Publié par L’équipe Fonda le 6 octobre 2008

Associations et syndicats

Séminaire de la Fonda du 15 mai 2006 in La Tribune fonda n° 179 - juin 2006

Les associations et les syndicats sont deux composantes essentielles de la société civile et contribuent, ce faisant, à son dynamisme. Alors qu’une tendance au repli des institutions et des organisations de tout genre caractérise la crise sociale que nous vivons, la question est de savoir si une partie de la réponse ne réside pas dans une meilleure coopération entre ces deux acteurs, permettant ainsi le renforcement indispensable de la société civile. Concomitamment, un examen attentif de ce que fait chacun démontre qu’il n’existe pas de frontières, mais qu’au contraire les zones de convergence et de recouvrement sont multiples. Les actions des associations et des syndicats sont, à l’évidence, complémentaires, que ce soit pour identifier de nouveaux besoins sociaux ou pour imaginer des réponses originales et adaptées. Sur la plupart des questions sociétales, il semble possible de partager les analyses et de collaborer pour construire des actions.

Ce constat a conduit la fonda, par le biais d’un de ses comités, à travailler en partenariat avec des syndicalistes pour identifier ce qui rapproche et divise ces deux types d’organisations, alors que tout exige aujourd’hui de dépasser les clivages hérités de l’histoire. La première difficulté de ce travail fut de définir un axe d’approche, d’autant plus que les sujets d’opposition sont nombreux. Il faut aussi rappeler que les rapports sociaux dans notre pays se sont structurés, établissant un jeu à trois entre pouvoirs publics, patronat et syndicats de salariés. Le mode de gouvernance de la protection sociale en est l’exemple le plus caractéristique. Pour leur part les associations se situent sur un autre champ. Elles se développent sur d’autres types de rapports sociaux. Quand elles s’intéressent au travail, c’est davantage pour s’occuper des personnes qui en sont exclues. Dès lors, il est naturel que certains, au sein de mouvement associatif, considèrent que les domaines sont distincts, tandis que certains partenaires sociaux dénient aux associations tout rôle pouvant interférer avec le leur.

Mais la crise sociale et sociétale que nous vivons fait bouger les lignes. De plus en plus fréquemment les syndicats débordent du champ traditionnel du dialogue social et de la négociation. Ils investissent et agissent directement dans les domaines du logement, de la santé, de la consommation ou du droit aux vacances… Or ce sont des « terrains associatifs » traditionnels. « Concurrence ou complémentarité », cet énoncé pourrait constituer l’enjeu du débat. En fait, la complexité des problèmes auxquels nous sommes confrontés, rend cette interrogation inutile. Nous avons intérêt à croiser nos regards, à partager les pratiques et les expériences pour répondre à l’urgence de la situation. Cela semble d’autant plus facile que, dans la plupart des cas, les deux types de structures ont des valeurs et des expériences en commun.

Les pouvoirs publics ont aussi compris l’intérêt d’associer tous les acteurs. Nombre de commissions administratives, de groupes de travail ou de consultations concernent conjointement syndicats et associations, voire d’autres acteurs encore. Agir efficacement, se faire entendre, comprendre, tous ces actes impliquent que nous travaillions sur ce qui nous rapproche et que nous puissions dépasser ce qui nous oppose. C’est le sens du travail de la fonda, dont le séminaire a constitué une première étape.

Pour avancer, le comité est parti d’exemples concrets dans trois domaines (droit au vacances, surendettement et place de la personne handicapée) et a étudié au travers son séminaire : comment la coopération a pu fonctionner ? Quelles ont été les difficultés rencontrées ? Quelles sont au contraire les avancées ? Ces coopérations ont montré qu’associations et syndicats sont des regroupements volontaires de citoyens qui partagent le même intérêt pour les questions sociales et économiques, mais rencontrent aussi des difficultés similaires : légitimité, représentativité, problème de recrutement de nouveaux militants, mode d’organisation… Ce sont ces éléments que le présent compte rendu essaye de relater.

Des éléments en partage, qui justifient des collaborations déjà anciennes

Les exemples de travail en commun sont variés et concernent de nombreux domaines, les témoignages des participants ont néanmoins révélé qu’ils sont souvent des évidences tant les éléments de partage entre les syndicats et associations sont nombreux et s’inscrivent dans l’histoire.

