Publié par Francine Evrard le 30 septembre 2015

Fiche de lecture / Thomas Piketty, "Le Capital au XXIe siècle"

Le Capital au XXIe siècle de Thomas Piketty est un diagnostic du capitalisme, dont les inégalités sont le péché originel. La volonté de l’auteur est de contribuer à faire reculer les inégalités. Pour cela il pose un regard lucide sur les contradictions du capitalisme en appuyant son analyse sur des données rassemblées par une trentaine de chercheurs couvrant trois siècles et une vingtaine de pays. Mais au-delà de cette analyse, il veut être force de propositions pour penser un État social, soucieux de faire reculer les inégalités.

La répartition des richesses est l’une des questions les plus vives et les plus débattues aujourd’hui. Des moyens existent pour que la démocratie et I’intérêt général parviennent à reprendre le contrôle du capitalisme et des intérêts privés tout en repoussant les replis protectionnistes et nationalistes.
Ce livre tente de faire des propositions en ce sens, en s’appuyant sur les leçons de ces expériences historiques dont le récit forme la trame principale de l’ouvrage.
Ce livre, je crois, est autant un livre d’histoire que d’économie.

L’auteur veut analyser les causes de l’augmentation ou diminution des inégalités.

Depuis les années 1970, les inégalités sont fortement reparties à la hausse dans les pays riches notamment aux États-unis, où la concentration des revenus a retrouvé dans les années 2000-2010 voire légèrement dépassé le niveau record des années 1910-1920 : il est donc essentiel de bien comprendre pourquoi et comment les inégalités avaient diminué la première fois.

Pour cela, il veut sortir d’un déterminisme qui prend comme argent comptant l’idée que la croissance s’équilibre tout naturellement par elle-même.

Le monde de 2050 ou de 2100 sera-t-il possédé par les traders ou les super cadres détenteurs de patrimoines importants, ou bien par les Pays pétroliers, ou encore par la Banque de Chine, à moins que ce ne soit par des paradis fiscaux abritant d’une manière ou d’une autre l’ensemble de ces acteurs ? Il serait absurde de ne pas se poser la question et de supposer par principe que la croissance est naturellement « équilibrée » à long terme. Il faut se méfier de tout déterminisme économique : l’histoire de la répartition des richesses est toujours une histoire profondément politique et ne saurait se résumer à des mécanismes purement économiques. En particulier, la réduction des inégalités observée dans les pays développés entre les années 1900-1910 et les années 1950-1960 est avant tout le produit des guerres et des politiques publiques mises en place à la suite de ces chocs. De même la remontée des inégalités depuis les années 1970-1980 doit beaucoup aux retournements politiques des dernières décennies, notamment en matière fiscale et financière. L’histoire des inégalités dépend des représentations que se font les acteurs économiques, politiques, sociaux, de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas, des rapports de force entre ces acteurs, et des choix collectifs qui en découlent ; elle est ce qu’en font tous les acteurs concernés.

La seconde conclusion, qui constitue le cœur de ce livre, est que la dynamique de la répartition des richesses met en jeu de puissants mécanismes poussant alternativement dans le sens de la convergence et de la divergence, et qu’il n’existe aucun processus naturel et spontané permettant d’éviter que les tendances déstabilisatrices et inégalitaire I’emportent durablement.

L’ensemble des constats de Piketty s’appuie sur le site World Top Income Database (WTID) (http://topincomes.g-mond.parisschoolofeconomics.eu/) qui est une base de données sur les inégalités des hauts revenus. Il est géré par Facundo Alvaredo, Tony Atkinson, Thomas Piketty et Emmanuel Saez en partenariat avec des dizaines de chercheurs du monde entier.

Au final la World Top Incomes Database (WTID) issue du travail combiné d’une trentaine de chercheurs de par le monde, constitue la plus vaste base de données historiques disponible à ce jour sur l’évolution des inégalités de revenus, et correspond au premier ensemble de sources mobilisé dans ce Iivre.

Pour rappel, le revenu se compose des revenus du travail et de ceux du capital. Les 10% les plus riches (en Europe) bénéficient de 25% des revenus du travail et 50% des revenus au total si l’on prend également en compte ceux du capital.

Rappelons en effet que le revenu comprend toujours deux composantes : les revenus du travail (salaires, traitements, primes, bonus, revenus du travail salarié, etc., et autres revenus rémunérant le travail, quelle que soit leur forme juridique précise), les revenus du capital (loyers, dividendes, intérêts, bénéfices, plus-values et autres revenus obtenus du simple fait de détention d’un capital terrien, immobilier, financier, industriel etc., quelle que soit là aussi leur forme légale).

