Développement territorial et collectif d’associations
Publié par L’équipe Fonda le 20 août 2013

Développement territorial et collectif d’associations

Expérimentation / entretiens menés par Gabriel d’Elloy, chargé de mission à la Fonda

paru dans La tribune fonda n° 206, décembre 2010

(Article à télécharger en fin de page)

La montée en puissance du Collectif d’associations à Reims

L’émergence d’une dynamique collective à la mesure du territoire
à Reims, depuis plus de trois ans maintenant, les associations les plus engagées sur les quartiers Wilson, Sainte-Anne, Maison Blanche et Porte de Paris, se sont retrouvées au sein d’un collectif pour mieux se connaître, partager les pratiques, proposer des actions communes. Même si toutes les associations ne montrent pas la même assiduité, ce collectif perdure et constitue un soutien important pour l’équipe professionnelle sur le plan des propositions et réflexions.

Au-delà d’éléments de diagnostic du territoire, le collectif a trouvé, dans les orientations de la Maison de quartier Wilson/Sainte-Anne, l’armature d’un véritable projet de quartier qui, dans sa transversalité, pouvait permettre de conjuguer les finalités et objectifs des associations dans leur diversité : un projet qui permettait de dépasser les logiques traditionnelles par équipement ou service, par population (enfance, personne âgée…) ou par secteur (sport, culture...), logiques de cloisonnement, voire de concurrence entre des opérateurs ou acteurs de terrain qui travaillent trop souvent chacun de leur côté.

Ce projet transversal repose sur quatre principes :
► une logique de territoire qui, pour accorder une priorité à certains territoires (ex. : quartier d’habitat social ou espace urbain enclavé), s’efforce de créer des liens entre les quartiers et les différents espaces du territoire, cultivant également des relations avec les quartiers avoisinants et, plus largement, avec la ville ;
► un projet pour l’ensemble de la population qui, pour conduire des interventions renforcées, voire spécialisées, en direction des populations « fragiles » ou « en difficulté », privilégie tout ce qui peut contribuer au vivre ensemble, faire se rencontrer les populations, les générations et les familles dans leur diversité ;
► un projet d’animation globale qui, pour s’attacher à des projets et à des actions particulières, voire sectorielles, évite de segmenter, de s’enfermer dans le social, le culturel ou l’éducatif, là où la vie des personnes et des groupes ne se « saucissonne » pas ;
► des intervenants sociaux, professionnels ou bénévoles, soucieux d’une « logique ascendante » qui part des attentes, des demandes, des initiatives, des ressources et des capacités des habitants, qui questionne sans nécessairement les refuser les logiques d’assistance à des bénéficiaires, de prestation de service à des usagers ou de service marchand à des clients.

Un saut qualitatif et quantitatif

Au cours du second trimestre 2007, une dizaine d’associations du collectif, sous l’impulsion du président de l’une d’elles, se donne un projet, des orientations et un cadre de travail commun, non sans s’être accordées au préalable sur des éléments de diagnostic du territoire : un bref échange sur les éléments de diagnostic et de projet fournis principalement par la Maison de quartier permet d’éprouver leur pertinence et de les compléter quelque peu.

En effet, elles prennent conscience qu’elles ne peuvent continuer à travailler collectivement sans :
– s’accorder sur les grandes caractéristiques du secteur de Wilson, Sainte-Anne, Lallement et Porte de Paris et de sa population : composition sociale et démographique, spécificités urbaines, handicaps et atouts du territoire dans la ville ;
– s’entendre sur des orientations qui constituent l’armature d’un projet global partagé et cohérent avec le diagnostic.

Or, à Reims, les acteurs locaux comme les politiques ne disposent pas d’éléments de diagnostic qui leur permettent d’appréhender les quartiers : les données disponibles sont rares, éparses ou dépassées. Il est important de mettre les données existantes à la disposition des responsables d’associations et de s’appuyer sur leur connaissance et leurs pratiques concrètes du quartier pour compléter le diagnostic. C’est ainsi que les associations valident des éléments de diagnostic, première approche de leur environnement, à défaut d’un observatoire rémois des quartiers demandé aux élus.