- Des histoires en partage
François Soulage a rappelé les nombreux liens qui ont existé, depuis un siècle, entre le syndicalisme et le secteur associatif au sein du tourisme social. Dans le secteur des loisirs, nous retrouvons les mêmes éléments d’une histoire commune. De nombreuses associations ont ainsi collaboré ou furent créées à l’initiative des syndicats pour permettre aux salariés d’accéder aux loisirs ou aux vacances. René Magny2 l’a rappelé aussi. Ainsi l’Ami (anciennement Union nationale des tuberculeux civils) fut créée en 1936 par le mouvement syndical pour défendre les malades. Arnaud de Broca3 confirme ceci en rappelant que la Fnath travaille depuis très longtemps avec les syndicats. Il ne faut pas néanmoins nier que cette histoire comprend aussi de nombreuses oppositions et clivages.

- Des valeurs humanistes communes
Tous les participants, dont Gérard Alezard, ont convenu que les rapprochements étaient d’autant plus faciles que les deux types d’acteurs partagent largement les mêmes valeurs humanistes qui placent l’homme au centre de toutes leurs réflexions. Au-delà, nous retrouvons le même souci pour participer à la construction de l’intérêt général, et sans doute le même type de contestation par les acteurs publics et politiques sur ce sujet.

- Des espaces institutionnels en partage
Depuis plus de soixante ans, les espaces institutionnels où associations et syndicats siègent ensemble se sont multipliés. Patrice Gauthier5 a ainsi rappelé que le mouvement familial participe, à côté des partenaires sociaux à la gestion des organismes de sécurité sociale. Bruno Coste6 mentionne la présence des deux partenaires, dans de nombreuses instances administratives sanitaires, sociales ou médico-sociales. Les représentants de différentes associations œuvrant dans le champ du handicap ont évoqué l’Agefiph comme un espace privilégié de travail en commun.
Enfin, Jacqueline Mengin7 a rappelé, à ce sujet, que les conseils économiques et sociaux sont des lieux où naturellement les collaborations se font, comme en a témoigné Pierrette Crosemarie.

Cette co-présence ne signifie pas pour autant « alignement des positions ». Au contraire, des oppositions apparaissent fréquemment, sans pour autant qu’elles traduisent des divergences en matière d’appréciation des situations. Ainsi, un travail préparatoire de très grande qualité peut être accompli et il sera susceptible de mettre en évidence de nombreuses convergences, sans pour autant que, lors des prises de positions politiques, l’accord se fasse. Par exemple, Louise Vicens témoigne de l’intérêt du travail avec la Cgt lors de la préparation de la conférence de la famille.

Les nouveaux enjeux de la coopération entre les associations et les syndicats

La réalisation même de ce séminaire montre l’ampleur du chemin parcouru, comme l’atteste Anne David , notamment sur la base des travaux accomplis. Les trois exemples, détaillés dans les textes joints, montrent déjà que les sujets sont nombreux. Ils ont permis la construction de partenariats excessivement riches. Mais les échanges du séminaire ont permis d’enrichir encore cette approche autour de trois axes :

- Une crise sociale qui érode les solidarités et développe les occasions de collaborer
Après quarante années de déséquilibres économiques et de montée en puissance des précarités, les modalités de construction des solidarités sont profondément remises en cause. Alors que l’ensemble de la protection sociale s’est construit autour du dialogue social, l’émergence de nouveaux risques sociaux pose la question de leur prise en charge par la société et, corrélativement, des lieux où cela s’élabore (entre dialogue social et dialogue civil). Dans le même temps, nous pouvons constater que l’état providence et un de ses piliers, constitué par notre système de protection sociale, peinent de plus en plus à prendre en compte certaines situations individuelles dégradées. C’est donc tout naturellement que les échanges ont mis en évidence différents champs, où la capacité des associations et des syndicats à formaliser les besoins sociaux et à proposer des réponses, doit se combiner.

La question de la prévention et de la prise en charge des personnes handicapées a été largement discutée, notamment à partir de l’intervention de François Glaziou . Si l’action et le mode de gouvernance de l’Agefiph constituent un sujet central, les participants ont témoigné de leur souhait que des actions se développent dans de nombreuses directions : pour favoriser l’accueil par les autres salariés de personnes en situation de handicap dans le milieu du travail ordinaire, pour sensibiliser et former les personnels de l’éducation nationale à la prévention, pour réfléchir sur le statut des personnes… Rémy Hugault12 a aussi posé la question de savoir comment travailler sur la transcription des directives européennes en matière de non-discrimination.