L’inégalité patrimoniale est la principale menace dans la répartition des richesses.

Aujourd’hui comme hier, les inégalités patrimoniales sont à titre principal des inégalités à l’intérieur de chaque groupe d’âge, et nous verrons que l’héritage n’est pas loin de retrouver en ce début de XXIe siècle l’importance qu’il avait à I’époque du père Goriot. Sur longue période, la force principale poussant véritablement vers l’égalisation des conditions est la diffusion des connaissances et des qualifications.
Ces forces de divergence sont le suivantes : il s’agit d’une part du processus de décrochage des plus hautes rémunérations, dont nous allons voir qu’il peut être très massif, même s’il reste à ce jour relativement localisé ; il s’agit d’autre part et surtout d’un ensemble de forces de divergence liées au processus d’accumulation et de concentration des patrimoines dans un monde caractérisé par une croissance faible et un rendement élevé du capital. Ce second processus est potentiellement plus déstabilisant que le premier et constitue sans doute la principale menace pour la dynamique de la répartition des richesses à très long terme.

La seconde partie du livre est centrée sur un certain nombre de propositions. Car Piketty veut contribuer à penser un autre mode d’organisation sociale.

Ce qui m’intéresse, c’est de tenter de contribuer, modestement, à déterminer les modes d’organisation sociale , les institutions et les politiques publiques les plus appropriés permettant de mettre en place réellement et efficacement une société juste, tout cela dans le cadre d’un État de droit dont les règles sont connues à l’avance et peuvent être démocratiquement débattues.

Des propositions sont formulées sur la politique à suivre en matière d’éducation car le recul des inégalités passe nécessairement par la diffusion du savoir et des connaissances. Pour preuve, l’exemple de la Chine dont le développement se fait grâce à la montée en compétences de la population. Production et connaissance sont exactement proportionnelles.

La principale force de convergence est le processus de diffusion des connaissances et d’investissements dans les qualifications et la formation. Le jeu de I’offre et de la demande ainsi que la mobilité du capital et du travail, qui en constitue une variante, peuvent également œuvrer en ce sens, mais de façon moins forte, et souvent de façon ambiguë et contradictoire. Le processus de diffusion des connaissances et des compétences est le mécanisme central qui permet à la fois la croissance générale de la productivité et la réduction des inégalités, à l’intérieur des pays comme au niveau international, comme l’illustre le rattrapage actuel des pays riches par une bonne partie des pays pauvres et émergents, à commencer par la Chine. C’est en adoptant les modes de production et en atteignant les niveaux de qualification des pays riches que les pays moins développés rattrapent leur retard de productivité et font progresser leurs revenus. Ce processus de convergence technologique peut être favorisé par l’ouverture commerciale, mais il s’agit fondamentalement d’un processus de diffusion des connaissances et de partage du savoir – bien public par excellence - et non, d’un mécanisme de marché.

Il faut donc investir sur la formation via une politique volontariste en matière d’éducation

L’absence d’investissement adéquat dans la formation peut empêcher des groupes sociaux entiers de bénéficier de la croissance, ou même peut les conduire à se faire déclasser par de nouveaux venus, comme le montre parfois le rattrapage international actuellement à l’œuvre (les ouvriers chinois prennent la place des ouvriers américains et français et ainsi de suite). Autrement dit, la principale force de convergence –la diffusion des connaissances – n’est qu’en partie naturelle et spontanée : elle dépend aussi pour une large part des politiques suivies en matière d‘éducation et d’accès à la formation et à des qualifications adaptées, et des institutions mises en place dans ce domaine.

L’égalité des chances dans l’accès à l’enseignement supérieur devient alors un objectif central.

Il n’existe pas de façon simple d’atteindre une réelle égalité des chances dans
l’enseignement supérieur. Il s’agit d’un enjeu central pour l’État social au XXIe siècle, et le système idéal reste à inventer. Les droits d’inscription élevés créent une inacceptable inégalité d’accès, mais ils apportent une autonomie, une prospérité et un dynamisme qui font l’attractivité des universités américaines de par le monde. Dans l’absolu, il est possible de concilier les avantages de la décentralisation avec ceux de I’égalité d’accès, en apportant aux universités un financement public élevé et incitatif. C’est d’une certaine façon ce que font les systèmes publics d’assurance-maladie : on s’appuie sur une certaine autonomie des producteurs (les médecins, les hôpitaux) tout en prenant en charge collectivement le coût des soins de façon que tous les patients puissent y accéder. On peut faire la même chose avec les universités et les étudiants. Les universités des pays nordiques suivent une stratégie de cet ordre. Cela nécessite certes des financements publics importants, qui ne sont pas faciles à mobiliser dans le contexte actuel de consolidation de l’État social. Une telle stratégie est toutefois beaucoup plus satisfaisante que les autres systèmes expérimentés récemment, qu’il s’agisse des droits d’inscription variant avec le niveau de revenu des parents, ou des emprunts remboursables sous forme de supplément d’impôt sur le revenu.