Conscientes que le Collectif pouvait être le moyen de conjuguer leurs forces et leurs énergies, de coordonner et de mutualiser éventuellement des ressources afin de mieux répondre aux attentes et aux besoins qui s’expriment sur le territoire considéré, plusieurs autres associations rejoignent le collectif, constituant un second cercle de membres, moins présents aux réunions, et davantage demandeurs d’informations que d’actions communes. Le Collectif regroupe alors – sur le papier du moins – plus d’une vingtaine d’associations, ayant leur siège social sur le territoire ou y intervenant.

À l’automne 2007, dans la foulée de son double développement qualitatif et quantitatif, le collectif décide de mieux s’organiser : il arrête un cadre et des modalités de travail. Les charges de travail de la plupart des responsables bénévoles (majoritaires) ou salariés conduisent à adopter un dispositif de fonctionnement léger et efficace.

Représentation des associations
Le Collectif ne choisit pas, pour le moment du moins, de prendre une forme associative. Cependant, pour une continuité du travail, les associations qui participent régulièrement aux réunions du collectif désignent la personne qui assume la fonction de représentation et prévoient un(e) suppléant(e).

Orientations du collectif
– Valoriser et rendre plus lisibles les projets et actions des associations du quartier, dans un double effort de connaissance réciproque et de communication vers l’extérieur.
– Catalyser de possibles actions conjointes, des économies et des mutualisations de moyens, favoriser l’entraide et les solidarités, l’échange et le partage de savoir-faire…
– Favoriser toute création d’association ou groupe répondant à de nouveaux besoins ou attentes des habitants.
– Se situer collectivement par rapport à des enjeux globaux du quartier, non seulement pour le social, le culturel et le loisir, mais aussi pour le cadre de vie et l’environnement, l’urbanisme et le l’habitat, l’identité plurielle et l’image du quartier, l’initiative citoyenne.

Méthodes de travail et principes d’action
– La circulation de l’information entre les associations, avec la Maison de quartier et les institutions. Pour éviter que les réunions soient submergées par l’abondance des informations (ex. : actualité de la Maison de quartier), chacun fait l’effort de préparer, chaque fois que cela est possible, un support écrit qui, adressé à tous avant la réunion, permet de gagner du temps et de passer à l’échange et au débat.
– Une réunion de travail mensuelle, courte (1h 30), avec un ordre du jour et un compte-rendu. Le fonctionnement est collégial et les projets et actions communes peuvent être soutenus par la totalité ou une partie des associations.
– Des travaux par commissions ou groupes d’associations sur tâche ou projet.
– Un groupe d’animation du collectif élu pour l’année, garant notamment de l’ordre du jour, des documents à diffuser en fonction de cet ordre du jour, du compte-rendu, du lien avec la Maison de quartier.

Thèmes de travail
Chaque année, le Collectif décide d’identifier des centres d’intérêt et des champs d’intervention dont les associations et leurs bénévoles peuvent se saisir, avec la perspective de rechercher des financements sur action et de voir, à chaque fois, quel pourrait être le soutien de professionnels. Par exemple, en 2007 :
– espaces d’animation et espaces de jeu sur le grand quartier, à l’heure du Plu : notamment rénovation de Claudel, dispositif d’animation sur Maison Blanche, terrains de jeu sur Wilson… ;
– maison de quartier : agencement, fonctionnement et utilisateurs du futur équipement, conseil d’orientation, transition pendant travaux… ;
– connaissance réciproque entre associations.

Interrogations autour d’un nouveau type d’intervention

Une animation globale et un développement social concerté d’un grand quartier soulèvent d’emblée plusieurs interrogations :

– Quel territoire de référence retenir ?
Le territoire de référence des associations du collectif correspond à celui qui est retenu, à l’époque, par la municipalité, pour le conseil de quartier n° 6. Il pouvait être considéré aussi comme le territoire desservi par la Maison de quartier Wilson–Sainte-Anne. L’enjeu était d’harmoniser les approches politiques et administratives (conseil de quartier) avec celles du bassin de vie et de services (maison de quartier, associations).