François Glaziou et Arnaud de Broca ont insisté sur l’intérêt à pouvoir travailler sur le thème de la santé et plus particulièrement de la santé au travail.
Tout naturellement, un autre sujet important fut la lutte contre les exclusions avec notamment le témoignage de Bruno Grouès qui a présenté l’accord signé par le collectif Alerte avec les partenaires sociaux, le 25 mai 2005, au Ces. Pour les associations, il s’agit, par ce biais, d’intervenir sur l’organisation socio-économique qui constitue l’essentiel de la matrice de la pauvreté et des exclusions. Sur un sujet connexe, les collaborations sont nombreuses sur le thème du surendettement comme l’ont illustré Patrice Gauthier, mais aussi certains participants syndicaux et associatifs travaillant à l’élaboration d’un rapport sur ce sujet. Il s’agit, dans tous ces cas, de faire émerger un nouveau regard sur les problèmes et imposer des logiques de prise en charge qui ne soient pas uniquement financières. Certains représentants associatifs se sont interrogés sur l’intérêt de former les représentants syndicaux et du personnel sur les questions de l’exclusion sociale afin de leur permettre de jouer un rôle actif en matière de prévention et de prise en compte des situations d’exclusion.

François Soulage a posé deux thèmes pour d’éventuelles collaborations : la démocratisation des vacances et plus largement des loisirs, et l’ensemble des dynamiques territoriales. Sur la question du développement local, Arnaud Faucon partage l’intérêt qu’il y a à développer cette réflexion en commun, en prenant pour exemple les choix d’investissement en matière d’aménagement du territoire et les services publics en milieu rural. Enfin, nous pouvons évoquer d’autres champs d’intervention thématique : la conciliation de la vie professionnelle et familiale, l’accès de tous à la connaissance…

Il est évident que les enjeux sociaux susceptibles de donner lieu à des collaborations solidaires sont infinis pour peu qu’associations et syndicats partagent une même analyse de la situation, quand bien même cela ne débouche pas obligatoirement sur des prises de positions politiques conjointes. Le défi est bien de savoir conjuguer le débat et la démarche convergente avec l’intervention sur son champ propre.

- Des terrains d’actions communs
Il s’est dégagé aussi des terrains d’actions communs. Les occasions ne sont pas alors déterminées par des sujets précis mais davantage par les espaces d’actions respectifs. Le premier et le plus concret concerne bien évidemment « l’entreprise ». Terrain traditionnel du dialogue social, elle constitue de manière de plus en plus systématique un espace d’intervention des associations, ce qui implique une clarification du rôle des uns et des autres. Parallèlement, les syndicats constatent que la situation des salariés est de plus en plus souvent déterminée par l’environnement des entreprises et la société en général. Ceci légitime donc, pour les syndicats, l’élargissement de leur action, comme l’a précisé Daniel Tournez.

Dans les propos respectifs de Bruno Grouès et de Gérard Alezard, s’est exprimée une volonté commune des associations et des syndicats d’intervenir pour transformer la société. Ceci fut néanmoins à l’origine de dénonciations réciproques et de controverses, aujourd’hui dépassées. Ainsi, les syndicats ont longtemps reproché aux associations, en matière de lutte contre les exclusions, de s’occuper, voire de « gérer » de la pauvreté alors qu’il fallait au contraire transformer les rapports sociaux pour y mettre fin. La signature de la déclaration avec Alerte en mai 2005, tout comme l’investissement des syndicats dans de nouveaux champs d’intervention montrent que les choses ont évolué et convergent. Sartre et Camus se seraient-ils réconciliés ?

Marie-Hélène Gillig a introduit la difficile question de la représentation des usagers, au travers de l’exemple de l’hôpital public. Pendant très longtemps, « l’usager » était au cœur de toutes les préoccupations sans qu’il soit représenté de manière directe. Par exemple dans le champ de la santé, nous avions un usager pluriel « défendu » par les médecins, l’administration ou encore les syndicats de salariés. Cette appropriation de la fonction de représentation a été longuement débattue et fut dénoncée par de nombreux collectifs et associations, tel que Aides, comme l’a rappelé Patrice Gauthier. Aujourd’hui, il est de plus en plus clair qu’il s’agit d’une fonction spécifique, ce qui implique de véritables clarifications. Or, si les choses sont claires avec la plupart des acteurs (médecins, administrations…), avec les syndicats, c’est plus compliqué. En effet, ils possèdent une véritable légitimité à représenter l’ensemble des salariés et leurs ayant droits et non pas uniquement les salariés de l’entreprise. D’un autre côté, l’intervention des associations d’usagers permet des clarifications mais pose aussi la question de la représentativité. Ce problème, qui concerne aussi les usagers des transports publics ou de l’administration, illustre l’intérêt de travailler ensemble pour trouver les bons équilibres.

