertion, de l’éco-construction et dans le domaine artistique. Tout cela me donne l’impression d’être très actif. La colonne vertébrale de mon expérience est l’environnement et le patrimoine. La validation des acquis de l’expérience (Vae) est venue, pour moi, comme une solution, une reconnaissance, le point sur le « i », pour une expérience de vie reconnue.

J’avais essayé une validation des acquis professionnels (Vap), mais j’avais peu d’expérience et je manquais alors de financement. Pendant longtemps, j’ai exercé cette nouvelle activité de solidarité à travers l’environnement, qui n’a pas de nom. J’avais besoin de quelque chose de diplômant pour mon parcours de vie.

Je trouve le parcours un peu long, rébarbatif par rapport à son langage et à la manière de communiquer. J’ai cherché d’autres boulots après la Vap non aboutie, puis j’ai repris avec la Vae. Je suis actuellement demandeur d’emploi. à mon avis, il manque une passerelle entre le langage administratif de la Vae et monsieur et madame Toutlemonde.

Khalid El Quachani, bénévole

J’ai 46 ans. Je suis un ancien de l’Association sportive des Ptt (Asptt) Lyon Rugby. Agent de Coliposte, j’ai été détaché, le mercredi, pour encadrer l’école de rugby, de 1993 à 1998. Puis, avec la fin de mon détachement à l’Asptt, j’ai eu le projet de monter une association de rugby dans les quartiers de Saint-Priest.

J’ai fait du repérage de jeunes dans les allées. Ces jeunes qui jouaient au ballon sans être suivis ne participaient pas aux activités proposées par les Mjc ou les clubs sportifs. Avec des amis, nous les avons réunis et leur avons proposé de faire partie d’une nouvelle association et de pratiquer le foot en salle, le rugby et le basket, avec des éducateurs spécialistes. Ce fut le lancement et la création de l’association dite « Jeunesse sportive ». Puis, nous avons eu des relations avec la mairie. Pour l’accueil des jeunes, nous avons eu une permanence, le samedi matin. Par La Poste, j’ai un temps détaché, le mercredi, pour faire de 0 à 12 heures. Pour améliorer les relations avec les jeunes de 6 à 14 ans, nous les avons emmenés voir le match France/Afrique du Sud qui s’est déroulé au stade de Gerland.

Pour moi, la Vae, c’est la reconnaissance d’un parcours. J’avais un diplôme fédéral, mais, depuis peu, il y a obligation d’être titulaire du brevet d’état pour enseigner les jeunes à partir de 15 ans. J’ai déjà obtenu ma recevabilité et je suis en train de travailler sur le dossier de validation avec l’aide de la Fonda Rhône-Alpes.

Agnès Mange, bénévole

J’ai 42 ans. J’ai toujours fait du bénévolat, en commençant par de l’aide scolaire. J’ai été laborantine, puis j’ai été réformée pour des raisons de santé. Les associations étaient les bienvenues. J’y ai fait du bénévolat au Secours populaire et à la Croix-Rouge en ce qui concerne la distribution vestimentaire à des gens en précarité, au Secours catholique et dans les centres sociaux pour l’alphabétisation et du soutien scolaire.

J’ai repris un travail d’agent à domicile tout en continuant une activité bénévole orientée vers l’alphabétisation, les personnes âgées, l’aide à l’animation et le soutien scolaire.

J’ai fait plus de 3 000 heures en trois ans, réparties sur 10 ans, et j’ai obtenu ma recevabilité pour un diplôme d’état d’auxiliaire de vie sociale (Deavs). Je travaille à présent sur mon dossier de validation. Mon travail, où je fais beaucoup de ménage, ne m’épanouit pas.

Nouredine Deghia, bénévole

J’ai 45 ans. Je travaille dans les remontées mécaniques. Je suis secrétaire du comité d’entreprise. J’ai 25 ans de bénévolat. Je suis vacataire pour du « footsalle » dans une Mjc avec des jeunes de 12 à 15 ans. Je suis président, depuis deux ans, d’une association de tennis de table qui compte 120 licenciés. Je suis entraîneur fédéral de footsalle et de tennis de table. Je voudrais passer du bénévolat au professionnalisme.

Quand quelqu’un atteint un haut niveau, il n’est pas reconnu par le milieu. Je voudrais y aller en professionnel. Je veux allier plaisir et professionnalisme. Pour moi, c’est écouter, régler des conflits, etc. J’aime la polyvalence qui existe dans les associations. J’ai envie de changer de job et de me donner à temps plein. Donner de son temps et passer son cap. La Fonda Rhône-Alpes me donne des repères. C’est un peu mon « rappel à l’ordre » quand Muriel Kayser me rappelle : « Nouredine, où en es-tu ? ».

Mais c’est difficile de tenir dans le temps, de se remettre en question. C’est un long cheminement, seul, face aux administrations. J’attends ma recevabilité. C’est une riche expérience. Actuellement, je suis salarié à temps plein.

Documents joints à cet article
T184 p 31-53 - PDF - 71.9 ko

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