– Quelle implication des citoyens soutenir ?
Le développement des services et leur professionnalisation, l’instrumentalisation des associations et du bénévolat encouragent des comportements de consommation ou d’assistance, au détriment de l’implication des citoyens et de la solidarité. Le fonctionnement de nombreux équipements socioculturels ou même de certaines associations illustrent cette dérive. à cela s’ajoutent, une raréfaction des bénévoles et une évolution des modes d’engagement qui fragilisent nombre d’associations : elles sont alors en difficulté pour évaluer leur projet, faire évoluer leurs objectifs et leurs actions, former leurs responsables.

– Quelle mixité sociale promouvoir ?
Le déficit évident de vie et de mixité sociale de certains territoires et le repli de certaines populations sur elles-mêmes ne peuvent se traiter uniquement avec des professionnels ; la rénovation urbaine et plus largement l’animation sociale de la ville et de ses quartiers passent aussi par des réponses à inventer avec les acteurs de la société civile et principalement avec les associations et le bénévolat.

– Quelle conjugaison des ressources encourager ?
à l’heure où il faudrait conjuguer et mutualiser les ressources des structures, des institutions et des associations, la dispersion et l’éclatement des actions et des initiatives salariées et bénévoles est une perte d’énergie scandaleuse, d’autant que les problèmes que connaissent les populations et les quartiers nécessitent des approches concertées.

Consolidation de la dynamique
Autour d’un premier cercle d’associations très engagées dans le fonctionnement du collectif, il existe un second cercle d’associations moins disponibles et qui ne participent pas régulièrement aux réunions. Au-delà des associations sont venus se greffer des groupes de personnes motivées par la création d’une activité (club de football) ou d’un projet (Wilson, d’hier et d’aujourd’hui). Par ailleurs, deux collectifs ont vu le jour (vie de quartier et famille).

Des actions permettant la mutualisation de moyens ont été mises en place (comme par exemple la mise à contribution des moyens dédiés à la fête de quartier Wilson pour soutenir celle de la rue du Chanoine Lallement). Alors que certaines associations disparaissaient, d’autres se trouvent renforcées et d’autres encore se créent.
L’opération de renouvellement urbain du quartier Wilson a constitué un excellent support pour mener un travail entre les associations. Cependant, sans une réelle volonté de modifier l’image et la place de la structure d’animation qu’est la Maison de quartier, la dynamique n’aurait pas vu le jour.

Analyse de la dynamique collective

Motifs de départ
En 2004, le potentiel associatif local était très affaibli et surtout cloisonné, chacun fonctionnant de manière isolée. La population du quartier n’était que fort peu représentée par ces quelques associations. Les rapports avec les structures (Mjc et Centre social de l’époque) étaient sinon conflictuels, pour le moins distants et « utilitaristes ».

À plusieurs reprises, la toute nouvelle Maison de quartier a tenté d’organiser des rencontres visant à rétablir un dialogue et un partenariat effectif. Dès les premières rencontres, d’une part, les critiques qui portaient sur les relations passées avec le Centre social et les deux Mjc furent sans appel ; d’autre part, les quelques associations présentes se découvraient parfois pour la première fois et restaient sur leurs gardes quant à l’objectif de ces rencontres.

Malgré ce climat de méfiance, la Maison de quartier a poursuivi sa démarche d’accompagnement et de soutien à l’activité associative. De fait, les expériences n’ont pas toujours été heureuses, mais pour l’essentiel, peu à peu, la confiance s’est installée.

Enjeux d’intérêt général

À ce jour, le bilan de cette action est positif dans la mesure où :
– la Maison de quartier Wilson s’insère dans un maillage associatif qui s’est enrichi quantitativement de quatre nouvelles associations et qualitativement, puisque la population y est mieux représentée et qu’on y trouve des projets culturels, sportifs, urbanistiques ou sociaux ;
– ce développement confère à la Maison de quartier une reconnaissance du travail mené qui bénéficie en retour aux activités (en termes de paix sociale, mais aussi d’image et de fréquentation).

Ces analyses sont confortées par une enquête menée auprès des associations, en 2009 et sur les conclusions de laquelle on reviendra.