Enfin, Rémy Hugault, relayé par d’autres participants, évoque l’intérêt, pour les associations et les syndicats, à travailler pour mieux faire reconnaître dans notre société l’engagement citoyen. Sont notamment ciblées la question du congé de représentation et la validation des acquis de l’expérience.

- Des difficultés communes
Enfin, les échanges ont permis de mettre en évidence que les associations et les syndicats étaient confrontés aux mêmes problèmes. Deux ont été plus particulièrement abordés : la militance et les difficultés liées à la réforme de la décentralisation.

Sur le premier point, Jean-Pierre Worms a fait part de sa conviction que de nombreux militants syndicaux étaient aussi des militants associatifs. Il serait sans doute important de pouvoir approfondir les enjeux et la richesse de ces multi-appartenances. Il est d’ailleurs évident que cela constitue un atout pour avancer. Par ailleurs, le témoignage de Patrice Gauthier a montré que confrontés à la même situation, les deux acteurs assistent à une certaine usure de leurs militants face aux difficultés ou à la sur-mobilisation au sein de commissions administratives. La question du vieillissement des cadres militants concerne aussi bien les syndicats que les associations. Il serait aussi intéressant de pointer la question du statut des permanents syndicaux et associatifs, ainsi que des droits du salarié, militant associatif. Enfin, un important travail pourrait être conduit sur la valorisation et la validation des acquis de l’expérience associative et/ou syndicale. Il n’est pas étonnant que les deux types d’acteurs soient confrontés aux mêmes problématiques dans la mesure où ce sont deux regroupements volontaires de citoyens, comme l’a rappelé Jacqueline Mengin.

Gérard Alezard et Daniel Tournez ont rappelé que associations et syndicats étaient confrontés à la même difficulté pour « joindre les deux bouts » et assurer le financement d’une fonction indispensable à la construction de l’intérêt général. Dans sa conclusion, Gérard Alezard a ainsi évoqué que les problèmes soulevés par les rapports de MM. Chertier et Haddas Lebel abordaient des questions qui ne concernaient pas uniquement le syndicalisme. Selon lui, au-delà du dialogue social, il s’agit de la question de la démocratie sociale, dans une période où les citoyens aspirent de plus en plus à être partie prenante des choix et des décisions : dès lors des questions ne peuvent être éludées, la place et le rôle des uns et des autres dans les débats et dans les instances où s’élaborent les choix de société, les conditions des rapports entre syndicats et associations, les critères de représentativité...

Enfin, de nombreux participants syndicaux ont pointé la difficulté majeure de leur organisation à s’adapter aux nouveaux schémas administratifs issus de l’étape II de la décentralisation. Ainsi, de nombreux sujets en matière d’emploi et de formation sont traités à l’échelon régional. Or, les syndicats sont encore mal structurés pour répondre à ces nouveaux enjeux. Les représentants associatifs présents ont témoigné d’une difficulté similaire.

Au travers de ces exemples pointe une évidence : deux formes d’organisation volontaire de la société civile sont confrontées aux mêmes problèmes et elles revêtent un intérêt commun : avancer ensemble sur ces sujets.

Des points de friction et les freins à l’approfondissement des coopérations

Nous avons précédemment vu que les opportunités pour les deux acteurs de travailler ensemble étaient nombreuses. Il serait donc logique de s’étonner que les collaborations ne soient pas plus fréquentes et plus aisées à mettre en place. Il existe donc des freins et des limites à ce sujet, qui sont apparus au cours des échanges.