Le poids de l’État dans la crise actuelle est tel qu’il conduit à sa remise en cause ; Piketty imagine alors un « État social » dont les politiques et institutions publiques permettraient de réguler la richesse car

en ce début du XXIe siècle, certaines inégalités patrimoniales que l’on croyait révolues semblent en passe de retrouver leurs sommets historiques, voire de les dépasser, dans le cadre de la nouvelle économie-monde, porteuse d’immenses espoirs (la fin de la pauvreté) et de déséquilibres qui le sont tout autant (des individus aussi riches que des pays).

Cette remise en cause du poids de l’État allant de pair avec la remise en cause du marché, renvoie dos à dos les idéologies anti-marché et anti-Etat.

La question du « retour de l’État » ne se pose pas du tout de la même façon dans les années 2010 que dans les années 1930, pour une raison simple : le poids de l’État est beaucoup plus lourd aujourd’hui qu’il ne l’était à l’époque, et il est même dans une large mesure plus lourd qu’il ne l’a jamais été. C’est pourquoi la crise actuelle se traduit à la fois par une mise en accusation des marchés et une remise en cause du poids et du rôle de la puissance publique. Cette seconde remise en cause n’a pas cessé depuis les années 1970-1980, et elle ne cessera jamais ; à partir du moment où la puissance publique joue dans la vie économique et sociale le rôle central qu’elle a acquis dans les décennies de l’après-guerre, il est normal et légitime que ce rôle soit en permanence débattu et remis en question.
Les deux points de vue, anti-marché et anti-Etat, ont chacun leur part de vérité : il faut tout à la fois inventer de nouveaux outils permettant de reprendre le contrôle d’un capitalisme financier devenu fou, et rénover et moderniser en permanence les systèmes de prélèvements et de dépenses qui sont au cœur de l’État social moderne, et qui ont atteint un degré de complexité qui menace parfois gravement leur intelligibilité et leur efficacité sociale et économique.
Cette double tâche peut sembler insurmontable, et elle constitue de fait un défi immense pour nos sociétés démocratiques dans le siècle qui s’ouvre. Mais elle est nécessaire et même incontournable : il est impossible de convaincre une majorité de citoyens qu’il faut créer de nouveaux outils publics (de surcroît à l’échelon supranational) si l’on ne démontre pas dans le même temps que les outils déjà en place fonctionnent correctement.

Dans cet État social la proposition centrale – que Piketty qualifie d’utopie – est celle d’un impôt mondial progressif sur le capital qui taxerait les gros patrimoines dont le poids est aujourd’hui bien souvent transnational.
Ce type d’impôt obligerait les États à plus de transparence financière sur les patrimoines en particulier, sur les flux passant par les paradis fiscaux et ainsi chaque État aurait une visibilité claire des patrimoines implantés sur son territoire. Cette transparence financière est considérée comme nécessaire par Piketty pour qu’il y ait réellement une démocratie. Avant de l’appliquer au plan mondial, Piketty suggère de commencer par l’Europe voire quelques pays d’Europe.
L’autre avantage d’un tel impôt serait pour les États de mieux maitriser les crises financières. Selon Piketty cet impôt rapporterait pour l’Europe 2% du PIB. Et permettrait à L’Europe de se relancer.

Ainsi que nous l’avons déjà noté, l’institution idéale permettant d’éviter une spirale inégalitaire sans fin et de reprendre le contrôle de la dynamique en cours serait un impôt mondial et progressif sur le capital. Un tel outil aurait en outre le mérite de produire de la transparence démocratique et financière sur les patrimoines ce qui est une condition pour une régulation efficace du système bancaire et des flux financiers internationaux. L’impôt sur le capital permettrait de faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts privés, tout en préservant l’ouverture économique et les forces de la concurrence. Dans sa forme véritablement mondiale, l’impôt sur le capital est sans doute une utopie. À défaut, une telle solution peut toutefois être appliquée avec profit à une échelle régionale ou continentale et en particulier européenne en commençant par les pays qui le souhaitent. Mais avant d’en arriver là il nous faut tout d’abord replacer cette question de l’impôt sur le capital (qui ne sera jamais qu’un des éléments d’un système fiscal et social idéal) dans un contexte beaucoup plus large, celui du rôle de la puissance publique dans la production et la répartition des richesses, et de la construction d’un État social adapté au XXIe siècle.