Fonction incontournable des associations

L’implication de ce Collectif dans la vie de la Maison de quartier a été de plus en plus importante, en particulier en ce qui concerne le futur équipement et les aménagements sur le quartier Wilson. Ainsi, quatre membres du conseil d’orientation, par ailleurs responsables d’associations du quartier, participent au groupe de pilotage qui prépare, avec la ville, l’ouverture de l’équipement en question. Cet investissement des associations a permis, entre autre, d’agir sur l’aménagement intérieur, la dimension des salles et leur distribution. Sans cette contribution, nous sommes convaincus que les modifications n’auraient sans doute pas été réalisées.

Au fil des réunions du Collectif, la Maison de quartier et le projet de reconstruction d’un de ses espaces ont été portés par les professionnels de la Maison de quartier avec une partie des responsables associatifs du quartier, conscients qu’il y avait là un outil important pour la vie sociale, mais aussi pour un travail partenarial.

Une autre illustration de l’effet bénéfique de cette collaboration a été la création d’un conseil d’orientation de la Maison de quartier, au mois de mai 2009. Cette instance est prévue par les statuts de l’Association des maisons de quartier. Après trois années de constat de carence, des bénévoles de ces associations ont adhéré à la Maison de quartier en tant qu’habitants du quartier avec l’objectif de se porter candidat à cette instance ; d’autres y siègent comme représentants des associations partenaires. à ces derniers sont également venus se joindre quatre usagers des services et activités.

Dernier élément d’appréciation de ce travail, sans cette dynamique et cet accompagnement associatif, le tissu local n’aurait pas résisté au maelström qu’a représenté l’opération de renouvellement urbain. Le départ de milliers d’habitants des tours et immeubles qui ont été rasés n’a pas entraîné l’effondrement du maillage associatif, bien au contraire, et la Maison de quartier a été une cheville ouvrière importante de ce maintien.

Facteurs déclencheurs

Place et rôle de la Maison de quartier
Contribuer à l’essor de la vie associative était un des axes majeurs du projet de la Maison de quartier Wilson Sainte-Anne pour les années 2004/2008. En effet, les deux directeurs de la Maison de quartier estimèrent qu’à tout point de vue, le bon développement de ses missions, services et activités était tributaire d’un environnement associatif dynamique et qu’il était dans ses missions d’animation globale et de développement local de contribuer au développement de cet environnement.

Pendant quatre ans, la Maison de quartier et les professionnels qui la dirigeaient se sont attachés à renouer avec les différentes associations du territoire et soutenir leur activité, mais aussi accompagner le développement du tissu associatif local et valoriser tous les porteurs de projets collectifs.

Volonté de quelques responsables d’associations
L’émergence du Collectif a également bénéficié de l’impulsion de trois à quatre responsables d’associations, militants qui percevaient toute l’importance d’une dynamique de collaboration entre associations dans l’intérêt du territoire, de ses habitants et de ses associations elles-mêmes.

Relations avec les pouvoirs publics

Un peu partout en France, il est constaté que la participation réelle des associations aux politiques publiques est à la fois essentielle, pourtant elle ne fait pas l’objet d’une concertation suffisante avec les pouvoirs publics, qui soutiennent peu l’émergence et la consolidation d’une parole et d’une expertise des associations dans l’élaboration des politiques publiques, le suivi de leur mise en œuvre et leur évaluation.

La capacité à interroger une politique à l’échelon de la ville
En juillet 2007, le Collectif est conduit à s’intéresser au devenir de l’Association de gestion des maisons de quartier de Reims. L’assemblée générale de l’Association de gestion qui s’était tenue le 28 juin, dans la foulée d’un double audit demandé par la ville et la caisse d’allocations familiales de la Marne, confirmait les informations qui avaient été fournies au Collectif par les professionnels de la Maison de quartier et un des responsables d’association qui avait accepté de représenter la Maison de quartier au sein des instances de la dite Association de gestion (conseil d’administration, réunion de présidents). Il s’avérait que l’Association était face à un important problème d’équilibre budgétaire, problème « structurel » pour lequel les réponses ne pouvaient pas être seulement financières.

