Débat du vendredi : L’empathie pour agir - Yannick Blanc

Blog dédié à la 34e Rencontre Nationale du Crédit Coopératif
vendredi 31 octobre 2014
Débat du vendredi : L’empathie pour agir - Yannick Blanc

Cette semaine nous accueillons Yannick Blanc, président de la Fonda, qui participera à la table ronde animée par Isabelle Giordano. Il nous partage son opinion sur l’empathie pour agir.

Louis-Marie pour le blog du Crédit Coopératif de la rencontre nationale 2014, nous accueillons aujourd’hui Yannick Blanc, préfet de Vaucluse et président de la Fonda.
Mr Blanc interviendra lors de notre table ronde le 21 novembre. Nous sollicitons chers internautes vos réactions et questions qui seront transmises aux intervenants qui se feront un plaisir d’y répondre en personne lors de la Rencontre Nationale.

Bonjour Yannick Blanc

Bonjour

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Vous avez rappelé que j’étais préfet du département de Vaucluse, mais ici j’interviens à la Rencontre Nationale du Crédit Coopératif en tant que président de la Fonda. La Fonda est un laboratoire d’idée du monde associatif dont l’activité est essentiellement tourné vers le travail de la prospective.

Comme vous le savez le thème de la Rencontre Nationale est l’empathie pour agir. Donc selon vous en quoi l’empathie peut-elle être un moteur d’action et quelle est sa place dans l’Economie Sociale et Solidaire ?

L’empathie est un moteur d’action dans une société dans laquelle les individus sont d’une part de plus en plus mobiles, et d’autre part de moins en moins identifiés par leur appartenance à une communauté ou une institution. Dans la société d’avant, on va dire il y a un demi-siècle, un individu, il était identifié par son appartenance à une région, à une classe sociale, à une institution, à un parti politique, à une religion que sais-je, et les relations qui s’établissaient entre les individus passaient par la médiation de ces appartenances institutionnelles. Au cours des dernières décennies ces appartenances institutionnelles se sont petit à petit effritées, les individus sont de plus en plus difficiles à repérer par rapport à ce tissu institutionnel. Ils ont des parcours qui les rendent de plus en plus mobile et donc pour entrer en relation avec nos semblables pour agir, nous avons besoin d’être capable de nous mettre à leur place, c’est à dire de comprendre quel est le parcours qu’ils ont effectué, et qui est nécessairement différent du nôtre. Ça c’est la base de l’empathie et elle est nécessaire au développement de l’économie sociale et solidaire parce que l’ESS, c’est un monde d’action collective, de bien commun, de solidarité, et pour pouvoir établir ce type de liens, il faut que ce tissu de relations entre les individus puisse se construire.

Quelle est votre expérience de l’empathie, comment l’utilisez-vous au quotidien dans votre métier à la préfecture ou bien à la Fonda ?

Dans mon métier de préfet on est amené à rencontrer toutes sortes de gens, c’est même d’ailleurs un des intérêts majeurs de ce métier, c’est qu’il vous met en contact avec l’ensemble de la société : avec des chefs d’entreprises comme avec des exclus, avec des fonctionnaires comme avec des salariés du privé, avec des militants associatifs comme avec des policiers ou des gendarmes. A la Fonda, comme la Fonda est un laboratoire d’idées qui est au service de l’ensemble du monde associatif, nous sommes en contact avec des associations de toutes natures et de tous milieux, et donc cette diversité humaine, cette diversité des identités des gens qu’on rencontre, elle appelle profondément l’empathie, et du reste dans la qualité des relations qu’on établit avec les gens, ils ressentent la capacité à l’empathie. Notamment lorsqu’une personne, un individu est au contact avec une personne qui représente l’institution, le courant passe si celui qui représente l’institution n’est pas figé dans son discours institutionnel, mais si il est à l’écoute de celui qu’il rencontre. Ça c’est le mécanisme pratique de l’empathie, c’est d’être capable de faire passer son message, son discours, sa conviction, mais de ne le faire passer qu’après avoir compris qui on a en face de soi, à qui on parle, à quel besoin ou à quelle attente on répond.

Merci Yannick Blanc

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