Le rôle principal de l’impôt sur le capital n’est pas de financer l’État social mais de réguler le capitalisme. Il s’agit d’une part d’éviter une spirale inégalitaire sans fin et une divergence sans limite des inégalités patrimoniales. Et d’autre part de permettre une régulation efficace des crises financières et bancaires. Mais avant de pouvoir remplir ce double rôle, l’impôt sur le capital doit tout d’abord permettre d’atteindre un objectif de transparence démocratique et financière sur les patrimoines et les actifs détenus par les uns et les autres à l’échelle internationale.

En plus de l’éducation, l’État-social devra faire face à trois autres sujets brûlants : la dette publique – les retraites – l’environnement.

1. La retraite est un patrimoine pour ceux qui n’en ont pas :

La mise en place d’un régime unique de retraites fondé sur des comptes individuels, permettant à chacun d’acquérir les mêmes droits, quelle que soit la complexité de sa trajectoire professionnelle, fait partie des réformes les plus importantes auxquelles l’État social a à faire face au XXIe siècle. Un tel système permettrait à chacun de mieux anticiper ce qu’il peut attendre de la retraite par répartition, et donc aussi de mieux organiser ses choix d’épargne et d’accumulation patrimoniales, qui dans un monde de croissance faible jouera nécessairement un rôle important, au côté du système par répartition. La retraite est le patrimoine de ceux qui n’ont pas de patrimoine, dit-on souvent. C’est exact, mais cela ne dispense pas d’essayer de faire que I’accumulation patrimoniale puisse également concerner les plus modestes.

2. La dette publique est une question de répartition des richesses :

Avec une dette publique avoisinant une année de revenu national (environ 90 % du PIB) en moyenne dans les pays riches le monde développé se retrouve aujourd’hui avec un niveau d’endettement qu’il n’avait pas connu depuis 1945. Le monde émergent, qui est pourtant plus pauvre que le monde riche, à la fois en revenu et en capital, a une dette publique beaucoup plus modérée (autour de 30% du PIB en moyenne). Cela montre à quel point la question de la dette publique est une question de répartition de la richesse. Le monde riche est riche ; ce sont ses États qui sont pauvres. Le cas le plus extrême est celui de l’Europe, qui est à la fois le continent où les patrimoines privés sont les plus élevés du monde et celui qui a le plus de mal à résoudre sa crise de la dette publique. Etrange paradoxe.

3. L’environnement : éviter que notre capital naturel ne se dégrade :

En pratique, on entend de plus en plus souvent évoquer dans le débat public, notamment en Europe mais également en Chine ou aux États-Unis, la nécessité de lancer une grande vague d’investissements visant à découvrir de nouvelles technologies non polluantes et des formes d’énergie renouvelables suffisamment abondantes pour se passer d’hydrocarbures. Ce débat sur la « relance écologique » est particulièrement présent sur la scène européenne, car on y voit une façon possible de sortir du marasme économique actuel. Cette stratégie est d’autant plus tentante que le taux d’intérêt auquel nombre d’États empruntent est actuellement extrêmement faible. Si les investisseurs privés ne savent pas comment dépenser et investir, alors pourquoi la puissance publique devrait-elle se priver d’investir pour l’avenir, et d’éviter ainsi une dégradation probable du capital naturel ? Il s’agit de l’un des principaux débats de l’avenir. Plutôt que de s’inquiéter de la dette publique (qui est très inferieure aux patrimoines privés, et qui dans le fond, peut être supprimée assez facilement) il serait plus urgent de se soucier d’augmenter notre capital éducatif et d’éviter que notre capital naturel ne se dégrade. Il s’agit d’une question autrement plus sérieuse et ardue, car il ne suffit pas d’un trait de plume (ou d’un impôt sur le capital, ce qui revient au même) pour faire disparaître l’effet de serre. En pratique, I’interrogation centrale est la suivante. Supposons que Stern ait approximativement raison et qu’il soit justifié de dépenser chaque année l’équivalent de 5 % du PIB mondial pour éviter la catastrophe. Est-on bien sûr que l’on sache quels investissements réaliser, et comment les organiser ? S’il s’agit d’investissements publics, il est important de comprendre qu’il s’agit de masses considérables, beaucoup plus par exemple que tous les investissements publics actuellement réalisés dans les pays riches.
S’il s’agit d’investissements privés, il faut préciser les modalités de financement public et la nature des droits de propriété sur les technologies et brevets qui en résulteront. Faut-il par ailleurs tout miser sur la recherche de pointe, afin de faire des progrès rapides sur les énergies renouvelables, ou bien faut-il nous imposer immédiatement de très fortes réductions de consommation d’hydrocarbures ?

Source : Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle, Le Seuil

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