Après trois années, il était plus qu’urgent de mesurer les atouts et les échecs de la nouvelle organisation qui, deux années plus tôt, avait regroupé au forceps les centres sociaux et les MJC de Reims, au sein d’un même dispositif associatif et de gestion. Le Collectif a pris conscience que les conclusions des audits devaient être analysées, voire corrigées. Des propositions pouvaient être faites en matière d’évolution de l’organisation, en cohérence avec la conception du développement social et de l’animation du territoire autour de laquelle le Collectif s’était accordé. Localement, la mise en place du conseil d’orientation de la Maison de quartier Wilson–Sainte-Anne était urgente ; le Collectif pouvait en constituer le noyau dur, avec quelques représentants des usagers et des habitants.

À ces trois conditions, pouvait être envisagé un recadrage des missions d’une association centrale et de ce qui devait être nécessairement décentralisé ou déconcentré au plus près des réalités des territoires et des populations. Le Collectif des associations compte s’impliquer dans la révision des dispositions statutaires et de fonctionnement de l’Association des maisons de quartier de Reims. En effet, si les responsables de l’association approuvent une dynamique entre associations et Maison de quartier, il y n’y a pas pour autant de socle institutionnel qui lui confère une légitimité. La refonte des statuts de l’association constituerait un nouvel acte de reconnaissance du rôle et de la place des petites associations en son sein mais aussi sur les territoires.

La capacité à s’inscrire dans un dispositif de démocratie locale
L’arrivée d’une nouvelle municipalité à Reims a donné lieu à la réforme et la dynamisation d’un dispositif de conseils de quartier, jusqu’ici très formel et tout compte fait peu efficace aux yeux d’associations. Celles-ci déploraient qu’ils ne soient que le lieu d’une information descendante et, en aucun cas, un espace de consultation et de concertation entre les élus de la ville et la société civile.

à l’occasion de la refonte du dispositif, à l’automne 2008, les associations du Collectif se sont fortement engagées dans la mise en place des nouveaux conseils de quartier, organisant leur représentation au sein du collège associatif des deux conseils créés sur le territoire, proposant des thématiques prioritaires.

La ville de Reims ayant mis en place un groupe de pilotage pour préparer l’ouverture d’un équipement socioculturel de 3 000 m2 dans le cadre de la rénovation urbaine d’une partie du quartier, le Collectif n’a eu aucune difficulté à obtenir d’être représenté dans cette instance de concertation, la ville se réjouissant de trouver comme partenaire un dispositif informel de coordination de plus de vingt associations.

L’évaluation de la dynamique collective par les associations

En mai-juin 2009, après cinq années d’existence, le Collectif s’est livré à une évaluation de son fonctionnement, au regard des enjeux et des projets que chaque association souhaite partager avec d’autres associations et éventuellement d’autres institutions ou acteurs de terrain.

Intérêt d’une dynamique entre associations

À tout point de vue, il s’avère qu’une circulation de l’information entre les associations et le montage d’actions communes sont le moyen d’impliquer les associations dans l’animation locale et, plus largement, dans le développement du territoire. Ainsi, la Maison de quartier, elle-même opérateur privilégié de ce développement, est tributaire de ses relations de travail avec le réseau associatif pour définir et mettre en œuvre ses services et activités.

Les associations apprécient l’intérêt du Collectif en ces termes :
– « se rencontrer entre associations d’un même territoire » ;
– « se situer dans un tissu associatif et en lien avec maison de quartier » ;
– « découvrir et connaître mieux ce que font les autres associations » ;
– « partager analyses et priorités pour le territoire ».

Difficultés et handicaps à surmonter
Voici quelques éléments relevés dans les entretiens :
– concernant le territoire d’interventions : « le Collectif est de fait actuellement davantage tourné vers une partie du territoire, en l’occurrence Wilson–Sainte-Anne, que vers l’ensemble : le lien est tenu avec le quartier de Maison Blanche et il l’est encore davantage avec la Porte de Paris et Courlancy, l’existence de deux conseils de quartier différents ne contribuant pas à renforcer les liens » ;
– sur la construction du lien interassociatif : « chaque association reste ou repart chacune “ dans son coin “, des associations reconnaissent leur relative fermeture sur elles-mêmes », « faible connaissance de ce que représentent et font les autres associations, ex. : rare participation à leurs assemblées générales, difficulté à orienter vers une autre association que la sienne », « peu ou pas de mutualisation, de partenariat dans un contexte de rareté », « hétérogénéité des associations (objet, fonctionnement, moyens...) » ;
– sur les projets : « focalisation du Collectif sur futur équipement et maisons de quartier » ;
– sur l’animation du Collectif : « indisponibilité de plusieurs associations pour participer aux réunions », « animation pas assez collégiale (du type bureau ou collectif réduit) ».