Le frein le plus important, qui détermina de nombreuses oppositions, consista en une approche différente de la transformation sociale, comme nous l’avons déjà évoqué ci-dessus. Gérard Alezard l’a exprimé sur la question de la pauvreté comme le reproche fait aux associations de privilégier une approche pragmatique alors que les syndicats privilégiaient une approche plus globale, consistant à peser d’abord sur les rapports socio-économiques pour supprimer la pauvreté. Nous avons déjà vu que l’évolution des associations mais aussi celle des syndicats rendent progressivement caduque cette opposition. Même si des divergences persistent sur les positionnements politiques, les constats et les analyses sont de plus en plus souvent partagés : « les premières s’efforcent d’agir de plus en plus en amont, sur les causes et sur le long terme et pas seulement sur l’aval et le court terme, les seconds interviennent sur l’immédiat sans crainte de gérer la crise et sans tout renvoyer au politique ».

La deuxième limite importante a été ciblée par les acteurs des associations s’occupant de personnes en situation de handicap : l’éclatement du monde associatif et de ses représentations. François Glaziou s’est interrogé sur la possibilité de signer une déclaration commune dans ce secteur au même titre que celle d’Alerte ou de l’Unat. L’absence, sauf au sein de l’Uniopss, d’un lieu de coordination et de regroupement, constitue un véritable frein. Des représentants syndicaux confirment cette difficulté à travailler avec un monde associatif éclaté, où les problématiques sont fortement individualisées. Corrélativement, la question de la représentativité des associations et de leur regroupement peut être posée. C’est pourquoi Jean-Pierre Worms pointe le fait que l’intérêt des déclarations communes est de justement ne pas se situer dans un domaine normatif. Dans le cas contraire, le risque porte sur la qualité de la signature des partenaires et leur possibilité réelle d’imposer à leurs membres les engagements souscrits. La qualité des textes, l’efficacité des accords et la crédibilité des acteurs sont alors directement dépendantes de l’influence que ces derniers peuvent avoir.

La dernière limite fortement pointée dans les débats concerne les associations gestionnaires. Certains représentants associatifs s’interrogent pour savoir si ce ne sont pas les associations gestionnaires qui sont concernées et impliquées dans des collaborations avec les syndicats. En contrepoint, François Soulage énonce un autre aspect : les difficultés à pouvoir discuter d’un partenariat avec les syndicats sur un thème d’intérêt général tout en étant employeur et en se situant dans le champ du dialogue social traditionnel. C’était justement pour éviter ce souci et ce risque de confusion que l’Unat a engagé des discussions avec les confédérations syndicales et non avec les fédérations professionnelles. Il s’agit, à l’évidence, d’une difficulté importante, mais Rémy Hugault a invité les participants à la dépasser en prenant l’exemple de l’Apf qui tout à la fois est une association avec un projet politique fort et gère des établissements.

Des pistes pour avancer

Les trois expériences présentées, tout comme la qualité des échanges, sont encourageantes, montrent l’intérêt de chacun pour avancer et dévoilent l’extraordinaire potentiel que recouvrent ces collaborations pour construire des analyses et des réponses aux problèmes sociaux que nous rencontrons. Comme tous en sont convenus, le séminaire constitue une première étape qui doit permettre de continuer à avancer. Il a ainsi permis d’identifier quelques enjeux et actions possibles pour consolider l’existant.

Un consensus fort s’est exprimé sur la nécessité de mieux se connaître. Pour cela trois axes ont été successivement proposés : former les responsables syndicaux et associatifs sur la connaissance des autres organisations et envisager, le cas échéant, des formations communes sur des thèmes qui pourraient être : développer le principe de rencontres systématiques pour confonter les analyses, étudier la possibilité d’actions communes et enfin échanger régulièrement des informations sur ce que font les uns et les autres.

L’exemple des déclarations communes montre aussi qu’il est important de dépasser les conflits et les blocages institutionnels. Il faut sans doute rechercher les lieux et les thèmes, (voire les territoires) qui permettent d’avancer (emploi, exclusion, précarité, rapports travail-hors travail, santé...), dont certains ont été identifiés au cours du séminaire. La présence conjointe dans de multiples commissions administratives et dans les conseils économiques et sociaux doit servir de levier pour la construction d’une culture partagée du partenariat.

Il est néanmoins évident que, pour réussir, il faudra pouvoir identifier la place et le rôle de chacun. La confusion des genres ne ferait, au contraire, que limiter le champ des collaborations possibles. Nous pouvons aussi évoquer une proposition forte : travailler, au plan local, où les expériences sont nombreuses et riches. La conclusion finale est qu’il ne faut pas hésiter à expérimenter, et garder à l’esprit que si le résultat n’est pas à la hauteur des attentes, l’échec n’annule pas la valeur du chemin parcouru.

Documents joints à cet article
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