L’avenir de la santé

L’avenir de la santé

Petit déjeuner conférence avec Etienne Caniard

mercredi 9 mars à 8h30 à la Maison de l’Europe de Paris

Ce quatrième petit déjeuner de la Fonda du 9 mars 2011 était organisé dans le cadre de l’exercice de prospective « Faire ensemble 2020 ? » sur le thème de l’avenir de la santé.

Etienne Caniard, président de la Mutualité Française indique qu’il traitera ce sujet en quatre points principaux :

1) Le défi sécuritaire : ce défi qui prend une très (trop ?) grande place aujourd’hui influe sur la manière de répondre à la demande médicale et sur les coûts. Si l’on prend l’exemple des médicaments, on constate que le problème de l’autorisation de mise sur le marché n’est pas vraiment posé. Il faudrait qu’elle traduise un réel progrès thérapeutique du médicament par rapport à ce qui existe déjà. La plupart du temps le rapport bénéfice/risques montre seulement que le bénéfice du nouveau médicament est supérieur aux risques. D’où l’incapacité d’avoir un signal sur ce risque. La seule indication obligatoire publique concerne le remboursement par la sécurité sociale, et non les risques. 95% des produits mis sur le marché n’apportent pas d’amélioration médicamenteuse, la seule obligation étant de demander un prix inférieur aux autres médicaments du même type. On risque de faire de la sécurité sans discernement suite au problème Médiator alors que pour certaines pathologies graves il faut prendre certains risques connus avec l’innovation nécessaire.

2) Le défi de l’hôpital : le progrès médical permet de ne garder que 10% des patients à l’hôpital, les autres pouvant théoriquement être traités en chirurgie ambulatoire. Les infections nosocomiales contractées à l’hôpital font 10.000 victimes par an. Le développement de la chirurgie ambulatoire est traité de manière administrative avec trois systèmes de financement sur les 30 dernières années : prix de journée avec la prééminence de l’accueil à l’hôpital, mais ce système est inflationniste, puis budget global dans une logique de mission, et enfin tarification par activités ce qui accentue les problèmes entre la haute technologie qui se concentre à l’hôpital et sa mission sociale Bref, il n’y a pas de véritable vision qu’il faudrait pourtant avoir face à la croissance rapide du vieillissement/dépendance.

3) Progrès médical : il est inquiétant de voir que le décalage entre l’amélioration des diagnostics et l’amélioration des thérapeutiques provoque des demandes irrationnelles de soins. Un autre défi plus social est celui lié au développement des moyens d’intervention préventifs qui aggrave le problème de l’inégalité face à la santé, la prévention étant naturellement plus facile à intégrer chez les riches que chez les pauvres. De même le passage de la médecine curative à la médecine préventive accroit-il cette inégalité, les riches ayant les moyens de savoir, et de payer. Il faut socialiser la médecine et non médicaliser les problèmes sociaux.

4) Le développement de la dépendance : il y a des tests très simples pour déceler les risques de fragilité gérables ; on gagne quelques mois et finalement compte tenu du nombre, cela peut avoir des effets considérables. La prévention n’est pas facteur d’économies mais de meilleure santé. Le partage du financement de cette prévention entre les acteurs est inquiétant car les organismes complémentaires, pour baisser les coûts, sélectionnent les risques (on ne prend que des jeunes...). L’enjeu majeur à relever est que le problème de la dépendance nécessite un travail sur le terrain avec des acteurs formés…

Bruno Coste, directeur de l’Uriopss Ile-de-France, souligne que la chirurgie ambulatoire est en cours de développement en Ile-de-France grâce à l’ARS. Le rôle des médecins libéraux, celui des aidants et des associations d’usagers n’a pas été évoqué. Le secteur associatif étant un lieu de débat collectif : comment travailler sur ce sujet et comment améliorer la coordination des acteurs, aujourd’hui très mauvaise ?

Parmi les questions on souligne le rôle de la mutualisation, économie et non réduction de moyens pour une efficacité supérieure, ce qui permettrait le développement des mutuelles. Mais par ailleurs on constate avec regret que leur horizon se bloque : imposition de leurs résultats, coût de la mise en œuvre des modes de gestion des risques, harmonisation des tarifs des hôpitaux en 2018… On demande aussi quelle est l’influence de la judiciarisation sur les problèmes de sécurité, avec une vision sur l’Europe et le Monde. On remarque enfin la forte liaison entre le soutien extérieur et le soutien familial, ce dernier étant facilité par l’existence du premier, alors que si le premier n’existe pas le second se manifeste plus difficilement.
En conclusion on affirme qu’il faut accepter la complexité des problèmes et non la rejeter car ceci permet de comprendre et d’agir.

Jacques Remond
9 mars 2011

Documents joints à cet article
Synthèse du 9.03.2011 - PDF - 535.1 ko

Partager cet article

Un message, un commentaire ?
Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?