Flux migratoires et ancrage local
Publié par L’équipe Fonda le 21 juillet 2016

Flux migratoires et ancrage local

par Jean-Pierre Worms, sociologue, administrateur de la Fonda. Paru dans La tribune fonda n° 223 - septembre 2014

L’immigration, une question inscrite dans un contexte anxiogène

Au premier plan des facteurs anxiogènes de la crise actuelle on doit placer la fragilisation des repères que l’individu utilise, à la fois pour définir son identité personnelle et sociale et pour construire ses projets.

Ces repères, il les trouve dans son environnement personnel immédiat, et notamment dans ses appartenances familiales, sociales, culturelles, territoriales. Pour savoir qui il est et ce qu’il va devenir et pouvoir faire demain, il lui faut savoir d’où il vient (ses diverses « appartenances ») mais aussi où il va, dans quel cadre professionnel, social, institutionnel et culturel il se situera, et surtout avec quel entourage humain il devra vivre et agir demain, quelles sont les ressources dont il disposera dans cet environnement futur et les contraintes qu’il y devra maîtriser. Son inquiétude naît de l’extrême difficulté à cerner cet avenir, de l’importance des incertitudes et du sentiment de totale impuissance à leur endroit.

Cette fragilisation des repères personnels s’inscrit en outre dans une fragilisation plus générale des éléments de sécurité et de stabilité que les citoyens peuvent espérer trouver dans leur environnement social, économique, culturel et institutionnel plus global, tant au niveau local que national et mondial :

– impuissance des frontières et instances politiques nationales ou européennes, et davantage encore des organisations internationales, à contenir, contrôler ou simplement orienter les bouleversements en cours et les violences dont ils sont porteurs ;

– rapidité des innovations technologiques et de leur diffusion mondiale, entraînant une nouvelle fluidité des échanges d’informations et d’idées, avec d’importantes conséquences positives en termes de créativité culturelle et sociale, comme de mobilisations civiques et démocratiques ; mais également négatives, avec la montée et la contamination virale à l’échelle planétaire de nouvelles barbaries, hors des cadres géopolitiques institutionnels et idéologiques dont on disposait antérieurement pour espérer les maîtriser ou du moins y prétendre ;

– mondialisation des flux financiers et des investissements économiques, avec la montée cumulative des dettes et des bulles financières ainsi que l’accroissement démesuré des écarts de fortune entre les très riches et un nombre croissant de très pauvres, de plus en plus rejetés hors de toute humanité partagée ;

– épuisement des ressources naturelles, accumulation des déchets, dégradation accélérée de l’environnement, de la biodiversité, de la qualité de l’eau et de l’air, réchauffement de la planète...

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