Évolution des méthodes
À l’automne 2009 et au regard du bilan qui précède, le Collectif a décidé de revisiter et d’ajuster ses méthodes de travail autour de trois priorités. La très relative disponibilité des responsables associatifs absorbés par l’administration de leur propre association, est la contrainte principale dont il faut tenir compte.

Les associations ont ainsi formulé les exigences méthodologiques qu’elles s’imposent pour un fonctionnement efficace du Collectif :

► « faire du Collectif un véritable carrefour :
– des informations utiles entre associations : l’efficacité voudrait, vu le nombre des associations, que soit aussi utilisé l’écrit,
– une mutualisation des moyens, vu la raréfaction des ressources,
– de partage d’analyses et priorités dans l’intérêt général du quartier,
– un développement d’actions communes entre plusieurs associations,
– une cohérence de représentation : conseil quartier, maison quartier…,
– un développement de la vie associative : solidarité, aide mutuelle,
– un soutien des Maisons de quartier » ;

► « clarifier les relations avec la Maison de quartier et les conseils de quartier
(cette clarification vise au premier chef à repérer des complémentarités et à éviter, à tout prix, les doublons) :
– sept représentants du Collectif constituent le collège associatif d’un des deux conseils de quartier du territoire et deux sont membres du Collectif d’animation de ce conseil de quartier ; une autre association est représentée dans le second conseil,
– six représentants du Collectif participent au conseil d’orientation de la Maison de quartier et, au moins autant, sont membres actifs du collectif Vie de quartier, en charge des fêtes et animations du territoire » ;

► « améliorer les méthodes de travail et d’animation :
– un nombre limité de réunions : plénières tous les deux mois,
– une animation/préparation collégiale par un collectif restreint,
– des priorités communes d’action,
– des temps d’information réciproque, de débat et de décision,
– des collaborations ponctuelles entre deux ou trois associations ;
– une mise en place, autant que de besoin, de commissions, de groupes, de délégations de tâches ».

Fort de ces nouvelles règles de fonctionnement, le Collectif s’est donné trois priorités pour l’année 2009/2010.

► Amender le projet 2009-2013 de la Maison de quartier (oct./nov. 2009)
Ainsi étoffé et ajusté, le document pourra devenir la référence tant pour la Caf, la Ville et les autres financeurs, que pour les associations et les habitants. Cela pose aussi le problème d’une synthèse lisible de ce document copieux et technique. Ainsi, l’élaboration collective du projet de la maison de quartier aura été l’occasion de « remettre à plat » l’offre « petite enfance », la politique en direction des « jeunes », des « personnes âgées », et, plus largement, l’animation du territoire dans la diversité de ses quartiers, sachant que plusieurs membres du Collectif participent au conseil d’orientation en charge du suivi et de l’évaluation de sa mise en œuvre.

► Réussir l’ouverture du futur équipement (novembre/mars 2010)
Quatre membres du Collectif continueront de siéger au comité de pilotage qui suit la préparation de cette ouverture. Les associations seront invitées à s’impliquer dans la phase d’ouverture progressive de l’équipement.

► Suivre les évolutions urbaines du quartier (novembre 2009/juin 2010)
Le double objectif est de pouvoir réagir aux propositions de desserte (lignes et arrêts de bus, haltes ferroviaires), à l’heure du tramway, et de proposer des améliorations de la voirie, à échéance du conseil de quartier du 27 novembre, sans oublier d’autres dossiers : sécurisation et développement des pistes cyclables ; projet de rénovation Place Mozart ; déclassement de l’autoroute urbaine, construction du secteur de la Chaussée Saint-Martin.

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